Aaaah, la photo animalière, quelle belle activité ! Photographier le blaireau n’est pas une mince affaire… Photographier le blaireau représente un véritable défi et il est primordial de l’appréhender avec le maximum de connaissances biologiques et techniques possibles.
Malheureusement je ne peux pas vous donner de réglage précis. Tout ce que je peux vous dire part du constat que vous me parlez de « soirée ». Ensuite, pensez à choisir une grande ouverture (petit chiffre), pour être sûr de capter un maximum de lumière. Mais attention : n’allez pas forcément dans les plus grandes ouvertures car la profondeur de champ sera très faible, surtout avec de telles focales.
Enfin, il ne restera plus qu’à choisir la vitesse d’obturation. Je choisis ce critère en dernier car c’est a priori le réglage sur lequel vous aurez le moins de compromis possible. Ce que je vous conseille : avant de sortir photographier les animaux, essayez votre appareil en soirée, dès que possible, dans votre jardin par exemple, juste pour bien « sentir » votre appareil et les bons réglages en fonction de la luminosité faiblissante.
Et n’oubliez pas de bouger ! Si vous avez lu les 13 conseils de mon guide, vous savez à quel point c’est un conseil qui me tient à cœur. Évidemment, dans le cas de la photo animalière, il n’est pas toujours simple de bouger sans effrayer la bête. Mais en anticipant bien (ce qui semble être votre cas quand vous précisez que vous connaissez bien le terrain), alors il est possible d’envisager au préalable différents point de vue d’où déclencher lorsque les animaux seront de sortie.
Pas facile d'observer les animaux sauvages n'est-ce pas ? Alors si vous avez l'impression que les animaux sont absents autour de chez vous, si vous n'avez aucune idée des observations toutes proches que vous pourriez réaliser, les pièges photographiques pourraient complètement changer votre regard sur votre environnement quotidien.
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Je me souviens, j'ai installé mon premier piège photo sans conviction. Quand j'ai posé mon piège photo dans le petit bois juste derrière, j'étais loin d'imaginer découvrir une telle diversité d'espèces !
En trois semaines ont défilé devant le piège renards, lièvres, chevreuils, blaireaux, sangliers, biches, fouines et tous les oiseaux du coin. J'étais fasciné.
Résultats : j'ai maintenant 4 pièges pour tout savoir des habitudes des hôtes de ce bois. Je sais précisément où se reproduisent renards et blaireaux. Je sais où se reposent les chevreuils, où le mâle vient marquer et vers quelle heure. Je connais l'itinéraire de la fouine de service, etc.
Pas besoin du dernier modèle haut de gamme pour avoir un piège photo qui va vous donner de bonnes images. Gardez à l'esprit qu'avec un piège vous cherchez à faire de l'observation, à repérer les animaux. Pas à faire des tirages pour décorer le salon.
Alors certes, on peut gagner le plus prestigieux concours animalier avec un piège photo : Zack Clothier vainqueur en 2021 du wildlife photographer of the year - catégorie "animaux dans leur environnement" Mais globalement ce n'est pas la qualité d'image du piège qui va être le premier critère. Et de toute façon la majorité des modèles actuels possèdent des capteurs et des définitions largement suffisantes pour l'usage auquel on les destine.
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C'est le délai entre la détection d'un animal par le piège photo et le moment de la prise de vue. Ce délai doit être le plus court possible.
J'ai deux modèles de pièges. L'un annonce un déclenchement de la photo/vidéo en moins de 0,1 seconde. Pour l'autre c'est 0,2-0,6 seconde. Et je constate des différences. Donc je dirais que 0,2 seconde est un bon temps de réaction "constructeur".
Au-delà vous risquez d'avoir un nombre important de clichés vides, ou avec les seules fesses de l'animal : le piège aura détecté la présence, mais le temps que le déclenchement se fasse le sujet sera déjà parti !
Cela ne concerne que les observations de nuit, mais c'est un point fondamental. Lorsque la lumière manque, le piège va éclairer la scène à enregistrer avec des LED infrarouges. Il existe deux types de Led infrarouges :
On parle ici de longueur d'onde de la lumière émise, en nanomètres (nm). Mais ce n'est pas ça qui est important. Ce qui nous intéresse, c'est que les modèles à 860 nm se voient la nuit : la surface des diodes brille en rouge. C'est léger évidemment, mais quand même assez marqué pour perturber certaines espèces.
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J'en ai fait l'expérience avec le renard, qui détecte parfaitement les pièges à 860 nm !
Les LED à 940 nm sont complètement invisibles. Les capteurs des pièges sont moins sensibles à cette longueur d'onde, on a donc une perte de "puissance utile". Mais en contrepartie, aucune perturbation pour les animaux. Ces LED à 940 nm sont vendues sous l'appellation "LED noires" ou "LED invisibles".
Regardez la réaction des renards éclairés par ces deux types de LED, ya pas photo :
En plus de ces deux premiers critères, il y a d'autres caractéristiques qui peuvent faire la différence, mais qui sont parfois difficiles à évaluer faute d'informations précises de la part des marques :
Concrètement, j'ai personnellement choisi un piège Coolife. Leur modèle LED noires coche toutes les cases et rentre dans mon budget (79 €, carte SD fournie). Pour le prix c'est parfait (les vidéos de renards qui illustrent cet article ont été faites avec ce modèle). J'ai pu en acheter quatre.
J'ai ajouté quatre cartes SD supplémentaires pour avoir deux cartes par piège (et ainsi en laisser une en permanence dans chaque appareil).
Oui, c'est un point à garder dans un coin de la tête : un seul piège photo ne suffit généralement pas pour faire du repérage sur toute une zone. Pour surveiller un petit bois de 3 hectares et ses abords, mes quatre pièges ne sont pas de trop.
L'appareil pour bien commencer sans se ruiner :
Si vous préférez des fabricants plus connus (mais plus chers...), vous pouvez choisir des marques comme Bushnell, Reconyx ou Browning. J'ai eu l'occasion de tester Reconyx et Bushnell. J'ai été impressionné par la qualité de fabrication chez Reconyx.
Personnellement j'ai choisi un modèle à petit prix pour avoir quatre pièges Coolife pour le prix d'un seul chez les trois autres marques et donc pouvoir quadriller bien plus finement la zone qui m'intéresse.
Voici mes 9 conseils pour bien poser votre piège photographique :
Franchement là encore tout dépend de ce que vous voulez découvrir pour vous-même à la lecture de votre carte SD, puis éventuellement partager.
Mais on s'émerveille bien plus facilement d'une scène de vie ordinaire en vidéo qu'en photo. On est d'accord ? Et sur le plan naturaliste et repérage en vue d'un affût photo idem : avec les vidéos vous saurez précisément d'où vient l'animal et vers où il repart, et vous allez pouvoir observer son comportement.
Donc j'aurais tendance à vous conseiller de choisir le mode vidéo seul (en 1080p). Et de régler la durée des vidéos sur 15 à 30 s. Personnellement j'ai mis 30 secondes. C'est souvent trop long (les 20 dernières secondes sont "vides") mais quand un animal reste, je suis bien content de capter ses comportements pendant tout ce temps 🙂
Activez l'enregistrement sonore. Les chants d'oiseaux sur les images c'est bucolique.
La sensibilité de la détection par défaut marche très bien chez moi sur "moyenne". Je n'ai jamais eu à y toucher. Mais si vous avez trop de vidéos vides, des déclenchement intempestifs, vous pouvez essayer de baisser cette sensibilité.
Ouf, on y est, votre piège est en place et ça tourne ! Une première nuit passe, et au matin votre curiosité est à son maximum. Est-ce qu'il faut vous précipiter pour récupérer vos premières images ? Non certainement pas !
D'abord, on est le matin, une période pendant laquelle les animaux sont possiblement actifs. Donc attendez les heures creuses de l'après-midi. D'ailleurs c'est un conseil qui vaut aussi pour la pause initiale du piège photo et toutes les fois où vous allez y accéder : allez-y pendant les périodes de moindre activité des animaux.
Ensuite, moins souvent vous relèverez vos pièges plus vous préservez la tranquillité autour du piège, ce qui est essentiel pour préserver les habitants de la zone et capturer vraiment les passages et les comportements.
Aller changer la carte SD toutes les semaines est largement suffisant. J'y vais tous les 10-12 jours environ. Vous pouvez même oublier un piège plusieurs semaines, ça ne lui posera aucun souci.
À chaque fois que vous allez vérifier votre piège, retenez que vous avez TROIS choses à faire :
Oui c'est bébête comme rappels, mais un oubli est si vite arrivé 😉
Le blaireau est une espèce aux mœurs nocturnes que nous retrouvons principalement en milieu forestier. Il s’abrite sous terre dans des terriers, parfois vieux de plus d’un siècle et agrandis au fil des générations.
Comme la majorité des espèces animales, l’activité du blaireau est rythmée par les naissances et l’élevage des jeunes. La naissance des blaireautins a lieu entre janvier et février, avec un à cinq petits par portée. Leur sevrage a lieu au bout de trois mois. Vers le mois de mai l’activité du blaireau s’intensifie lors du nourrissage des jeunes et de leurs premières sorties.
Les blaireaux sont très sociables et vivent en « clan » dont le nombre de blaireaux varie de cinq à huit individus, sans compter les petits de l’année. Les blaireaux sont très routiniers ! Ils sortent quasiment toujours à la même heure, suivent toujours le même itinéraire, font leurs besoins au même endroit, etc.
La première grande étape pour photographier le blaireau est de trouver une blaireautière. Le blaireau est une espèce quasi exclusivement forestière, il est possible de trouver des blaireautières en prairie (notamment en estive) mais les cas sont assez rares. Il est donc préférable de prospecter en forêt. Pour faciliter la construction et l’entretien des galeries, le blaireau privilégiera les zones pentues ou les talus.
Les indices de présence sont vraiment l’élément clé qui vous mènera sur les pistes de la blaireautière ! Les poils, que nous trouvons généralement sur les barbelés de clôture. Les excréments, le blaireau a pour habitude de déféquer dans un petit trou qu’il aura creuser au préalable, appelés communément des « pots à crotte ». Ces latrines peuvent être très proches du terrier ou plus éloignées permettant de marquer les limites de leur territoire. La combinaison de ces indices vous permettra assez facilement de trouver la blaireautière.
Une fois que vous avez trouvé une blaireautière il ne vous reste plus qu’à attester son occupation par une famille de blaireaux et connaître leurs habitudes. Je procède à cette étape courant mars, voire avril, afin de vérifier la présence de plusieurs adultes (et donc d’un couple) et ainsi espérer voir des blaireautins dès le mois de mai.
Placez le piège photo en journée et évitez de rester trop longtemps à proximité de la blaireautière afin de limiter le dérangement. Préparez l’installation au-préalable, pour qu’une fois arrivé à la blaireautière, vous n’ayez qu’à fixer le piège photo. Laissez le piège photo plusieurs jours (trois à sept jours pour ma part), vous pourrez ainsi avoir des données assez fidèles sur les habitudes des blaireaux. L’autre avantage du piège photo c’est qu’il vous permettra de définir l’heure de sortie des blaireaux et ainsi vous préparez le jour de l’affût de la meilleure des manières.
Une fois que vous connaissez les habitudes des blaireaux (identification de la gueule principale et de l’heure de sortie du terrier), vous avez les éléments pour réussir vos sessions d’affût ! Avant de débuter les affûts je me prévois toujours une demi-journée de préparation de la zone où je compte affuter. Ainsi je prépare le terrain en retirant les branches ou les quelques ronces qui pourraient gêner ou rendre bruyant mon arrivée et mon installation. Il est important de ne pas placer votre affût sur une coulée ! Cela vous évitera un face à face et un dérangement à coup sûr !
Une fois que votre zone d’affût est prête, vous pourrez commencer les sessions ! Généralement, je débute la saison d’affût aux blaireaux vers la fin du mois d’avril. Si les températures le permettent je réalise encore quelques sessions jusqu’à la fin du mois d’août.
Voici quelques conseils supplémentaires pour réussir votre affût :
Côté réglages : privilégiez le mode priorité à l’ouverture. Ainsi vous pourrez régler :
Attention, même si le blaireau dispose d’une très mauvaise vue, il saura déployer ses autres sens, en particulier aux abords de leur maison ! Pour que votre affût réussisse il est important de minimiser au maximum les bruits lors de la sortie des blaireaux hors du terrier. Lors des premières minutes, ils seront particulièrement vigilants et ne manqueront pas de s’abriter s’ils soupçonnent votre présence. Veillez aussi à ne pas vous faire éventer, placez-vous à bon vent ou réalisez vos affûts en considérant au préalable le sens et la force du vent.
Le piège photo est un outil précieux pour tout chasseur souhaitant surveiller un territoire de chasse à distance. Cependant, son efficacité dépend en grande partie de son placement.
Le choix de l'emplacement est essentiel pour obtenir de bons résultats avec votre piège photo. Il est recommandé de le placer près des points d'eau, des zones de nourrissage, des sentiers fréquentés par le gibier ou des zones de repos.
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