Le fusil Darne est un grand classique de l'armurerie française, produit de la fin du XIXe siècle à 1979. C'est le typique fusil "de grand-père" qu'on trouvait sur les armoires.
Rien de plus simple pour enlever le faisceau des canons :
Pour désembrocher le bloc culasse de son axe :
Pour le remontage :
NB : Il existe des variantes concernant le débrochage de la culasse (petit bouton sur le côté de la clé ou encore clé à volet). Ce tutoriel décrit le modus operandi pour les modèles V "récents" et les plus répandus.
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Culasse ouverte en arrière :
Là, vous avez accès à la table qui soutient la culasse et surtout aux canons dont l'envers va vous donner de précieuses indications :
Comment savoir si votre Darne n'a pas trop été bidouillé ?
Pour enlever la culasse il y a une combine, il faut toujours y aller en douceur, précautionneusement :
Nettoyez bien, huilez, mais ne touchez plus à rien d'autre après ou confiez à un armurier.
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D'abord l'état des bois. Le point faible c'est au dessus du pontet, des détentes, car la table métallique tient par des grosses vis traversantes qui peuvent prendre du jeu, font des fissures à force de manier et de tirer. Refaire une crosse de Darne (et encore faut trouver l'armurier qui va s'y coller !) coûte 400 euros.
Après, faut que l'ajustage et le fonctionnement soient parfaits. Pas de points durs, faut que ça coulisse.
Le Darne est un beau fusil, un chef d'oeuvre de la tradition armurière française que tout bon chasseur aura croisé au moins une fois dans sa vie. Assez léger, il "tape" assez, et son canon gauche "pique" dur et permet des coups de longueur étonnants. C'est le fusil des "papys" qui n'ont plus trop les jambes pour cavaler derrière les chiens, mais qui connaissent les bons coins à pigeons.
Côté sécurité, c'est un fusil qu'on ne peut pas "casser", mais sa clef est facile à lever et les habitués chassent même avec celle ci demi engagée. Voir photos ci-dessous. Il suffit d'appuyer avec le pouce pour que le fusil soit armé.
Les séries R sont les plus courantes, les hauts de gamme (série V, P, C) sont beaucoup plus rares, on les repère à la richesse des gravures, mais surtout aux plaques de crosse et devant de la longuesse qui sont en corne. En super état (regardez sur le net) on peut atteindre 3-4000 euros. Alors si vous en voyez un à 3-400 euros, le laissez pas partir !
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Le transport et le stockage des armes et des cartouches de chasse sont encadrés par des textes législatifs.
Votre arme doit être inutilisable pendant le transport. Toute arme de chasse, pour être transportée dans un véhicule doit être déchargée, et placée dans un étui ou fourreau, ou démontée. La nouvelle règlementation sur les armes prévoit que celles-ci doivent être « transportées de manière à ne pas être immédiatement utilisables, soit en recourant à un dispositif technique répondant à cet objectif, soit par démontage d'une de leurs pièces de sécurité. » Il convient donc de placer l'arme sous étui.
Pour transporter des armes, il est nécessaire de détenir sur soi le permis de chasser ainsi qu’un titre de validation de l’année en cours ou une licence de tir en cours de validité avec cachet du médecin.
A votre domicile, tout comme durant leur transport, armes et munitions doivent être stockées afin d’éviter leur usage par des tiers.
Mais comment reconnaître un authentique fusil Darne parmi les nombreuses copies qui circulent ? En tant qu’armurier passionné, j’ai eu l’occasion de manipuler de nombreux fusils Darne au fil des années. Après des années passées à examiner ces merveilles mécaniques, j’ai développé quelques techniques pour déjouer les pièges des contrefaçons.
L’identification d’un fusil Darne est un art qui demande patience, connaissance et attention aux détails. Que vous soyez collectionneur ou simplement amateur d’armes de qualité, ces astuces vous aideront à reconnaître ces bijoux de l’armurerie française.
La première chose que je vérifie toujours, c’est la frette des canons. C’est là que se cache le poinçon « Darne » dans un rond, véritable signature de la marque. Mais attention, le nombre de poinçons ronds est tout aussi significatif ! Un autre élément crucial est le numéro de série. Je me souviens d’un client qui m’avait apporté un supposé Darne avec des numéros différents.
Sur les canons, vous trouverez des indications précieuses sur le chambrage (65 ou 70 mm). Quant au diamètre d’âme, il est généralement de 18,2 mm pour le calibre 12.
Au-delà des marquages, d’autres éléments permettent d’affiner l’identification d’un fusil Darne. En tant qu’armurier, j’ai appris à être attentif aux moindres détails. L’état des bois est un indicateur précieux. Je porte une attention particulière au niveau du pontet, qui est souvent un point faible. Un vrai Darne a ses secrets. Par exemple, il ne doit pas s’ouvrir quand on le soulève par les « oreilles ». C’est une astuce que j’utilise souvent pour démasquer les copies.
Le choke standard d’un Darne est plein à gauche et demi à droite. N’hésitez pas à démonter l’arme. C’est souvent lors de cette opération que l’on accède aux marquages cachés qui confirment l’authenticité. Comme je l’ai mentionné plus tôt, un vrai Darne ne s’ouvre pas quand on le soulève par les « oreilles ». C’est un test simple mais efficace que j’utilise systématiquement.
La clé du fusil est un élément distinctif des différentes séries Darne. Les séries R se distinguent par une « petite clé », tandis que les séries P et V arborent une « grande clé ». Chaque série Darne a ses spécificités.
| Série | Type de Clé | Caractéristiques |
|---|---|---|
| R | Petite Clé | Modèles d'entrée de gamme, robustes |
| P | Grande Clé | Finitions plus soignées, gravures possibles |
| V | Grande Clé | Hauts de gamme, gravures élaborées, finitions luxueuses |
La valeur d’un Darne varie considérablement selon le modèle et l’état. Elle peut osciller entre 300 et 4000€.
Le Darne, on tombe un peu dedans très vite…ou pas du tout, un peu comme le Bretton car il diffère en tout de ce qui est connu, surtout de nos jours. Son poids est toujours léger c’est donc une merveille à porter à la billebaude, mais son équilibre est particulier.
Tout est concentré sur le « centre » puisqu’on n’ose pas dire « bascule », l’arme ne s’ouvrant pas comme la totalité des congénéres de son époque, la concentration des masses étant même derrière les détentes car tout le « lourd » est dans l’action coulissante.
La crosse est également souvent plus courte que de nos jours, et droite ou très peu pentée du fait de la conception de ses bois et du « tendon d’Achille » de la jonction poignée-pontet à surveiller à la moindre fissure. C’est pour cette raison qu’il est aussi quasiment impossible de jouer sur les bois (huile chaude, etc.) pour modifier la crosse.
Le recul, logiquement avec l’alésage initial très serré de 18.2, surtout en 12, est un autre paramètre souvent évoqué car se conjuguant avec toutes ces caractéristiques de concept particulières qu’il faut entériner. Et tout le monde ne s’y fait pas forcément.
Les détentes sont, en plus, souvent plus dures, et il est difficile de « bricoler » une mécanique où (particulièrement sur les séries hautes P et V) les tolérances et liaisons sont étroites, armement et culasse qui se déplacent de concert et fort effet de levier pour bloquer la face de culasse contre un bourrelet de cartouche...
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