Le sabre baïonnette modèle 1866 Chassepot équipait les fusils Chassepot dans l’infanterie. Cependant, la défaite de 1870 arrête sa fabrication.
La lame est à double courbure, dite yatagan. Le dos est plat et les côtés sont évidés de longs pans creux qui se terminent « au carré » du côté de la croisière et en ovale vers la pointe. Ils sont de section carrée. La pointe est affûtée des deux côtés.
Plusieurs éléments composent cette baïonnette :
Cette baïonnette fait partie des tous premiers modèles et a été fabriquée par la « Manufacture Impériale de Saint Étienne en août 1869 ». Elle a la particularité d’être chromée sur la lame, la croisière et le fourreau. Il faudra attendre la fin du second Empire (novembre 1870) et le début de la troisième république pour que le marquage devienne « Manufacture Nationale de Saint Étienne ».
Une autre baïonnette a été fabriquée à Tulle en mai 1871, avec son étui d’origine en excellent état.
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On trouve également des baïonnettes fabriquées en Allemagne par Y.Funcke & Cie Herdecke, située dans la région de Solingen.
Les dimensions typiques d'une baïonnette Chassepot sont :
La lame est fixée avec le rivet sur le troisième cordon. Sur les fabrications de septembre 1866 le rivet se trouve sur le deuxième cordon.
Utilisé pour le fusil Chassepot et en 1914 pour le Mousqueton Gras, la carabine Gras de Gendarme à pied. Celles de la série Z sont destinées aux hommes non armés du fusil, musiciens, infirmiers, ordonnances..., puis vers 1900 aux gardiens de la paix.
Il arrive de rencontrer des baïonnettes modèle 1866, 1886-15 dont la lame a été raccourcie aux alentours de 35 cm. Dans la majorité des cas, ces armes raccourcies sont des armes qui ont été appointées, fournissant ainsi un poignard de tranchée fort convenable.
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Cette baïonnette « dite ergonomique », avec son système de fixation innovant, permet au militaire d’utiliser qu’une seule main, lors de la mise en place sur l’arme. La lame au départ de section ronde était rendue cruciforme par forgeage à chaud, c’était pour l’époque une innovation. Sa conception est le résultat d’études réalisées au cours de la guerre civile américaine et la guerre franco-prussienne qui a démontré que les sabres-baionnettes de type Chassepot modèle 1866, sauf dans des mains d’experts, étaient rarement efficaces en cas de combat rapproché.
Le crochet destiné en théorie à briser la baïonnette de l’ennemi est aussi utilisé pour former les faisceaux à trois fusils baïonnette fixée au canon.
Les lames étaient marquées en théorie d’un petit poinçon de contrôle qualité et de la marque d’acceptation militaire appelée Contrôleur Poinçons (tampons des contrôleurs). Il y avait trois types différents de marques d’acceptation utilisées : Directeur de Manufacture, Contrôleur Généraux Principaux et Contrôleur de 1ère, 2ème et 3ème Classe.
Le fourreau utilisé avec les premières baïonnettes à soie courte est en tôle d’acier reliée par brasure, ce mode de fabrication a été utilisé jusqu’en 1893.
Le fourreau utilisé avec la baïonnette à soie longue, peut être en tôle d’acier brasée ou à partir de 1893 fabriqué par emboutissage ceci afin d’améliorer la solidité du corps. En 1903, est publiée au BMO une circulaire relative à l’utilisation de rivets de fourreaux de trois tailles différentes afin de compenser l’ovalisation des trous lors de la remise en état (jeu) du ressort.
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En fonte grise d’acier, utilisée à partir du 20 juillet 1917, mais très rarement rencontrée. Le fourreau utilisé avec la baïonnette 1886-15, peut être en tôle d’acier brasée ou à partir de 1893 fabriqué par emboutissage ceci afin d’améliorer la solidité du corps.
Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté, l’armée française a commandé des centaines de milliers de baïonnettes, de ce fait les usines d’armement Nationales ont dû prendre des mesures pour maintenir le rythme. Au cours de la grande Guerre, les trois manufactures d’armes Nationales ont du faire appel à l’industrie privée pour la fourniture de certaines pièces (lames, pommeaux, croisières).
Des lames ont également été rencontrées avec les codes suivants: (P, SG, SC, C&P, CF, GR, MP, etc ….) et des poignées ont également été rencontrées avec un B et M. entrelacés.
Les manufactures utilisent une série de lettres qui leur est affectée ; en mettant d'abord une seule lettre. Quand la série est épuisée ils doublent la lettre, en mettant en préfixe leur "première lettre" ; quand la série est à nouveau épuisée, ils mettent en préfixe leur "seconde lettre".
Le numéro de l'arme n'indique que la date de fabrication du canon pas celle de l'arme entière. Pour la baïonnette la date de fabrication de la lame est généralement gravée sur le dos mais elle aussi est numérotée au canon du fusil, elle peut être une baïonnette de remplacement plus tardive, voire elle peut provenir lame ou arme entière d'une autre manufacture et parfois la lame a été montée tardivement après sa fabrication.
Pour les séries Z (baïonnette seule car pas de fusil en série Z) et X le numéro n'est pas toujours représentatif de la date d'autant qu'un fusil en série X ne peut être qu'à partir de 1873, date d'adoption de cette série alors qu'il était de fabrication antérieure.
Lorsqu'il y a changement de canon normalement toutes les pièces de l'armes sont renumérotées au nouveau numéro.
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