Depuis quelques années, le Canada fait face à une évolution inquiétante de la violence. Les armes à feu venues des États-Unis circulent davantage et plus massivement sur le territoire. La loi et les interdictions ne suffisent plus.
Bien que le Canada soit souvent perçu comme un pays sûr, la question de la violence armée y est une réalité préoccupante. Au Canada, selon Statistique Canada, 7 700 Canadiens ont été victimes d’un crime violent en 2017 impliquant une arme à feu, poursuivant la tendance à la hausse amorcée en 2013. En 2020, une tuerie en Nouvelle-Écosse a fait 23 morts, la pire de l’histoire du pays. En dix ans, les décès liés aux armes ont bondi de 89 % au Canada.
Alors que la possession d’armes à feu est strictement encadrée au Canada, les violences armées progressent depuis plusieurs années. Les autorités font face à une arrivée massive et illégale d’armes en provenance des États-Unis, aujourd’hui largement utilisées dans les crimes et les fusillades. Au Canada, le recours aux armes à feu n’a jamais été aussi banal.
En dix ans, les décès liés aux armes ont bondi de 89 %, tandis que les homicides ont augmenté de 33 %, selon les chiffres officiels. Une spirale de violence qui s’est installée malgré un cadre légal parmi les plus stricts d’Amérique du Nord. En effet, au Canada, la possession d’une arme à feu est sévèrement encadrée. Seuls les détenteurs d’un permis de chasse ou de tir sportif peuvent y accéder légalement.
En 2020, Ottawa a même franchi un cap en interdisant plus de 2.500 modèles de pistolets, de fusils et d’armes automatiques, dans l’espoir d’endiguer la violence armée. En vain. Selon une enquête du New York Times, la flambée des fusillades s’explique en grande partie par un afflux massif et illégal d’armes venues des États-Unis. Depuis plusieurs années, ces armes traversent la frontière par tous les moyens possibles.
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Les policiers en ont retrouvé sur des scènes de crime, mais aussi dans des cachettes parfois improbables : coffres de voiture, drones, embarcations fluviales... Sur le marché noir canadien, ces armes se revendent à prix d’or. Un pistolet acheté 500 dollars en Floride peut atteindre 4.300 dollars au Canada, soit près de huit fois son prix d’origine. Malgré leur illégalité et ces tarifs exorbitants, la demande n’a pas faibli.
La tendance s’est révélée particulièrement marquée en Ontario, la province la plus peuplée du pays. En 2024, 91 % des pistolets utilisés dans des crimes y provenaient illégalement des États-Unis. À Toronto, la plus grande ville du Canada, 88 % des armes à feu saisies l’an dernier étaient américaines, contre 51 % dix ans plus tôt.
Une évolution spectaculaire, que les forces de l’ordre ont expliqué par l’explosion du nombre d’armes en circulation. Les règlements de compte et les fusillades entre gangs se sont ainsi banalisés. L’an dernier, les équipes de Lee Fulford ont saisi 274 pistolets et armes automatiques en provenance des États-Unis. Seize passeurs ont été interpellés.
Bien que la France fasse partie des pays les plus violents d'Europe, selon les données d'Eurostat, les violences par armes à feu y sont moins fréquentes qu'on ne le pense. En effet, une étude de l'Institut flamand pour la Paix révèle que le taux d'homicides par arme à feu a diminué en France entre 2000 et 2014, passant de 0,6 à près de 0,2 pour 100 000 habitants.
En comparaison, les États-Unis détiennent le record du taux de mortalité par armes à feu dans les zones hors conflits.
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Il est bon de rappeler certaines statistiques : les Etats-Unis détiennent le record du taux de mortalité par armes à feu dans les zones hors conflits. En ce qui concerne uniquement les homicides par armes à feu, les chiffres y sont les plus élevés parmi les pays industrialisés.
Toutefois, ces chiffres restent disproportionnés en comparaison des chiffres européens : en 2002, les USA ont connu 10.801 homicides pour 275 millions d’habitants tandis que l’UE a compté 1.260 homicides pour 376 millions d’habitants. Pour la France, il n'existe pas de données disponibles détaillées postérieures à 1999 (voir base de données du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès - INSERM). Le nombre total de décès par arme à feu cette année-là était de 2607, soit 4,4 pour 100.000 habitants. En France, comme dans de nombreux autres pays européens, ce sont les taux de suicide par arme à feu qui sont préoccupants.
En 2011, dans un sondage de l'institut Gallup, 47% des Américains déclaraient avoir au moins une arme à feu à leur domicile. Aux Etats-Unis, on compte plus d'un meurtre par arme à feu toutes les heures, soit presque 28 homicides par jour ou encore 10 129 meurtres en 2018 (compteur). Selon une autre enquête de 2004, il y avait 283 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis. Les USA ont le plus haut taux de possession d'armes à feu du monde : 88 personnes sur 100 auraient une arme.
Mais les Etats-Unis n'ont pas le record pour le nombre de meurtres par armes à feu : ce record appartient au Honduras, suivie par le Salvador et la Jamaïque.
Il est important de noter que les statistiques sur la violence armée peuvent varier considérablement en fonction des sources et des méthodes de collecte de données.
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Face à la recrudescence de la violence armée, le gouvernement canadien a pris plusieurs mesures pour tenter de contrôler la situation. En mai 2022, le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé un projet de « gel national de la possession d’armes de poing », interdisant l’achat, la vente, l’importation et le transfert d’armes de poing sur le territoire canadien.
D'autres mesures comprennent :
Les mesures prises par le gouvernement canadien pour lutter contre la violence armée ont suscité des débats et des controverses. Certains estiment que ces mesures sont trop restrictives et qu'elles pénalisent les propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi.
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