Le nombre exact d'armes à feu en circulation en France reste un sujet complexe et difficile à cerner. En effet, toutes les armes ne sont pas référencées par le ministère de l'Intérieur.
Le ministère de l'Intérieur rapporte que 5,4 millions d'armes soumises à autorisation ou déclaration sont recensées par la base Agrippa pour environ 5 millions de détenteurs légaux. Dans le détail, il s'agit de près de 2 000 armes de catégorie A, environ 1,4 million d'armes de catégorie B et 4 millions de catégorie C.
Néanmoins, la base Agrippa est "un système ancien, approximatif et qui comporte des erreurs". De son côté, des chercheurs dépendant de l'Institut de hautes études internationales et du développement, basé à Genève (Suisse), estiment qu'il y avait 12,7 millions d'armes à feu possédées légalement et illégalement en France en 2017.
Il y a en revanche un écart important en comparaison des données du fichier Agrippa, dont l'obsolescence a poussé l'Etat à réagir. Les chiffres cités par les journalistes de la presse écrite et télévisuelle proviennent de sources parfaitement identifiées.
Il s’agit d’abord des chiffres du ministère de l’Intérieur qui s’adossent sur les relevés d’Agrippa, revus à la baisse depuis l’accès des particuliers au SIA. Ces chiffres comptabilisent les armes des chasseurs et des tireurs et ne prennent pas en compte les armes de chasse à un coup par canon, acquises avant 2011, ni les armes de collection.
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L’autre source souvent citée par la presse est Small Arms Survey, une organisation basée en Suisse associée à l’Institut supérieur d’études internationales et de développement (IHEID). Concernant la France, Small Arms Survey estime que le pays compte 12 700 000 armes à feu portatives. Soit 4 501235 armes déclarées et 8 230 765 armes non déclarées. Des chiffres non argumentés et sans doute un peu fantaisistes.
Plusieurs facteurs compliquent l'estimation précise du nombre d'armes en circulation :
Les chiffres les plus récents connus du ministère de l’intérieur donnent environ 4 000 000 d’armes déclarées au SIA lorsqu’il sera complètement déployé, auxquelles il faut ajouter environ 1 500 000 de fusils de chasse acquis avant 2011 et qu’il n’est pas nécessaire de déclarer.
L’UFA estime que ces chiffres sont sous-estimés. Le chiffre initial de 10 millions d’armes de guerre doit clairement être relativisé : une grande partie a probablement été enfouie sur les champs de bataille ou détruite au fil du temps.
Quant aux armes de chasse là encore les armes de grenier sont bien plus nombreuses que les évaluations données par le ministère. Il suffit de s’appuyer sur le chiffre de 3 375 000 fusils de chasse présents en France en 1940-45 pour se rendre compte que de 1945 à 2011(armes non déclarées) le chiffre n’a pu qu’exploser puisqu’il a fallu armer plus de 2 générations de chasseurs supplémentaires.
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Notre estimation avoisine donc les 10 000 000 d’armes. Reste enfin les armes importées illégalement pour alimenter la délinquance armée. Le ministère de l’Intérieur estime qu’il s’agit de quelques dizaines de milliers d’armes et c’est sans doute proche de la réalité.
L’État s’inquiète bien sûr de toutes les armes non déclarées qui échappent à son contrôle. Mais en restant factuel et sans esprit de polémique il faut bien reconnaître que la méthode choisie n’est pas la bonne. La première consisterait à lancer des campagnes d’information incitant les détenteurs à se tourner vers les armuriers.
Cette approche simple permettrait de réintégrer les armes dans un circuit légal et contrôlé, tout en offrant aux propriétaires un éventuel gain financier. Une autre solution envisagée serait d’élargir la carte de collectionneur aux armes des catégories A et B, comme cela se pratique déjà dans de nombreux pays européens.
Il y aurait en France 15 millions d'armes, soit 1 arme pour 4 français, même si beaucoup dans le lot sont très vieilles armes. Les armes sont classées en 4 catégories selon leur dangerosité : A, B, C et D et il faut une déclaration ou une autorisation pour détenir une arme à feu.
Une kalachnikovs sur commandeL'histoire notamment de ce trentenaire de Marseille qui dans son arrière-boutique vend à qui en veut des armes de guerre. "On ne travaille qu'à la commande, sans stock. Les clients versent un acompte, on leur dit quand on a reçu la marchandise", raconte-t-il.
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Son contact c'est un ancien légionnaire d'origine serbe qu'il a connu à l'entrainement dans un club de boxe. Il achète les armes en ex-Yougoslavie. Facile à trouver car là-bas chaque maison en possède au moins une. Alors comment font-elles pour passer la frontière ? Et bien le plus simplement du monde, à pieds expliquent les deux journalistes.
En 2005, 2 105 personnes sont mortes par armes à feu, 2 607 en 1999 et 2713 en 1979. Si l'on regarde de plus près ces données, on s'aperçoit que la principale cause des décès liés aux armes à feu reste la même : le suicide.
La France se hisse au rang de deuxième plus grand exportateur d’armes sur la période 2020-2024, captant 9,6 % des transferts mondiaux (en valeur). Ses exportations ont été livrées à 65 États, principalement en Asie et Océanie (35 %) et au Moyen-Orient (28 %).
La France a su notamment profiter de l’effondrement des exportations russes, en baisse de 64 % en 2020-2024 par rapport à la période 2015-2019. La croissance des exportations françaises est largement portée par le succès de l’avion de combat Rafale.
Le nombre de Rafale livrés à l’export est passé de 23 sur la période 2014-2018 à 94 sur la période 2019-2023, représentant près d’un tiers des exportations d’armement françaises sur cette dernière période. Ce succès est cependant concentré hors d’Europe, où la concurrence américaine avec les F-16 et F-35 reste prédominante.
Cependant, d’autres produits français phares portent les exportations : les sous-marin de Naval Group, de classe Barracuda et Scorpène, ont notamment été commandés par l’Indonésie et par les Pays-Bas.
Le succès à l’export de l’industrie française repose sur une Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) solidement ancrée dans le territoire national. La BITD représente environ 210 000 emplois directs et indirects, soit un poids comparable à celui du secteur de la production automobile.
La montée en puissance de l’industrie de l’armement française est le fruit d’une conjonction de facteurs : un contexte international de réarmement, le succès commercial de plateformes majeures comme le Rafale, et un tissu industriel national dense et innovant.
Selon les données du rapport annuel de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la France est récemment devenue le second exportateur mondial d’armes, derrière les États-Unis. Entre 2019 et 2023, l'industrie américaine représentait ainsi 41,7% des ventes d’armes au niveau mondial, devant la France, bien que loin derrière (10,9%), la Russie (10,5%), la Chine (5,8%) et l’Allemagne (5,6%).
Le dynamisme de la France se mesure en outre au travers des exportations d’armes qui ont augmenté de 47% entre la période 2014-2018 et la période 2019-2023. Un bon résultat en partie lié à une année 2022 record.
Portées par la vente de 80 Rafale aux Emirats Arabes Unis pour un peu plus de 16 milliards d'euros, les exportations françaises d’armement avaient alors battu leur record historique de prises de commandes de matériels militaires à l’export, selon le rapport au Parlement sur les exportations d’armement, révélé par La Tribune fin 2024 et dont Challenges a également obtenu copie.
À titre de repère, en 2023, la France a exporté pour 8,2 milliards d'euros d'armements, contre près de 27 milliards en 2022, un chiffre supérieur de 60% au précédent record de 2015 (16,9 milliards d’euros). Avec plus de 18 milliards d'euros de prises de commandes, l'année 2024 reste encore loin du niveau record de 2022.
| Pays | Part des Exportations Mondiales (%) |
|---|---|
| États-Unis | 43 |
| France | 9.6 |
| Russie | 7.8 |
| Chine | 5.9 |
| Allemagne | 5.6 |
En 2022, le secteur aéronautique représentait 65% des prises de commande tandis que celui des missiles et équipements concentrait environ 14%. À l’export, le Rafale est sans doute le produit phare de l’industrie française.
Dans l'arsenal de l'industrie française également : le sous-marin Scorpène, le canon Caesar, les frégates, les corvettes, le drone Patroller mais aussi des radars dont la production a triplé depuis la guerre en Ukraine, tenant tête aux Américains. A contrario, le char Leclerc et le véhicule blindé Griffon, très utilisés dans l’armée française, peinent à trouver preneur à l’étranger.
Comme l'indique le dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, la France a livré des armes majeures à 65 États en 2020-2024. La plupart d’entre elles ont été destinées à des États d’Asie et d’Océanie (35%), suivis des pays du Moyen-Orient (28%) et d'Europe (15%). Les exportations d'armes de la France vers les États européens ont quant à elles presque triplé entre 2015-2019 et 2020-2024 (+187%).
Cette forte hausse s'explique en "grande partie en raison des livraisons d'avions de combat à la Grèce et à la Croatie, et de diverses armes - dont de l'artillerie, des missiles et des navires - à l'Ukraine après l'invasion russe de février 2022", peut-on lire dans ce rapport établi par cet institut international indépendant de recherche sur les conflits, les armes et leur contrôle ainsi que le désarmement.
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