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Le fusil ancien, témoin des avancées technologiques et des bouleversements historiques, fascine autant les collectionneurs que les passionnés d'histoire militaire. Cet article explore l'évolution de ces armes à feu, depuis leurs origines rudimentaires jusqu'aux modèles plus sophistiqués du XIXe siècle.

Les prémices des armes à feu : la poudre noire et les premiers canons

L'histoire des armes à feu commence au VIIIe siècle en Chine, avec l'invention de la poudre noire. Initialement utilisée comme carburant pour les fusées, elle a rapidement été employée pour propulser des projectiles. Au VIIIème siècle après Jésus christ, invention de la poudre noire par les chinois (et peut-être aussi les Indiens). Il s’agit d’un mélange de Salpêtre (nitrate de potassium), soufre, et charbon de bois.

Dès le XIIe siècle, les armées du Moyen-Orient adoptent des systèmes à poudre noire, utilisant des canons à main pour lancer des flèches. Cette arme, le Madfaa, est considérée comme l'ancêtre des armes portatives occidentales, apparues vers la fin du XIIIe siècle. Madfaa arabe primitif à canon en tôle renforcé par du bois et des cerclages de fer, et sa courte flèche (seule la partie claire de la flèche est insérée dans le canon pour le tir). Cette arme portative est inspirée d’armes chinoises. Doc H.

En France, le système d'arme à poudre noire est utilisé pour la première fois en 1324, lors de l'attaque de la ville de la Réole avec une bombarde. En Août 1324, apparait une des premières utilisations en France d’une bombarde pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Celle-ci est montée sur un fût en bois, et posée à même le sol. Son pointage rudimentaire, se fait à l’aide de cales de bois glissées sous le fût.

Bien que rudimentaire, cette arme, ancêtre du canon, offre un avantage psychologique certain. En effet le bruit rappelle le tonnerre de source divine, et l’odeur de soufre, le diable ! Au XVe siècle, la Corée conçoit le Hwacha, un chariot lance-roquettes multiples utilisant la poudre noire pour propulser des flèches.

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L'arquebuse : une nouvelle ère pour les armes à feu

L'avènement de l'arquebuse marque une étape importante dans l'évolution des armes à feu. Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. La mise à feu est faite par un « serpentin » en fer fixé sur le côté du fût et tenant une mèche.

Bien que son impact psychologique soit significatif, sa puissance reste limitée, et contrairement aux idées reçues, une balle d'arquebuse ne perçait pas toujours une armure. Initialement, les armes à feu sont mises à feu à l'aide d'une mèche. Vers 1370, l’hacquebute (primitive) : Littéralement « canon à croc » du germanique « hakenbüchse , destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur.

Elle comporte un long fût de bois (ou parfois de fer), à l’avant duquel est fixé un canon de fer de courte dimension (20 à 25 cm). Son calibre fait généralement de 18 à 28 mm. Une balle ronde en plomb, de 18 mm de diamètre part à la vitesse de 130 mètres par seconde, avec une charge de 4 grammes (7 grammes au moyen âge) de poudre noire. Allumage au boutefeu à mèche ou par un ringard chauffé au rouge. (Une planche de pin de 3 cm d’épaisseur est traversée à 15 mètres).

A partir de cette époque les balles rondes en plomb pour armes portatives à canon lisse seront enveloppées dans un petit carré de tissu graissé appelé « Canepin » destiné à les caler. On verra également rapidement vers 1450 apparaitre les « gargousses , ancêtres de la cartouche, doses de poudre préparées à l’avance dans un tissu ou du parchemin et les « apôtres » dont le rôle est identique mais en bois vers 1480. (Les gargousses de poudre resteront en service pour les canons jusqu’au milieu du 19ème siècle.

Systèmes de mise à feu : de la mèche à la percussion

Cependant, l'invention de la platine à silex va révolutionner ce système. Initiée par Louvois, ministre d’état, et sur le conseil du maréchal de Vauban, Louis XIV, généralisera par ordonnance la platine à silex à la française (déjà partiellement en service dans l’armée depuis 1660 sur des mousquets allégés dits à fusil) , sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703. Les piquiers seront aussi supprimés et la baïonnette à douille généralisée sur les « mousquets à silex » (la baïonnette à douille autour du canon et permettant le tir, a remplacé la baïonnette-bouchon introduite dans le canon, sur l’initiative de Vauban en 1689).

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Fonctionnant comme un briquet à silex, elle offre plusieurs avantages : légèreté, compacité et résistance aux conditions climatiques difficiles. Vers 1510-15 la platine à « rouet » (peut-être inventée par Léonard de Vinci, ou Johan Kuhfuss) permet un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée (le rouet) entrainée par un ressort, et qui frotte sur une pyrite de fer mordue (tenue) par un « chien » produisant ainsi des étincelles, qui allument la poudre.

Au XIXe siècle, le système à percussion fait son apparition, avec un marteau frappant l'arrière de la munition. Les travaux sur les agents chimiques explosant suite à un choc, réalisés par le chimiste français Bertholet, comme le fulminate de mercure et le muriate de potassium, amenèrent le pasteur écossais Alexandre John Forsyth en 1808 à concevoir la première platine à percussion par chien (sans pierre) dite à « flacon de parfum , n’utilisant pas le silex, mais le fulminate de mercure, sur un fusil de chasse.

Ce système, plus performant que la platine à silex, entraîne également un changement dans les cartouches utilisées : les cartouches en papier sont remplacées par des cartouches en laiton. 1728-40 Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire (suivant la qualité de la poudre) et une balle de 16,3 mm en général. La balle est plus petite d’environ 1,2 mm que le calibre de 17,5 mm, pour qu’elle rentre facilement lors du rechargement, même si le canon est un peu encrassé par le tir précédent. Il n’y a plus de calepin de tissu graissé avec la cartouche, le papier de celle-ci en faisant office, tassé avec elle lors du rechargement.

L'évolution terminologique : mousquet ou fusil ?

Les termes « mousquet » et « fusil » sont parfois utilisés de manière interchangeable, notamment sous l'influence du mot anglais "musket", qui désigne toutes les armes anciennes à poudre noire, y compris les fusils à silex. Selon les définitions françaises anciennes, le mousquet est une arme à mèche, tandis que le fusil est une arme à silex.

Le mousquet peut être interprété comme le « lanceur de mouche ). L’expression « prendre la mouche , qui exprime la colère, viendrait du fait de recevoir des mouches (balles) ce qui n’est guère plaisant. Pour des raisons de vitesse et de facilité de rechargement, le canon resta lisse, et la balle inférieure d’un à deux mm environ au calibre de ce dernier. Cette balle était enveloppée d’un « canepin , pièce de tissu graissé au suif, pour la caler dans le canon.

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Les anglo-saxons, garderont le nom « Musket »}}} (mousquet) pour désigner le « fusil » de guerre, jusqu’à l’apparition de rayures dans le canon du fusil, vers 1850. Ils le nommeront alors « Rifle-Musket », puis « War Rifle » ou « Military Rifle » à la fin du 19ème siècle.

Figures clés et inventions

L'invention de la première arme à feu est souvent attribuée à Johann Gutenberg au XIVe siècle. L’armurier parisien d’origine suisse, Jean Samuel Pauly, (en collaboration avec le français François Prélat inventeur de l’amorce et de la cartouche de ce fusil), présenta en 1812, à l’empereur Napoléon premier, le premier fusil à canon b...

Caractéristiques techniques et poinçons

L'identification d'un fusil ancien peut être complexe, mais certains éléments peuvent aider à déterminer son origine et son époque de fabrication. Les poinçons d'épreuve, situés sous les canons, fournissent des informations précieuses. Par exemple, le poinçon "PT couronné" indique une épreuve simple à poudre sans fumée à St Etienne.

La longueur de la chambre, généralement exprimée en millimètres (ex : 65 mm), indique la longueur des cartouches utilisées. Le calibre peut être déterminé en mesurant le diamètre intérieur du canon. Un diamètre de 20 mm correspond à un calibre 12, 18,5 mm à un calibre 16 et 17 mm à un calibre 20.

Cependant, il est important de noter que certains canons peuvent être chokés, c'est-à-dire qu'ils présentent un rétrécissement à la bouche pour contrôler la gerbe de plombs. L'année de fabrication peut parfois être gravée sur le fusil, mais il peut également s'agir d'un numéro comptable du fabricant. D'autres marquages, tels que "M" ou "RC*11", peuvent correspondre au contrôleur ou à d'autres informations spécifiques au fabricant.

Exemples de fusils anciens

De nombreux modèles de fusils anciens sont disponibles, chacun ayant ses propres caractéristiques et son histoire. Le médiéviste Alain PARBEAU nous fait partager toute une vie de recherches et de connaissances sur le début de l’arme à feu.

Les données balistiques (performances des projectiles de tir) citées dans cet exposé, font suite à des tirs réalisés par l’auteur avec des répliques d’armes et des armes authentiques, avec des chargements soignés et estimés proches de ceux de leur époque d’origine. Ils sont publiés à titre indicatif, pour donner une idée de la puissance des armes anciennes. Il est évident que ces résultats peuvent s’avérer différents si l’on emploie d’autres charges. Il s’agit du tir (à blanc) avec une reproduction d’hacquebute primitive (vers 1380), copie réalisée par l’auteur sur le modèle d’une authentique trouvée lors de fouilles au château de Calmont d’Olt à Espalion en Aveyron.

On voit bien l’allumage avec un boutefeu à mèche, et le départ du coup avec la sortie des gaz. Certaines dates sont imprécises et signalées « Vers …… ». Alain participé à un petit film sur l’origine des armes à feu, et il à utilisé le décor du château de Saint Alban sur Limagnole.

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