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Les amateurs d’armes anciennes connaissent le fusil Chassepot, une arme précurseur dans son domaine. Ce fusil a donné satisfaction et le fonctionnement mécanique est parfait, en avance sur ses concurrents.

Histoire de la Cartouche Chassepot

La première fois, le tir continu et le rechargement en position couchée ont été possibles grâce à cette cartouche. Le projectile et la poudre sont à présent assemblés dans un même étui de papier, dans la chambre de l’arme à l’arrière du canon.

Fonctionnement et Étanchéité

L’arme est chargée, solidement sur le boîtier de culasse. Le départ du coup est basé, semble-t-il, sur l’élasticité du métal de la culasse. Ce dispositif est appelé obturateur, assurant une étanchéité parfaite en comprimant l’obturateur en caoutchouc contre la surface fixe de la culasse.

Il est absolument nécessaire de contrôler l’état de l’obturateur en caoutchouc. S'il est fendillé et durci, il faut le remplacer par un obturateur neuf, car il ne possède plus toute son élasticité, ce qui pourrait être très dangereux.

Fabrication de la Cartouche 9mm

La fabrication de cette cartouche doit être la plus simple et la plus rapide possible. L’étui de la cartouche Chassepot est dite combustible, car la combustion du papier doit être complète par l’explosion.

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Dans ce système, la chambre reste relativement propre après le tir, et il n'y a alors aucune cendre... Ca c’est pour la théorie.

Composants et Préparation

Le papier kraft est plus facile à déchiqueter et à brûler. Il est important de supprimer le cône à balle et la ligature en fil. Seul un type de moule à balle et un seul type de poudre sont utilisés.

La graisse utilisée pour le tir à la poudre noire a donné de très bons résultats. La régularité des étuis dépend de leur diamètre, qui est de 12mm, et de leur longueur, d’une quinzaine de centimètres. Les extrémités sont plates.

Des tubes d’aluminium de 12/8mm de même longueur, auront été roulés sur ces mandrins d’un diamètre légèrement plus élevé, par exemple 12,1 ou 12,2. Un tube de chasse dont le diamètre est de 12mm est glissé à l’intérieur de ce tube.

La longueur de l’étui, diamètre intérieur 13mm, est de 69mm. Pour le tube de tassement LYMAN calibrée à 11,60mm, il devra avoir 67,5mm. Pour le R.B.C.S., il devra avoir 65mm.

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Assemblage et Étapes Clés

Le gabarit d’étui est tracé sur du papier kraft. Les bords sont légèrement humectés et collés l’un sur l’autre. Une rondelle de carton de 0,3mm d’épaisseur est solidement collée sur le culot de l’étui. Le culot de la cartouche est terminé.

La poudre noire est versée dans des tubes prévus à cet effet. Il faut s'assurer qu'elle ne dépasse pas le volume imparti dans l’étui, et la pousser au contact à l’aide du bourroir. Compresser légèrement la poudre, sans exagérer. Il s’agit de poudre noire, donc prudence.

Le projectile a été graissé puis calibré à 11,48mm. La charge est tassée à l'aide du tube et du piston de manière homogène, respectant toujours le même sens d’enroulement.

Précautions et Sécurité

Cette cartouche n’est pas un gadget, elle est très puissante et il convient de la manipuler avec précaution. La sécurité est primordiale, puisque la culasse est dépourvue de l’aiguille de percussion. Il faut prendre toutes les précautions pour l’environnement humain ou matériel (port des lunettes, etc.).

Le premier tir avec cette arme doit être effectué avec le plus grand soin. Veillons au grain et à la sécurité !!

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Tests et Ajustements

Des essais avec plusieurs cartouches différentes sont nécessaires. La cartouche doit être compatible avec une chambre encrassée. Si la cartouche est trop longue, il faudra forcer pour fermer la culasse et la verrouiller.

Après le tir de quelques cartouches, un nettoyage de la chambre est-il nécessaire ? Il faudra procéder par tâtonnement pour trouver la longueur idéale de la cartouche. La longueur de 70mm semble appropriée.

Amélioration de la Combustion

Une des questions est de savoir si la cartouche d’époque est réellement une cartouche combustible. Quelle fonction peut avoir chacun de ses composants, et quels sont les composants destinés à favoriser sa combustion ?

Le papier était donc solide et de qualité courante. La combustion s’arrête dès que l’on retire la flamme, elle ne brûle pas du tout, elle rougit. Il faut donc s'assurer que l’étui de papier est renforcée pour éviter les déchirures provoquées par les manipulations et sous l’action des gaz.

Pour améliorer la combustion, un bidon de 1 litre de CARTOFLAM a été procuré aux Ets LURIE. Ce liquide ne contient ni halogène ni produit toxique dangereux. Le papier kraft est imprégné de ce produit, puis mis à sécher. Même imprégné, le papier ne s’enflamme pas dans la flamme d’un briquet. La brièveté de la flamme au départ du coup réduit singulièrement le volume de cendre dans la chambre de notre Chassepot.

Il est également possible d'enduire la face non gommée de l'étui de graisse de vaseline. L’excédent sera essuyé avec un chiffon. Ainsi, la colle ne vient pas au contact de la poudre.

Tests de Tir et Observations

Lors des tests, la température était de +5°C. La cible est atteinte à une distance de 100 mètres. La première cartouche est glissée dans la chambre, poussée avec le doigt, bien à fond jusqu’en butée. La culasse est lentement puis verrouillée sans effort. Le verrouillage est tout à fait normal, comme s’il n’y avait rien dans la chambre.

Le premier test donne une vitesse de 316 m/sec. Un coup d’œil à la cible révèle un impact à 4 à 11 heures. L'ouverture de la culasse se fait sans aucun problème. Après le tir, la tête mobile de la culasse est propre et sèche, ce qui est normal.

L’âme du canon est observée et nettoyée afin d’éliminer les résidus de combustion dus à l’utilisation de la poudre noire. Le papier n’a pas été expulsé du canon, mais il n'y a rien de bien méchant, ce n’est que du papier.

Les tirs suivants montrent une vitesse de 314 m/sec et un impact en cible à 8/9 cordon à 12 heures. La tête mobile tourne librement sur son axe et l’aiguille est rétractée. Pour la troisième cartouche, la fermeture de la culasse est plus difficile. La vitesse est de 322 m/sec et l'impact à 7 à 10 heures.

Après plusieurs tirs, il faut vraiment forcer pour fermer la culasse et la verrouiller. Il faudra nettoyer la chambre fréquemment. Après nettoyage de la chambre, la précision s’en ressent un peu.

Comparaison avec les Cartouches d'Époque

Une question se pose : la cartouche d’époque est-elle réellement une cartouche combustible ? La production de cendre dans la chambre même de l’arme est-elle inévitable ?

Il est possible que la cartouche réglementaire soit inflammable, mais le papier était solide et de qualité courante. Pour le système moderne, la chambre reste relativement propre après le tir, mais il faut toujours brosser la chambre et nettoyer le canon.

En conclusion, la patience est essentielle. Ce qui fait l’intérêt de l’utilisation de cette arme historique réside dans la maîtrise de sa cartouche et de son fonctionnement.

Cartouche Lefaucheux : Une Alternative Historique

Une balle à broche, ou cartouche Lefaucheux, s’identifie immédiatement par une petite tige métallique saillant perpendiculairement à la base de sa douille. Inventée par Casimir Lefaucheux, cette broche transmet le choc du chien vers l’amorce interne pour la mise à feu. Cette munition historique, aujourd’hui obsolète, a équipé les premiers revolvers militaires et civils à chargement par la culasse.

Anatomie et Description Visuelle

L’élément le plus probant pour identifier ce type de munition reste sans conteste la tige de métal qui dépasse du culot. Cette broche est positionnée de manière à former un angle droit par rapport à l’axe principal de la cartouche. Sa longueur varie selon le calibre, mais elle doit toujours être suffisamment longue pour émerger des créneaux découpés sur le pourtour du canon ou du barillet de l’arme. Sans cette protubérance, la percussion devient impossible avec les armes conçues pour ce système.

La base de la douille intègre la capsule d’ignition. Contrairement aux munitions modernes à percussion centrale où l’amorce est visible au centre du culot, ou aux munitions à percussion annulaire où elle se trouve dans le bourrelet, tout le système d’amorçage ici est interne et invisible, hormis cette tige.

Le corps de la munition peut présenter deux aspects distincts selon son époque de fabrication et son usage. Les premiers modèles ressemblent fortement aux cartouches de chasse actuelles avec un tube en carton fixé sur un culot métallique, tandis que les versions pour armes de poing adoptent généralement une structure entièrement métallique.

La conception de la base de la douille ne présente pas de gorge d’extraction comme sur les munitions modernes. L’extraction des douilles vides s’effectue souvent à l’aide d’une baguette logée sur l’arme, permettant de pousser la douille hors de la chambre par l’intérieur, ou simplement en tirant sur la broche elle-même, bien que cette dernière méthode soit déconseillée pour des raisons de sécurité.

Genèse de l’Invention par Casimir Lefaucheux

L’histoire de cette innovation technique débute vers 1828 sous l’impulsion de Casimir Lefaucheux. Cet armurier visionnaire cherche à simplifier le chargement des armes à feu, qui s’effectuait alors majoritairement par la bouche du canon avec de la poudre noire en vrac et une balle séparée. Son invention marque une rupture technologique majeure en proposant une munition autonome regroupant tous les éléments nécessaires au tir.

Le brevet officiel est déposé en 1835. À ce stade initial, la munition se destine principalement aux fusils de chasse à double canon basculant. La configuration de l’époque associe une courte douille métallique à un tube en carton, contenant la charge de plomb. Cette structure hybride préfigure l’apparence des cartouches de chasse à grenaille utilisées de nos jours, bien que le mode de mise à feu diffère radicalement.

L’objectif premier de Casimir Lefaucheux consiste à offrir une solution de chargement par la culasse efficace et étanche. Ce système permet au tireur de recharger beaucoup plus rapidement qu’avec les armes à percussion classiques, offrant une cadence de tir supérieure sur le terrain. L’introduction de la broche résout le problème de l’alignement de l’amorce avec le chien, simplifiant la mécanique de l’arme.

L’invention ne se limite pas à la munition seule, mais englobe l’arme capable de la tirer. Le fusil à canons basculants, dont le verrouillage se perfectionne au fil des années, devient indissociable de cette nouvelle cartouche. Le succès de ce couple arme-munition jette les bases de l’armurerie moderne.

Perfectionnement Technique et Extension aux Armes de Poing

L’évolution du système prend un tournant décisif lors de la Great Exhibition au Crystal Palace à Londres en 1851. Casimir Lefaucheux y dévoile une application inédite de son invention : une arme de poing de type poivrière (ou pepper-box). Cette présentation marque l’entrée de la broche dans l’univers des armes de défense personnelle et militaire.

Pour s’adapter aux contraintes des armes de poing, la munition évolue. Les tubes en carton, fragiles et sensibles à l’humidité, cèdent la place à des douilles entièrement réalisées en cuivre. Ce matériau offre une meilleure résistance aux pressions générées lors du tir et garantit une étanchéité supérieure des composants internes. La ductilité du cuivre permet par ailleurs une légère expansion de la douille au moment de l’explosion, assurant l’étanchéité des gaz vers l’arrière, un phénomène appelé obturation.

Eugène Lefaucheux, fils de l’inventeur, reprend le flambeau et brevette trois ans plus tard, en 1854, l’application de cette cartouche métallique aux revolvers à simple canon. Cette adaptation transforme radicalement l’architecture des revolvers. Le barillet est désormais percé de part en part, permettant l’introduction des cartouches par l’arrière, une avancée ergonomique considérable par rapport aux revolvers à chargement par l’avant comme les modèles à percussion cap-and-ball.

Confrontation Militaire et Adoption Officielle

Le véritable essor industriel de la cartouche à broche survient grâce à l’intérêt porté par la marine impériale française. Le 16 septembre 1854, la “Royale” sélectionne le revolver modèle 1854 pour une batterie de tests rigoureux. Cette campagne d’évaluation met en concurrence l’invention française face aux géants de l’époque : les revolvers Colt et Adams.

Les tests révèlent une différence de puissance brute favorable aux revolvers à percussion classiques. Cependant, la logistique et la praticité sur le terrain penchent en faveur du système Lefaucheux. La capacité à charger et décharger l’arme rapidement constitue un avantage tactique indéniable. De plus, la cartouche métallique scellée offre une résistance exceptionnelle à l’air salin et à l’humidité, un critère déterminant pour une utilisation maritime où la poudre noire en vrac s’altère vite.

CaractéristiqueSystème à Percussion (Colt/Adams)Système à Broche (Lefaucheux)
Type de munitionPoudre, balle et amorce séparéesCartouche métallique unitaire
ChargementLent, par l’avant du barilletRapide, par la culasse
Sensibilité humiditéÉlevée (poudre exposée)Faible (munition étanche)
Puissance d’arrêtSupérieure (calibres souvent plus gros)Modérée (limitée par la pression)
Sécurité stockagePoudre instable en vracMunition stable et transportable

Suite à ces résultats, le revolver modèle 1854 est officiellement adopté le 8 mai 1858. Eugène Lefaucheux assure les premières commandes avant que les manufactures impériales ne prennent le relais pour la production de masse du modèle standardisé 1854-1858. Cette adoption par une grande puissance militaire valide le concept et ouvre les portes des marchés internationaux, notamment en Espagne, en Italie, en Norvège et en Belgique.

Diversité des Calibres et Usages

La popularité du système engendre une prolifération de calibres adaptés à tous les usages, du tir de salon à la guerre. Les fabricants déclinent la munition dans une large gamme de diamètres. Les plus petits calibres, comme le 2 mm, relèvent de la curiosité horlogère ou du jouet, souvent montés sur des armes miniatures appelées breloques.

Le 7 mm et le 9 mm s’imposent comme les standards pour les revolvers civils de poche et de ceinture. Ces armes, faciles à dissimuler, connaissent un immense succès commercial auprès des particuliers cherchant un moyen de défense. La facilité d’approvisionnement en munitions contribue à cette hégémonie sur le marché civil européen de la seconde moitié du XIXe siècle.

Le calibre 12mm constitue la norme pour les armes militaires et les gros revolvers de combat. C’est ce calibre qui équipe le célèbre modèle 1854 de la marine. Il offre un compromis acceptable entre puissance d’arrêt, recul et capacité du barillet (généralement 6 coups). On trouve également des cartouches de calibre 15 mm, plus rares, destinées à des armes de très gros calibre ou à certains fusils.

Pour la chasse, les calibres suivent les normes traditionnelles (calibre 16, 12, etc.), conservant souvent le corps en carton initial. Ces munitions de chasse perdureront bien plus longtemps que leurs homologues pour armes de poing, restant en usage dans les campagnes françaises jusque tard dans le XXe siècle grâce à la robustesse des vieux fusils à broche.

Obsolescence Programmée par les Défauts Structurels

Malgré son succès fulgurant, la technologie à broche porte en elle les germes de son déclin. L’apparition et le perfectionnement des cartouches à percussion annulaire et surtout à percussion centrale (Centerfire) rendent le système Lefaucheux obsolète. Le défaut majeur réside dans la broche elle-même, qui constitue le point faible de la sécurité.

La tige saillante représente un danger permanent lors du transport ou de la manipulation. Un choc accidentel sur la broche, même hors de l’arme, peut suffire à écraser l’amorce et provoquer l’explosion de la cartouche. Une munition tombant au sol sur la broche se transforme en projectile dangereux. De plus, une fois chargée dans le barillet, la broche doit être parfaitement alignée avec le chien. Si la cartouche pivote mal, le coup ne part pas.

L’architecture de la munition interdit également son utilisation dans les armes à répétition automatiques qui commencent à voir le jour à la fin du XIXe siècle. Le mécanisme d’alimentation d’un pistolet automatique ou d’une mitrailleuse ne peut gérer une cartouche hérissée d’une tige métallique. L’empilement dans un chargeur vertical est impossible. Ces limitations techniques condamnent la broche à disparaître face aux munitions à gorge et percussion centrale, plus sûres, plus robustes et plus faciles à manipuler mécaniquement.

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