Le Panasonic HC-X1000 est un nouveau caméscope à objectif intégré qui filme en 4K sur deux cartes SD. Outre son format UHD, ce modèle de poing reprend toutes les normes d'une caméra professionnelle : prises XLR, filtres ND, grand-angle, zoom 20x ainsi que plusieurs formats d'enregistrement.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, faisons le point sur le format 4K appelé aussi UHD (Ultra Haute Définition). Popularisé depuis 2013, ce terme marketing vise à faire comprendre au consommateur que l'image est meilleure que de la HD. L'UHD désigne une définition de 3840 x 2160 pixels au ratio 16:9, spécialement conçu pour les téléviseurs (on l'appelle aussi 4K-TV). Le "vrai" 4K, lui, correspond à une définition de 4096 x 2160 pixels au ratio 16:8.4, destiné aux écrans de cinéma. On l'appelle aussi 4K Ciné.
Le 4K prend progressivement le pas sur la HD dans la production audiovisuelle depuis 2012, bien qu'il soit utilisé depuis plus longtemps au cinéma. On filme et on monte en 4K depuis des années dans le cinéma numérique en remplacement des bonnes vieilles pellicules 35 mm, qui sont d'ailleurs scannées en 4K pour être restaurées et couchées sur Blu-ray. Les téléviseurs 4K sont de plus en plus présents dans les magasins, à des prix en baisse avec une entrée de gamme qui démarre à 1 000 €.
Bref, acheter un caméscope 4K s'inscrit tout à fait dans l'actualité et même dans l'avenir, car le format UHD va devenir le standard TV. Toutefois nous sommes à une étape transitoire. La diffusion de programmes TV en 4K-UHD est loin d'être une réalité. Filmer en 4K requiert des cartes mémoire très rapides, de grande capacité et coûteuses, et monter en 4K nécessite un ordinateur dernier cri avec un écran adapté. Bref, toute la chaîne de production doit suivre. Il y a donc fort à parier que de nombreux vidéastes filmeront dans un premier temps en 4K pour monter en Full HD, en attendant de s'équiper complètement.
Enfin, n'oublions pas qu'Internet est devenu un diffuseur majeur pour la vidéo et qu'une image 4K n'est pas indispensable sur un lecteur YouTube. La HD reste donc le standard pour la vidéo en haute qualité sur le web.
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Le Panasonic HC-X1000 est lancé à 2 999 €. C'est un prix très attractif pour un caméscope 4K aux fonctions professionnelles, pourtant classé dans la division grand public du fabricant. Le HC-X1000 cible aussi bien les vidéastes amateurs experts que les professionnels indépendants, les sociétés de production audiovisuelle et même les chaînes d'info continue qui affectionnent particulièrement les caméras légères et peu coûteuses.
Sur le marché, le HC-X1000 est en concurrence directe avec le Sony FDR-AX1 (4 499 €), sorti en 2013 avec des fonctions quasiment identiques, et avec le JVC GY-LS300 à monture Micro 4/3 (4 450 $), prévu au printemps 2015 et plutôt destiné au cinéma numérique. Tous ces modèles filment en 4K-UHD sur deux cartes et possèdent des prises XLR et HDMI.
| Modèle | Prix |
|---|---|
| Panasonic HC-X1000 | 2 999 € |
| Sony FDR-AX1 | 4 499 € |
| JVC GY-LS300 | 4 450 $ (sans optique) |
Le HC-X1000 dispose d'un capteur MOS 1/2,3" de 8,85 Mpx effectifs lui permettant de filmer en 4K-Ciné (4096 x 2160 px) et en 4K-UHD (3840 x 2160 px). Ainsi, vous pouvez aussi bien l'utiliser pour du cinéma numérique (ratio 16:8.4) que pour des productions TV (ratio 16:9). En outre, pour la post-production, vous avez le choix des formats d'encapsulage entre le MP4 (Windows) ou le MOV (Mac OS). Enfin, sachez que le HC-X1000 filme aussi au format AVCHD 2.0 (1920 x 1080 / 50p), ce qui ne mange pas de pain si l'on veut rester cantonné à la HD ou simplement économiser de la mémoire.
Pour information, un clip de 17 secondes en 4K-UHD pèse déjà 310 Mo ! Ici, l'objectif est intégré au boîtier. Il s'agit d'un Leica Dicomar ouvert à f/1,8 qui démarre sur un grand-angle de 29,5 mm en équivalent 24x36 (4K-Ciné) et court sur un puissant zoom 20x.
L'objectif est stabilisé avec la technologie Hybrid+ de Panasonic, qui est déjà bien éprouvée depuis quelques années et atténue fortement les mouvements du poignet, même en longue focale. Notez enfin que l'on dispose d'une roue à filtres ND (densité neutre) commutable sur 3 niveaux pour atténuer la surexposition.
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La connectique est complète : sortie HDMI pour raccordement sur un téléviseur ou un enregistreur externe, USB 3.0 pour le transfert des fichiers, sortie casque et même deux prises XLR déportées séparément sur le boîtier, que l'on s'étonne toujours de voir sur un modèle "grand public" bien qu'elles soient désormais courantes. Que reste-t-il aux "grands" ?
Le Panasonic HC-X1000 est avant tout un modèle de poing. Son boîtier pèse 1,5 kg pour une longueur de 31 cm, ce qui permet de le caler sur l'épaule et de filmer l'écran ouvert. On privilégiera le trépied pour les plans en longue focale d'autant que le rapport de zoom est particulièrement puissant (20x).
Les habitués des caméscopes Panasonic retrouveront leurs boutons regroupés pour l'essentiel sur le flanc gauche, comme le focus, l'iris, le gain, l'obturateur, la balance des blancs et... le bouton "iA" (intelligence Auto) qui est une pure création "grand public" du fabricant. Ce dernier applique des réglages de couleur, de lumière et de mise au point automatiquement.
Les puristes du mode manuel le mépriseront sans doute, mais plus d'un vidéaste y recourra pour filmer une interview à la volée, lorsque l'on n'a pas toujours le temps de faire son blanc et de régler son diaph. Le iA a donc aussi sa place sur un tournage pro.
On note (enfin) l'introduction de volets de fermeture sur le pare-soleil d'objectif d'un caméscope pro chez Panasonic. Ce système est déjà présent depuis belle lurette sur les caméras Sony et nous a vraiment soulagés lors du test. Plus de capuchon à ranger dans la poche : il suffit de lever le loquet. On apprécie !
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On retrouve le design classique des caméscopes Panasonic. Les volets de connectique se sont aussi améliorés avec un plastique rigide en lieu et place d'un caoutchouc mou qui s'abîmait vite. La carrosserie, de façon générale, inspire la robustesse, même si elle est en plastique.
On apprécie également le rangement de l'écran LCD à l'avant de la poignée, déjà éprouvé chez Panasonic mais qui reste ingénieux. Le viseur électronique orientable est agrémenté d'un large œilleton pour isoler l'œil de la lumière ambiante. L'orifice optique est toutefois un peu étroit et nous avons surtout utilisé l'écran LCD pour filmer, même en extérieur.
Petite touche de design : l'objectif est désormais affublé d'un anneau à LED qui s'allume en bleu lorsque la caméra est en stand-by, puis en rouge pendant l'enregistrement. Cela permet de repérer rapidement les caméras en marche lors d'un tournage multicam.
L'ergonomie est dans l'ensemble assez classique. On retrouve les 3 bagues manuelles d'objectif respectivement dédiées à la mise au point, au zoom et à l'iris. Une roue à filtres ND (densité neutre) est commutable sur 3 valeurs (1/4, 1/16, 1/64) pour atténuer la surexposition ; comme toujours, un témoin s'affiche sur l'écran pour vous indiquer la bonne valeur.
La commande de zoom progressif est portée deux fois (poignée et flanc). La navigation dans le menu s'effectue soit par l'écran tactile, soit par un bouton molette (qui a notre préférence). L'écran LCD du HC-X1000 affiche toutes les infos.
Le HC-X1000 est un caméscope 4K qui bénéficie d'un nouveau capteur BSI 1/2,3" Crystal Engine Pro 4K de type MOS de 8,85 Mpx effectifs. Le 4K 16:9 est le plus courant en production audiovisuelle car il est conforme aux téléviseurs UHD. Le 4K 16:8.4, lui, est destiné au cinéma numérique. Lors du test, nous avons filmé en 3840 x 2160 au format MP4.
Notre premier problème a été de dénicher une carte mémoire suffisamment rapide pour gérer le débit de 150 Mbps : à l'heure où nous écrivons ces lignes, ces fameuses cartes sont encore rares et chères. Il vous faut impérativement utiliser des cartes SDXC U3 pour filmer en 4K avec une large capacité (64 Go) car 17 secondes de 4K occupent déjà 300 Mo de mémoire. Le HC-X1000 possède en outre deux emplacements qu'il est bon d'utiliser pour éviter de tomber en "panne" de mémoire en plein tournage.
Rappelons en effet que l'avantage des deux slots est d'assurer un enregistrement continu sur deux cartes sans interruption, et d'en remplacer une quand l'autre enregistre. Nous avons filmé en extérieur par temps gris. L'avantage du HC-X1000 est d'emblée son optique Leica Dicomar très polyvalente qui associe un grand-angle de 30,8 mm à un rapport de zoom 20x. Cela offre une belle marge pour varier la focale en alternant gros plan et paysage.
Le HC-X1000 reste toutefois un caméscope fonctionnel à petit capteur (1/2,3") qui ne fournit pas l'esthétique d'une faible profondeur de champ similaire à une caméra grand capteur ou un reflex. Ici tout est net et c'est un atout énorme dans les reportages news ou dans l'événementiel où tout bouge.
En intérieur, le HC-X1000 assure aussi une image propre. En mode automatique, le gain et l'iris sont bien réglés. En manuel, on peut pousser le gain jusqu'à 30 db et ouvrir l'iris jusqu'à f/1,8 en courte focale. La sensibilité est plutôt bonne en basse lumière, n'accuse quasiment pas de bruit et permet de filmer sans problème un événement sous une lumière tamisée.
En basse lumière, le gain peut être débrayé jusqu'à 30 db. La fonction Assistant Focus effectue un zoom sur l'image pour vérifier la mise au point. En grand-angle (30,8 mm en 24x36). Le même plan en zoom 20x (626 mm en 24x36) sur la statue centrale.
Les fichiers sont enregistrés au choix en MP4 ou en MOV. Cela permet de préparer ses clips en vue d'une post-production sur Mac OS ou Windows. Par ailleurs, le HC-X1000 est aussi une caméra HD qui filme en AVCHD 1920 x 1080 pixels (50p, 25p).
Hélas, le format 4K remet un peu les compteurs à zéro en termes de configuration informatique. Un ordinateur (portable ou de bureau) qui gérait parfaitement le montage en AVCHD pourra rencontrer de grosses difficultés en 4K, car les fichiers ont des débits énormes (100 à 150 Mbps). La lecture seule d'un clip dans la timeline engendre des saccades. Il faudra donc investir dans une nouvelle machine si vous vous lancez dans une post-production 4K, même si vous comptez sortir votre master en HD.
Nous recommandons sans hésiter le caméscope Panasonic HC-X1000 à ceux qui souhaitent se convertir au 4K pour moins de 3 000 €. Ce modèle filme en 4K Cinéma alors que ce standard n'est même pas présent sur des caméras 4K bien plus coûteuses. De plus, Panasonic laisse le choix du format d'encapsulage (MP4/MOV), facilitant ainsi le montage sur Mac et Windows.
Toutes les normes d'un caméscope professionnel sont présentes : 3 bagues d'objectifs, filtres ND, mode zébra, assistant focus, prises XLR avec canaux audio séparés, double carte mémoire, sans oublier un objectif Leica très polyvalent. Il ne manque rien dans ce registre de prix, d'autant que le boîtier est léger, maniable, et que la qualité d'image est bonne en intérieur comme en extérieur.
On notera seulement l'absence de mode ralenti/accéléré, pourtant intégré sur des modèles concurrents moins chers.
La gamme semi-professionnelle légère de Panasonic avait totalement disparu, mais elle ressurgit avec ce camescope CX10, modèle pro très compact qui est aussi décliné en deux versions moins évoluées. La couverture optique (25-600mm) est sans égal à F1.8-4.0. Aidé par son processeur Venus Engine, l'enregistrement propose du 4K 50p / 60p, du 4:2:2 10 bits en interne jusqu'à 30p. Sur ce point, Panasonic semble avoir conçu un système de ventilation performant et peu encombrant.
Le 4:2:2 10 bits est possible en interne jusqu'à 30p. A défaut, Panasonic propose aussi du 4:2:0 50/60p en interne en 8 bits en MP4 ou 10 bits en MOV en HEVC ou encore du 4:2:2 60p en externe sur un enregistreur Atomos par exemple. Enfin, en mode FHD, l'enregistrement en slow-motion est disponible à 120 ips/100 ips (60/50 Hz).
Le CX10 est affublé de deux bagues de mise au point et de zoom / iris. On distingue aussi des filtres ND (1/4, 1/16, 1/64 et off). Le stabilisateur est optique et électronique. Il est annoncé comme performant, même au zoom x24, en UHD comme en FHD. La batterie AG-VBR89GC de 5900 mAh est donnée pour 4,5 heures en continu. Les fonctions réseaux font partie des propositions du Panasonic. Sans égaler JVC, elle intègrent un module Wi-Fi 2.4 GHz qui se se connecte directement à internet avec le caméscope, sans module LAN ni fil externe.
La principale concession visible de Panasonic est de s'être contenté d'un capteur 1/2,5'' de 8.29 Mp, ce qui peut jouer sur la sensibilité et les effets Bokeh. Il faudra aussi surveiller de près l'Autofocus AF qui devrait être plutôt bon étant donné la cible plus petite. L'USB n'est qu'en 2.0. En 2020, c'est un peu limite.
Un peu à l'instar de Sony et ses AX700 / NX80-Z90 ou Canon et ses HFG50 / XA40, Panasonic propose également le HC-X1500 pour 1700 euros, et le HC-X2000 pour 2200 euros. Ils n'ont pas d'enregistrement de fichiers P2 MXF, ni le support du streaming Ethernet HD ni la compatibilité avec l'interface NDI|HX. Et par rapport au HC-X2000, le HC-X1500 n'a ni prise SDI ni poignée-bloc XLR-torche.
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