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Les fusils de chasse anciens et de collection représentent bien plus que de simples objets historiques ; ce sont des témoignages vivants de l'évolution de l'art de la fabrication d'armes à feu et de la passion pour la chasse qui a perduré à travers les siècles. Ces armes, souvent magnifiquement ouvragées et imprégnées d'histoire, captivent les collectionneurs du monde entier. En fin de compte, les fusils de chasse de anciens sont bien plus que de simples objets inanimés. Ils sont des liens entre le passé et le présent, des symboles de l'ingéniosité humaine et de la passion pour la chasse.

L'Art de la Fabrication

Les fusils de chasse de collection sont souvent comparés à des œuvres d'art fonctionnelles. Les maîtres armuriers d'hier et d'aujourd'hui ont consacré leur vie à la perfection de leur métier, créant des armes qui sont aussi belles que précises.

Héritage Historique

Chaque fusil de chasse de collection a une histoire à raconter. Certains ont peut-être été utilisés lors de chasses mémorables, tandis que d'autres ont été créés pour des clients illustres.

Diversité de Styles

Les collections de fusils de chasse sont aussi diverses que les époques et les cultures qui les ont produites. Des fusils à silex du 18e siècle aux fusils à chiens extérieurs, en passant par les carabines à verrou de précision modernes, il existe une grande variété de styles et de conceptions.

Collectionneurs Passionnés

Les collectionneurs de fusils de chasse sont souvent animés par une passion profonde pour la chasse et l'histoire des armes à feu.

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Valeur et Investissement

Les fusils de chasse de collection peuvent avoir une grande valeur sur le marché. Les pièces rares, les signatures d'armuriers renommés et les fusils associés à des personnalités historiques sont particulièrement prisées.

Patrimoine Culturel

Les fusils de chasse de collection jouent un rôle important dans la préservation du patrimoine culturel.

La Bretelle d'An IX à Bouton : Une Question de Fixation

Les fusils modèle 1777 et An IX utilisaient initialement un lacet de cuir pour attacher la bretelle à la grenadière. Cependant, des bretelles avec un bouton en laiton de style champignon sont apparues, une modification attribuée à l'époque de l'Empire.

Selon le Bardin, et je crois même le Goupil, l'attache de la bretelle à la grenadière se fait au moyen d'un lacet de cuir. Il se trouve que l'on croise - de temps à autres - des bretelles de fusil pourvues en leur extrémité d'un bouton en laiton style champignon. On peut lire de-ci de-là que cette modification est apparue sous l'empire.

Le bouton a remplacé le laçage. Les deux méthodes ont existé au XVIII°.

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Personnellement je monte mes fusils Ancien Régime avec des bretelles lacées, mes fusils postérieurs à l'Empire avec des bretelles boutonnées. Entre les deux, les rares fusils que j'ai de cette époque sont montés avec les deux systèmes selon s'ils sont d'avant 1800 ou d'après. Comme ça je suis quasiment certain d'avoir bon.

Les Systèmes de Fixation au XVIIIe Siècle

Au cours du XVIIIe siècle, deux méthodes de fixation coexistaient : le laçage et le bouton. Le bouton a probablement remplacé le laçage vers la fin du XVIIIe siècle. Il est important de noter que trouver des bretelles d'époque authentiques est une tâche ardue. C'est pourquoi certains collectionneurs et reconstitueurs choisissent de fabriquer leurs propres bretelles.

Matériaux et Évolution des Bretelles

Les matériaux utilisés pour les bretelles ont évolué au fil du temps. Au début du XVIIIe siècle, le cuir rouge de Russie était privilégié, suivi par le buffle naturel, puis le buffle blanchi, et enfin le cuir noirci.

Le Fusil Gras : Un Exemple Concret

Le fusil Gras, modèle 1874, est une arme à feu française qui a marqué son époque. Cet article explore l'histoire, les caractéristiques techniques, les variantes et l'héritage de ce fusil emblématique. Nous aborderons également les bretelles associées à ce fusil.

Contexte Historique

La conception du fusil Gras intervient dans un contexte historique particulier. La France sort de la désastreuse guerre de 1870, marquée par la défaite face à la Prusse et la perte de l'Alsace et de la Lorraine. Le pays est exsangue et l'armée humiliée a beaucoup perdu de sa crédibilité. Un vif sentiment de revanche anime alors les esprits. Le réarmement de l’armée devient donc un sujet d’importance.

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Face à la nécessité de moderniser son armement, une commission fut chargée d’évaluer le meilleur système de conversion. Les arsenaux français étaient encore largement équipés de fusils Chassepot, dont les limites avaient été mises en évidence lors du conflit.

L'Adoption du Système Gras

C’est au final la proposition du capitaine Basile Gras (polytechnicien) en 1873 qui fut adoptée en 1874. Le fusil Gras est donc une évolution du fusil modèle 1866 Chassepot.

Évolution et Modifications

Le fusil Chassepot (et ses dérivés) est le 1er fusil français à chargement par la culasse, il tire une munition dont l'amorce, la poudre et la balle sont enveloppés dans du papier. L’arme reste au calibre 11 mm.

Les armes du type 1866-74 (Chassepot transformé Gras) seront soit modifiées au niveau de la chambre pour recevoir la nouvelle cartouche métallique (alésage puis insertion à force d’un cône de raccordement aux rayures), soit équipées d’un nouveau canon. La date de la modification est rajoutée sur le côté droit du canon à la suite de la date d’origine ou figure seule dans le cas du canon changé.

Seule modification intervenue sur ces différents modèles, celle intervenue en 1880 (M80). Elle consiste à donner un coup de fraise pour permettre aux gaz de s’échapper en cas rupture d’étui. Comme on débute avec des douilles métalliques, on n’avait pas prévu qu’ils puissent se rompre. Les soldats s’en sont vite aperçus…

Caractéristiques Techniques

L’arme est excellente, robuste, simple, économique. Au passage on a maitrisé le process industriel du bronzage de l’acier.

  • Canon rond à 4 rayures à droite
  • Longueur du canon: 79,70 cm

La planche mobile comporte des crans de mire fixes pour les distances de 200, 350 et 1.300 mètres.

Au niveau de la finition, toutes les armes du système 1874 (Gras) reçoivent un bronzage noir sur le canon et la boîte de culasse. Embouchoir et grenadière de fusil modèle 1874 dans leur finition d'origine, noircie au feu.

La Baïonnette

Le fusil mle 1874 est équipé d’une nouvelle baïonnette droite: l'épée-baïonnette modèle 1874. La lame est en forme de "T", et la poignée est en bois et laiton.

Trois autres types de marquages apparaissent régulièrement sur le dos des lames d'épées-baïonnettes modèle 1874. Tout d'abord "Usine de Steyr " suivi de la date, qui correspond à une commande de plus de 200 000 baïonnettes à l’usine de Steyr en Autriche (contrat avec le Ministère de la Marine et des Colonies), en 1878 et 1879. Ensuite, on trouve les marquages "Paris Oudry" ou "L.Deny", suivi d'une date (année de fabrication).

Il est également à noter que la baïonnette destinée au fusil modèle 1878 de marine Kropatschek ressemble fortement au modèle 1874 Gras. Lame et fourreau sont similaires, c'est principalement le profil du dos de la poignée (droit, sans le décrochement de la Gras), et la largeur de bague qui est plus grande. Enfin, le dos des lames des baïonnettes modèle 1878 pour fusil Kropatschek est marqué "Mre de Steyr Mr de Werndl" (pour la manufacture de Steyr, en Autriche), suivi de l'année de fabrication (pas de mois).

Variantes du Fusil Gras

Plusieurs variantes du fusil Gras ont été développées, adaptées à différents usages :

  • Carabine de cavalerie modèle 1866 Chassepot (1872), transformée Gras.

Utilisation et Héritage

Bien que n'ayant pas connu de conflit majeur, les armes modèle 1874 du système Gras firent régulièrement le coup de feu dans les colonnies françaises, par nos militaires. Les armes du système Gras ne constitueront pas l’armement principal des armées lors de conflits majeurs, le Lebel 1886 et les Berthiers l’auront remplacé lors de la grande guerre bien qu’il équipa encore les troupes de l’arrière (territoriaux) qui, dans certains cas eurent à combattre.

La Grèce (commande spécifique à Steyr) et l’Ethiopie (armes réglementaires Françaises) l’utiliseront au combat, de même que la Russie qui en recevra un grand nombre au début de la Grande Guerre pour pallier les énormes pertes de son armée. Le Chili en utilise aussi (armes fabriquées à Steyr) lors de la Guerre du Pacifique (1879 - 1884), l'opposant au Pérou et à la Bolivie.

En effet, en août 1914, il existe dans les dépôts et unités 1.260.000 fusils d'infanterie modèle 1874 gras. En décembre 1915, le Ministère de la Guerre est obligé d'informer les autorités gouvernementales sur la situation réelle du stock des fusils modèle 1874 qui est pratiquement épuisé.

Le Fusil Gras Scolaire

Modèle de fusil signaleur réalisé à la Manufacture Générale d'Armes (MGA) (futurs établissements BALP), à partir d'un fusil Gras modèle 1874. Ces transformations de fusils Gras en modèles de chasse s'accompagnent systématiquement d'une suppression des rayures du canon par alésage et du remplacement de la hausse réglementaire. Certains seront adaptés à des calibres plus gros (20, 16 et 12) mais plus rarement car le canon devait être changé.

Le fusil scolaire de tir est destiné aux écoles primaires. La hausse est l'ancienne hausse du fusil modèle 1866, réduite dans ses dimentions; elle est graduée de 10 à 40 mètres. La chambre est plus courte que celle des armes modèle 1874, afin que ces fusils ne puissent pas tirer la cartouche de guerre; elle ne peut recevoir qu'une cartouche dont l'étui est raccourci de 10 millimètres.

Les fusils Gras scolaires pour le tir (Gras de cadet) ont été fabriqués dans les Manufactures d'Armes d'état, au même titre que les armes de guerre.

Les Bataillons Scolaires

Les bataillons scolaires sont institués en France, par le décret du 6 juillet 1882. Mais ce décret ne fait que valider une pratique qui se répand de plus en plus dans le pays depuis la fin de la guerre de 1870. La loi de 1882, qui comprend de nombreux articles, prévoit une préparation dès l'école primaire afin d'incorporer les enfants dès l'âge de douze ans au sein des bataillons scolaires. Ces bataillons sont organisés de façon militaire. Aucun modèle particulier n'est décrit dans les différents textes qui régissent l'organisation des bataillons.

L'armement est beaucoup mieux décrit, il évolue suivant l'âge de l'enfant, allant du simple fusil de bois, tout juste bon au maniement d'arme, au fusil de cadet, tirant une cartouche réduite du fusil réglementaire Mle 1874, en passant par divers modèles d'armes de manœuvre ou de tir réduit.

Dès leur formation, les bataillons scolaires participent à toutes les manifestations publiques. Mais ils brillent surtout lors des grandes messes républicaines du 14 juillet.

En 1892 s'en est fini des bataillons scolaires. Les armes disparaissent dans les combles des écoles, les uniformes partent chez les chiffonniers et la gymnastique d'une part, le tir scolaire d'autre part, remplacent manœuvre et défilés.

Le Fusil Gras Aujourd'hui

De nos jours ce magnifique fusil se rencontre quelquefois dans nos stands de tir, c’est tout de même assez rare car la munition n’étant plus fabriquée depuis longtemps, seuls les tireurs disposant des compétences nécessaires pour recharger les cartouches pourront l’employer.

En terme de législation, les différentes armes du système Gras (armes non "modifiées chasse") sont aujourd'hui classées en catégorie D§e ("Armes historiques et de collection dont le modèle date d'avant janvier 1900, sauf celles classées dans une autre catégorie en raison de leur dangerosité"), et peuvent donc être détenus par toute personne de plus de 18 ans.

Bretelles du Fusil Gras

On est à l'époque en système Gras (fusil, carabine et mousqueton), et la bretelle décrite couvre les trois modèles.

Le document "article 81" date de 1879, ce qui éclaire quelques points douteux. Entre la table de 1863 et cet article de 1879 on note quelques changements : la bretelle de 930 mm a disparu, la patelette en feutre serait de forme plus simple, le fil de la boucle est passé de 3 à 4 mm.

Peut-être la brassée de bretelles de "Moblot70" pourrait-elle apporter confirmation des cotes du bouton. Je pense que pour équiper un Lebel il faudrait privilégier la version de 1879.

Le Fusil Lebel et ses Bretelles

La question de la bretelle réglementaire du Lebel dans les années 1914-1920 est un sujet d'intérêt pour les collectionneurs. Bien que les bretelles soient souvent considérées comme un aspect secondaire de l'armement, leur authenticité est importante pour les collectionneurs souhaitant monter la bretelle correspondant à leur Lebel.

Évolution des Boucles et des Matériaux

La boucle simple en laiton avec ardillon (bretelle Mle 1863) était utilisée sur le Lebel avant 1907. Au début de la période 14-18, la possibilité d'une boucle double en laiton est apparue sur le Lebel et le Berthier. En 1940, une boucle double en acier a été introduite. Après 1960, le cuir jaune "au chrome" a remplacé l'ancien cuir naturel "au tanin".

Tableau Récapitulatif des Bretelles de Fusil Lebel/Berthier

Période Type de Boucle Matériau du Cuir
Avant 1907 Simple en laiton avec ardillon (Mle 1863) Cuir naturel
Début 14-18 Double en laiton Cuir naturel
En 1940 Double en acier Cuir naturel
Après 1960 Double en acier Cuir jaune "au chrome"

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