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Le bouclier n'est pas un concept nouveau. Il est si ancien que ses origines sont perdues dans l'histoire. Les boucliers sont clairement visibles dans les sculptures de Sumeria, d'Ur et de Babylone. Les peltastes grecs étaient nommés d'après leurs boucliers, les peltae, qui ressemblaient souvent à des boucliers. Les gladiateurs romains, appelés Hoplomachi, étaient équipés de boucliers qu'ils utilisaient souvent comme armes offensives.

À mesure que l'ère de la poudre à canon et des duellistes s'est transformée, certains diraient même déviée, en une ère de guerre industrialisée, les boucliers sont progressivement tombés en désuétude et ont fini par disparaître complètement. Les boucliers balistiques modernes ne leur doivent rien, ni dans leur forme ni dans leur fonction.

Le Gilet Pare-Balles : Histoire et Évolution

Au quotidien, le gilet pare-balles (GPB) est un équipement essentiel des forces de l’ordre et des militaires. Désormais discrète, confortable et ergonomique, cette protection balistique a connu de nombreuses évolutions en 3000 ans, facilitant ainsi aujourd’hui son port.

Qu’est-ce qu’un gilet pare-balles ?

Un gilet pare-balles est un équipement de protection balistique, parfois connu sous la dénomination de porte plaques (Plate-carrier). Il protège le torse, le dos et l’abdomen contre les tirs d’armes à feu. Il agit comme un bouclier contre la pénétration d’une balle ou d’un projectile de petite taille, en absorbant l’énergie à l’impact.

En fonction des situations nécessitant le port du GPB, il existe 2 types de gilet :

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  • Le gilet discret: Comme une seconde peau, il est porté sous les vêtements de ville ou les uniformes. Composé d’une succession de couches de tissus, il est conçu pour protéger contre les armes de petit calibre.
  • Le gilet tactique: Cette protection, portée par-dessus les vêtements, est conçue pour les commandos et les militaires sur les théâtres de guerre. Elle comporte plusieurs poches pour transporter des petits équipements tels que les chargeurs et la trousse de secours. Semi-rigide et rigide, elle incorpore des matériaux durs (la céramique et des métaux) pour stopper les balles de plus gros calibre.

Hormis les avancées technologiques et l’utilisation de matériaux plus résistants, la conception des gilets pare-balles repose toujours sur le même principe.

De l’armure au GPB : évolution de la protection individuelle

Le besoin de se protéger est apparu avec la sédentarisation aux alentours de 9000 ans avant JC. Les bagarres pour défendre les troupeaux, les récoltes et son territoire, deviennent d’âpres batailles.

Au fil des siècles et des conflits, l’Homme a su créer des armes de guerre, toujours plus performantes. En même temps, il a dû mettre au point des équipements de défense, plus ou moins efficaces. Ainsi, selon les époques, plusieurs matériaux ont été testés : bronze, fer, acier, os, écorce, cuir bouilli, lin, soie ... L’utilisation des métaux avait de nombreux inconvénients comme le poids plus de 5kg, l’entretien, le coût et une fabrication sur-mesure.

Des techniques du passé toujours d’actualité

Dès le Vie siècle, le lin a su sortir son épingle du jeu, en obtenant des résultats exceptionnels avec le linothorax. Il s’agit d’une cuirasse composée entre 10 et 30 couches de tissus comprimés. Simple et impénétrable, cette protection est capable de stopper 250 joules d’énergie, soit un 22LR moderne.

Par la suite, pour des questions de production, le lin est remplacé par de la laine feutrée. Sous forme de couches cousues, elles sont ensuite traitées dans un bain de vinaigre. Un procédé qui ressemble au principe actuel de la fabrication des protections balistiques avec un traitement chimique des fibres.

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Mais c’est une innovation celte qui fait penser aux gilets pare-balles actuels. Associée à un gambison (gilet matelassé sans manche), cette combinaison permet une facilité de mouvement et une protection performante.

Le XIXe siècle, le tournant du gilet pare-balles

C’est au XIXe siècle que l’histoire du gilet pare-balles commence véritablement, avec l’utilisation de la soie. C’est le docteur George Emey Goodfellow qui découvre les propriétés de ce textile. En soignant des blessés par balle portant de la soie, il constate :

  • Sa résistance à la pénétration
  • Sa légèreté
  • Sa propension à limiter la gravité des blessures.

20 ans après cette découverte, c’est en 1909 que sortent les premiers gilets pare-balles en soie, mais à l’efficacité limitée aux petits calibres. Pour y pallier, les recherches se poursuivent, notamment lors des 2 guerres mondiales. Ainsi, sur les théâtres de guerre, les soldats sont équipés de plastrons d’acier ou d’armures pour l’infanterie, malheureusement encombrants et lourds.

Plusieurs solutions de gilets sont développées à partir de plaques de métal ou de céramique aux couches capitonnées de coton. Leur avantage en plus de la performance, est leur discrétion. L’arrivée du nylon offre une protection contre les armes de poing de l’époque.

Le kevlar, la fibre révolutionnaire

Le Kevlar, est une fibre synthétique mise au point dans les années 1970 par Stéphanie Kwolek. Initialement conçu pour renforcer les pneus, ce matériau est plus fort que l’acier. La société DuPont propose alors des gilets pare-balles conçus dans cette matière. Ils sont d’une grande efficacité, contre les fusils, armes de poing et contre les grenades. D’autant plus si le Kevlar est combiné à des plaques d’acier ou de titane. Ces premières vestes sont donc les ancêtres des gilets actuels.

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Ces protections ont la particularité de ne pas dévier les balles. Elles stoppent les projectiles, en absorbant leur énergie cinétique, en la redistribuant sur le corps, et en déformant la munition. Parallèlement, un gilet entièrement Kevlar est mis au point par un restaurateur, offrant une solution plus légère.

Les années 2000, un bond vers l’armure du futur

Depuis les années 2000, les efforts intensifs dans la recherche et le développement permettent de disposer de protection balistique très performante.

La prochaine génération semble s’inspirer du temps des chevaliers avec une armure intégrale recouvrant le visage.

Bien entendu, elle sera peut-être construite à partir de matériaux alliant les nanotechnologies ou de la soie d’araignée génétiquement modifiée. Un exosquelette décuplant les capacités physiques du porteur sera incorporé pour compenser le poids encore très élevé de ces équipements, sans parler de la mobilité.

En attendant cette innovation, les forces de l’ordre national disposent de protections performantes pour affronter des situations dangereuses.

Le gilet pare-balles en France

Longtemps réservé aux militaires et aux commandos, le gilet pare-balles est devenu aujourd’hui, une protection incontournable des forces de l’ordre. Alors qu’aux Etats-Unis, les policiers disposaient de GPB depuis les années 80, les policiers et gendarmes français ont dû attendre 2002.

Avant cela, le port d’un gilet par balle n’était pas obligatoire, le porter était une initiative personnelle. Un jour, un policier s'est fait tirer dessus et a survécu grâce à son GPB discret, un modèle GK. Un incident qui a marqué les donations d’équipements, en rendant obligatoire le port du gilet pare-balles.

En effet, le gouvernement a décidé d'équiper tous les policiers d'un GPB de dotation, ainsi que les gendarmes. Depuis 2014, le gilet pare-balles est mentionné dans les équipements autorisés des policiers municipaux.

Le Bouclier Balistique "Ramsès" au Bataclan

Dans la nuit du 13 novembre 2015, la BRI pénètre dans le Bataclan et libère les otages au moyen d’un imposant bouclier roulant baptisé « Ramsès », raconte « Le Figaro ».

Il est 22 h 20, ce vendredi 13 novembre 2015, quand une quinzaine de policiers de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) pénètrent pour la première fois dans le Bataclan. Un peu plus tôt dans la soirée, un commissaire de la Bac et son chauffeur sont parvenus à abattre l’un des terroristes.

Les deux islamistes se sont retranchés au premier étage de la salle de concert, dans une loge, en compagnie de onze otages. Un véritable casse-tête pour les hommes de la BRI, qui circulent dans un étroit couloir. Derrière la porte à laquelle ils font face, les terroristes se servent des otages comme d’un bouclier humain. Jusqu’à 0 h 18, un négociateur tente d’obtenir la reddition des djihadistes - sans succès.

Ramsès roulant

Il faut donc entrer. Impossible pourtant de tirer en premier, de peur d’atteindre des otages. Les hommes de la BRI vont devoir encaisser une première attaque des deux terroristes. Et pour tenir, ils pourront compter sur « Ramsès », un imposant bouclier haut de 1 m 80 et pesant 80 kilos. Conçu sur demande du Raid, il consiste en une très épaisse plaque de Kevlar de la taille d’une porte et circulant sur roues.

« Intervenir en poussant une porte dans un couloir pour neutraliser des terroristes réfugiés derrière des otages, c’est vraiment pas une bonne idée », se souvient le commissaire Christophe Colmy, patron de la BRI à l’époque. Comme il l’a expliqué à Ouest-France en septembre dernier, l’ancien policier en est pourtant toujours persuadé : « C’était pourtant la moins mauvaise des solutions pour sauver des vies. »

Trois minutes

Les faits lui ont donné raison. Cachés derrière Ramsès, les policiers de la BRI enfoncent la porte. Les otages ont alors le « réflexe salvateur » de plonger au sol. Sans hésiter, les djihadistes ouvrent le feu, vidant deux chargeurs de Kalachnikov en direction des policiers. Touché à 27 reprises, Ramsès fait son office et encaisse les coups pour les policiers - seul l’un d’entre eux est blessé à la main par un éclat de balle.

Les hommes de la BRI progressent, en poussant Ramsès devant eux. Derrière eux, les otages commencent à s’échapper par grappe, bien aidés par les hommes en queue de colonne. Soudain, le colossal bouclier bascule vers l’avant, emporté par son poids et une petite marche invisible pour les policiers. À découvert, ces derniers continuent pourtant à progresser, et parviennent à éliminer les deux terroristes. L’ensemble de l’opération a duré trois minutes. « Les gars ont fait un super boulot », se félicite Christophe Colmy dans les colonnes de Ouest-France. Ils ont tous été décorés.

Le Retour du Bouclier dans les Tranchées

Avec la guerre en Ukraine, les tranchées ont fait leur retour, ce qui, pour l’armée de Terre, « invite à s’interroger sur leur utilisation » car « s’enterrer, c’est se protéger des éclats d’obus pour ensuite mieux attaquer un ennemi désavantagé », ce qui est un « atout dans un combat défensif contre un ennemi symétrique ».

Si la guerre de tranchées est de nouveau d’actualité, un autre équipement pourrait l’être également : le bouclier. Cette arme défensive a été délaissée depuis longtemps, faute de pouvoir protéger efficacement le combattant débarqué contre la puissance des armes à feu. Certes, certaines unités spécialisées [forces spéciales, unités antiterroristes, forces de l’ordre] en sont équipées pour des usages particuliers.

D’où les expérimentations menées actuellement par la Section technique de l’armée de Terre [STAT], avec le soutien de la Direction générale de l’armement [DGA]. Ainsi, le laboratoire du centre d’expertise et d’essais DGA Techniques terrestres [DGA TT] est sollicité pour étudier le comportement et évaluer les performances d’un bouclier qui, conçu par la société KnightShield, passe pour être « léger et maniable ».

Les travaux portent sur sa capacité à protéger le combattant débarqué contre les « menaces balistiques petits calibres » et les « projections de débris ». Le laboratoire de la DGA TT « permet d’évaluer l’ensemble des moyens de protection du fantassin débarqué [casque, gilet, bouclier, etc.]. Les méthodes et moyens de mesures déployés permettent de calculer et de vérifier avec précision la vitesse d’incidence des munitions et projectiles afin de connaître le niveau de protection de la solution dans son domaine d’emploi », expliqué la DGA.

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