L'artillerie se compose de différents types de pièces, chacune ayant un rôle spécifique :
À l'issue de la seconde Campagne d'Italie (1800), le Premier Consul Napoléon Bonaparte institue le 29 décembre 1801 un "Comité de l'artillerie", présidé par le général François Marie d'Aboville, chargé de moderniser et de simplifier ce système. Ce comité publiera le 2 mai 1803 le résultat de ses travaux, connu sous le nom de "système de l'an XI".
Elle comprend les matériels destinés à être employés lors de batailles en rase campagne. L'acheminement et la mobilité des armes sur le champ de bataille sont essentiels, c'est pourquoi ce service recourt aux pièces les plus maniables. Pour des questions de poids, la pièce de 4 livres est d'abord affectée aux divisions d'infanterie et celles de 8 et de 12 livres aux unités de réserve.
Ayant pour rôle d'appuyer les sièges des places fortes, elle dispose de munitions propres à la destruction des fortifications, notamment des boulets fusants. Le mortier de 12, utilisé par exemple lors du siège de Dantzig en 1807, est la pièce d'artillerie la plus puissante de l'époque napoléonienne. Monté sur un affût composé de deux flasques en fonte de fer reliées par des entretoises en bois, il tire des bombes de plus de 70 kilogrammes.
Destinée à équiper la défense des places fortes, elle est composée des mêmes pièces que l'artillerie de siège. La différence réside dans les affûts, adaptés aux fortifications qu'elle protège, conçus pour tirer au-dessus des parapets et non par des embrasures.
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L'artillerie de côte assure la défense du littoral et des ports. Les cibles qu'elle vise sont par nature difficiles à atteindre puisqu'il s'agit de navires en mouvement sur lesquelles elle tire à longue distance. Elle utilise donc des pièces puissantes : canons de marine de 36 et 18 livres, canons de 24, 16 et 12 livres et mortiers de 12 pouces.
Le problème de leur déplacement ne se posant pas, elles sont montées sur des affûts massifs, composés essentiellement de bois et comportant peu de ferrures, afin d'éviter leur détérioration par l'atmosphère marine. Leur système de pointage est adapté au tir sur des cibles mouvantes. L'affût est posé sur un châssis qui peut se déplacer latéralement grâce à un système de roues.
La plupart de ces pièces sont les mêmes que celles en usage dans l'artillerie de siège ou surtout la marine. Le mortier de 12 pouces, toutefois, se singularise par sa chambre tronconique qui minimise le vent et améliore à la fois la portée et la précision.
Après 1803, le système dit de l'an XI, introduit l'usage du mortier à plaque, moins maniable mais plus précis. Le boulet rouge, d'une manipulation plus aisée qu'en mer, est largement utilisé. Certains fours à boulet, en pierre, sont dimensionnés pour porter à incandescence simultanément plusieurs centaines de projectiles.
Les spécificités du service de côte justifient la création d'un corps d'artilleurs spécialisés : les canonniers garde-côtes. Malencontreusement supprimé par la Révolution en 1791, il est restauré par le Premier consul en 1803. Ses effectifs vont croissants au fur et à mesure de l'allongement des frontières maritimes de l'Empire.
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La gamme des canons de marine se décline en fonction du poids des boulets pleins en fer tirés par les différentes pièces : 36, 24, 18, 12, 8, 6 et 4 livres. La plupart de ces canons ne sont pas en bronze, comme leurs homologues terriens, mais en fonte de fer, bien que ce matériau soit moins résistant et plus dangereux en cas d'explosion de la pièce.
Toutefois, son bruit moins sujet à provoquer la surdité des canonniers, mais aussi son coût moins elevé, compensent ces défauts. Il faut en effet avoir en tête qu'un vaisseau de ligne, à lui seul, aligne presque autant de canons que toute la Grande Armée à Austerlitz.
Quelques rares pièces de 24 ou 18 livres, les obusiers de pont (ou de vaisseau) de 36 Modèle 1787, les pierriers, les espingoles, font exception en restant coulés en bronze. L'obusier de pont, également appelé caronade en bronze, fait son apparition dans la marine française en 1787. Il est dérivé des obusiers terrestres de Gribeauval.
Il est au départ prévu pour tirer des obus (boulets cylindriques creux munis d'une charge explosive). Toutefois, sa manipulation étant rapidement jugée trop dangereuse, l'obus sera en fait très vite remplacé par des boulets pleins et des boîtes à mitraille. La gamme d'obusiers de 36, 24 et 18 livres initialement envisagée restera un projet.
A partir de 1801 (ou 1804), sous l'impulsion de Napoléon et de son ministre de la marine, Denis Decrès, on commence à produire des caronades en fer, copiées sur celles que les Anglais fabriquent depuis 1774. Deux calibres sont prévus : le 36, destiné aux vaisseaux et le 24, pour les frégates. Ces caronades, dites de l'an XIII, sont destinées à remplacer les obusiers de pont.
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Les espingoles et les pierriers (ou perriers) constituent l'artillerie légère. Tous deux tirent des boulets pleins d'une livre ou des boites à mitraille, remplies de balles de plomb. L'espingole est plus légère. Elle pèse aux alentours de 20 kilogrammes, et son tir est déclenché par une gâchette actionnant la platine à silex, à l'instar d'un mousquet. Le pierrier est un canon en réduction, d'environ 80 kg. Les deux armes nécessitent un support, appelé chandelier.
Les canons de 8, 6 et 4 livres ne sont installés que sur le pont supérieur, les gaillards et la dunette des vaisseaux de ligne et des frégates. Mais on les trouve aussi sur les unités plus légères, tels que corvettes ou bricks. L'obusier de vaisseau, dont le diamètre intérieur est de 169 mm, la longueur de 843 mm et le poids de 350 kg, est une pièce courte et légère.
Le fusil d'infanterie modèle 1777, conçu par l'ingénieur Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval, est l'arme principale du fantassin. Il est produit initialement à la manufacture d'armes de Charleville dans les Ardennes, puis au cours de l'Empire, aux manufactures impériales de Saint-Étienne, de Roanne, de Tulle, de Maubeuge, de Versailles, de Mutzig, de Culembourg en Hollande et de Turin en Piémont.
Sans la baïonnette, il mesure 1,515 m et pèse, à vide, 4,5 kilogrammes. Il s'agit d'un mono-coup à chargement par le canon, qui tire à la vitesse de 420 mètres par seconde des balles sphériques de 16,54 millimètres pesant 27,2 grammes, cela à raison de deux à trois tirs par minute. Sa portée peut atteindre 250 mètres (100 à 150 mètres en pratique). Il est réputé pour sa robustesse.
Défini par le réglement du 7 juillet 1786, sa version simplifiée en 1792 (dite "numéro 1") est produite à 6000 exemplaires jusqu'en 1800 et sert jusqu'en 1810. Il mesure 1,065 m à 1,082 m selon les lots et pèse, à vide, environ 3 kilogrammes. Il s'agit là encore d'un mono-coup à chargement par le canon. De calibre 17,1 mm, il tire des balles sphériques pesant 29 grammes. Dès les premières années de la Révolution, cet ancien modèle est remis en service avec quelques modifications, sous le nom de "modèle n°1".
Long de 402 mm pour une longueur de canon de 230 mm, pesant 1,220 kilogramme, il est fabriqué par paire afin que les cavaliers puissent garnir les deux fontes de leurs selles, à la Manufacture de Libreville. Il s'agit d'un mono-coup à chargement par le canon, qui tire des balles sphériques en plomb de 16,5 mm (poids: 27,2 g), cela à raison de deux à trois tirs par minute. Cette évolution, qui outre Charleville sera produite à 80 000 exemplaires jusqu'en 1808 dans les manufactures de Maubeuge, Saint-Etienne, Versailles, Tulle, Mutzig et Turin, est un peu plus courte (352 mm de long, canon de 207 mm) et légèrement plus lourde (1290 g). Sa principale amélioration consiste en un système permettant de maintenir le canon de façon plus ferme.
Les armes destinées à équiper les combattants sont pour l'essentiel fourbies par la manufacture d'armes blanches de Klingenthal en Alsace. Le sabre est, sur le champ de bataille ou sur mer, une arme particulièrement efficace, létale ou vulnérante tant en coups de pointe (estoc) qu'en coups de taille.
Rendu règlementaire sous l'Ancien Régime (1767), le sabre dit "briquet" à lame courbe équipe initialement les grenadiers, puis sera en dotation chez les sous-officiers, les caporaux, les soldats des troupes d'élite, les tambours et musiciens, ainsi que les fourriers. Plus tard il équipe la Garde Consulaire puis Impériale.
En ce qui concerne les armes d'officier, il n'existe en pratique aucun modèle réglementaire. Les mamelouks de la Garde Consulaire puis Impériale sont dotés d'un sabre à lame courbe, à l'orientale, délivré par la manufacture de Versailles (la lame étant forgée à Klingenthal). Sa poignée en bois est recouverte de basane ; sa monture est en laiton, à calotte arrondie et percée pour le passage de la dragonne, la garde à oreillons possède deux quillons droits à pans boulés ; la lame courbe est à dos plat et à contre tranchant. Le fourreau en bois est recouvert de basane en cuir et garnitures en laiton ; sa chape est ouverte sur le dos pour aider le passage de la lame.
Le modèle 1811, manufacturé à Klingenthal, possède une garde en fer noirci à la poix, une coquille pleine constituée d'une tôle d'acier, un quillon en forme de palmette à cinq reliefs, une calotte et une poignée en bois de coupe octogonale gainées de tôle. Sa lame à un pan creux a une largeur de 37 millimètres au talon, et une longueur de 67,8 centimètres. Le fourreau est en cuir avec deux garnitures en laiton. Le poids du sabre est de 1,018 kilogramme, celui du fourreau de 265 grammes.
Le 1er régiment de chevau-légers polonais de la Garde impériale, créé en 1807, se voit doté deux ans plus tard d'une lance de 2,75 mètres, constituée d'un fer plat de 38 centimètres à double tranchant, muni d'une boule arrêtoir, enmanché dans une hampe en hêtre noirci, laquelle se termine par un sabot de 10 centimètres ; sous le fer est fixée par trois vis une flamme rouge et blanche.
En 1810, est créé le 2ème régiment de chevau-légers lanciers de la Garde (surnommés "lanciers rouges"), composé essentiellement de Hollandais, qui se voit lui aussi doté d'une lance similaire. En 1811, les chevau-légers lanciers se voient dotés d'un nouveau modèle de lance, dit "à la française" ; longue de 2,65 mètres, elle se compose d'un fer plat de 21,6 ce...
15% des munitions tirées, mouillées ou larguées pendant la Deuxième Guerre mondiale n’ont pas explosé. Leur découverte et leur neutralisation s’étireront sur plusieurs siècles. Dans l’attente, elles constituent un risque majeur pour l’environnement et pour la sécurité publique.
En Allemagne, les experts en déminage sont réalistes et considèrent que “jamais ne viendra le temps de la dernière bombe”.
Les inondations, les coulées de boue, l’érosion des falaises, les vagues de submersion vont remettre en mouvement l’armée des obus oubliés. Les cours d’eau en mal d’eau vont de plus en plus remettre au jour les déchets de guerre lessivés.
Mise à jour du 5 sept. 2024 : De l’utilité des sangliers : ils ont mis au jour à Burcy à une cinquantaine de kilomètres au sud de Caen, dans l’allée menant au château du Coisel, un stock de 500 obus fumigènes éclairants, toxiques et explosifs abandonné par les troupes alliées après la reconquête de la Normandie en 1944. La mise en sécurité a été accomplie le 20 août par les démineurs venus de la région de Caen.
En mer, la porte est souvent ouverte et les épaves ne font pas toutes l’objet d’un arrêté interdisant la plongée sous-marine et l’exploration. Lorsqu’ils existent, les distances de sécurité entre les plongeurs sous-marins et l’épave sont très variables voire inexistantes. Au moins 2 épaves contenant des munitions font même l’objet de fiches du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-marines (DRASSM) et de la région Normandie facilitant leur exploration.
Exemples d'épaves contenant des munitions :
Si l’artillerie avait connu de grandes évolutions au cours du XIXe siècle, la Première Guerre mondiale allait entraîner une transformation rapide. L’enlisement du conflit et sa conversion en guerre de positions sur le front ouest change les besoins stratégiques.
Chaque pays engagé dans le conflit était équipé différemment au début du conflit. Par exemple, si la France disposait de canons de 75, elle disposait de peu d’artillerie lourde, dont le besoin allait pourtant rapidement se faire sentir.
Au début de la guerre, l’Allemagne dispose d’une artillerie de campagne nombreuse et d’une artillerie lourde puissante, le tout mobilisant 280 000 hommes. Cependant, elle constate rapidement les limites des canons de campagne et ses besoins en artillerie lourde.
En 1914, les Russes pouvaient profiter de l’expérience accumulée dans l’artillerie au cours de la guerre Russo-Japonaise (1904-1905). Cependant, elle s’avèrera trop peu nombreuse par rapport à celle des adversaires allemands et austro-hongrois. Qui plus est, la production d’obus ne suit pas la consommation, notamment de la fin 1914 à l’hiver 1915.
Les artilleurs de tous les camps ont été confrontés aux mêmes difficultés imposées par les tranchées. Pour atteindre une tranchée depuis une autre tranchée, il faut pouvoir réaliser un tir en cloche. Les Allemands, eux, disposaient déjà de pièces d’artillerie à tir courbe adaptées au combat de tranchées : les Minenwerfer (lance-mines), développées au départ pour attaquer des fortifications ou camps retranchés depuis des tranchées d’approche.
C’est à partir de janvier 1915 que l’infanterie française peut commencer à être appuyée par une artillerie de tranchée puissante et mobile. C’est en effet à ce moment que sont introduits les mortiers de 58 mm T n°1, n°2, puis n°1 bis, qui projettent des bombes à ailettes avec un rapport masse totale/masse explosive très avantageux.
Une équipe de sept démineurs est à pied d'oeuvre toute la semaine pour sécuriser les douves du fort de Petite-Synthe. L'opération de déminage a commencé depuis à peine vingt minutes, quand Gilles Soreau, l'un des plongeurs de la sécurité civile, surgit de l'eau des douves avec, dans les bras, un obus de 75 datant de la seconde guerre mondiale. "Il n'a pas été tiré, toutes les sécurités sont encore en place, explique le démineur. Mais il y a là dedans près de 500 grammes d'explosif, ça peut être dangereux si c'est manipulé sans précaution."
L'explication remonte au 4 juin 1940. La ville de Dunkerque capitule devant l'avancée de l'armée allemande. Les armées françaises et britanniques sont défaites: c'est la débâcle. Mais le fort de Petite-Synthe est toujours tenu par une garnison française. Qui va bientôt, à son tour, se rendre. Mais pendant la négociation de leur réddition, les soldats français démantèlent rapidement tout le matériel du fort, pour que les armes ne soient pas récupérés par l'ennemi: ils parent au plus pressé, et ils jettent leurs fusil, leurs cartouches, leurs pièces d'artillerie et balancent leurs obus... dans les douves, juste à l'entrée du bâtiment fortifié.
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