Le MAS 36 est une arme largement répandue et utilisée au cours de la guerre d’Indochine et de la guerre d’Algérie. Il sera en service en France ainsi que dans de nombreuses anciennes colonies françaises en Afrique ou encore au Laos et au Cambodge. Ce fusil est remplacé dans les années 1950 par le fusil semi-automatique MAS-49.
La conception d’un nouveau fusil, après la première guerre mondiale et pour arriver au fusil MAS 36, fut assez longue et est issue originellement de la volonté de remplacer le calibre 8x50R utilisé par le Lebel modèle 1886/93 (ou encore le fusil FM CSRG 1915 Chauchat) utilisé à ce moment-là. En effet, la forme particulière de cette munition de 8x50R avait montré ses limites lors de son utilisation en particulier dans le FM CSRG 1915 Chauchat.
Dans les années 1920, la cartouche de 7,5x58 est adoptée mais vite remplacé en raison d’une trop grosse ressemblance avec la cartouche du Mauser et également suite à de nombreux incidents de tir dans le fusil le FM 1924. Des 1921, différentes études sont faites au sein de plusieurs manufactures d’armes pour proposer diverses sortes de fusils chambrés dans un premier temps par la cartouche de 7,5x58 puis par la cartouche de 7,5x54. Ce changement de munition va augmenter encore les délais puisque les prototypes et les plans doivent alors être modifiés en fonction.
C’est à partir de 1928 que les premiers prototypes d’armes sont essayés en corps de troupe. Et c’est en 1932 que ces prototypes d’armes subiront les derniers tests pour retenir parmi eux, le fusil nommé « MAS ». Ce nouveau fusil français est exclusivement fabriqué par la Manufacture d'armes de St-Etienne, d’où son acronyme « MAS » et le chiffre « 36 » pour l’année de son adoption en France.
Deux modèles de MAS 36 se succèdent : Le MAS 36 dit de premier type qui est produit à la veille du deuxième conflit mondial, et le MAS 36 dit de deuxième type qui en 1944 subit quelques changements.
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Au moment de l'adoption du MAS 36 dans le milieu des années 30, une étude a été entrepris afin de proposer un dérivé en calibre 22lr pour l'enseignement des bases du tir au conscrit. Mais le projet resta sans suite jusqu'en 1940. La défaite laisse l'armée exangue et surtout sans possibilité d'avoir un stock de fusil. C'est à cet instant que le projet de MAS 36 de petit calibre refait surface. Il est adopté en 1941. Le nombre d'exemplaire produit reste un mystere. 10, 20 , 30 000 ? On ne sait pas trop.
Qu'est ce que ce projet de MAS 36 en petit calibre ? C'est tout simplement un MAS 36 dans lequel le canon est remplacé par un canon de 22lr. Mais sa particularité est de faire appel à une cartouche relais pour l'alimenter en 22lr. Cette cartouche relais a toutes les dimensions de la 7.5X54. Le but de la manoeuvre ? Pouvoir avoir une arme qui peut etre reconverti aisement en calibre normal par simple echange du canon. En effet hormis le canon en 22lr, le reste est un MAS 36 normal y compris la culasse.
On peut meme alimenter l'arme avec des lames chargeurs standards
Dans les années 90, l'armurier Cavaleti (qui est toujours en activité), a converti un certain nombre de MAS 36 issus des stocks de la Gendarmerie en MAS 36 TR. Le canon a été profilé au cote du canon de MAS 36 TR. Le barreau provient de barreau prevu pour le MAS 45. Ces MAS 36 TR ce distingue par le fait qu'ils ont tous pour base un MAS 36 second type: baionette, anneau de grenadiere, hausse sont tous du type 2 alors qu'un vrai MAS 36 TR est composé de pieces de MAS 36 type 1. Malgré le manque d'historicité c'est une piece interessante car Cavaletti n'a fait qu'un nombre réduit d'exemplaire.
Le tir avec une seule cartouche est particulierement pénible. Pour bien comprendre, il faut se rappeler le principe de la cartouche relais. C'est une "douille" dans laquelle on glisse la cartouche de 22lr. On visse ensuite une base qui contient le percuteur annulaire. Au tir, le percuteur normal vient frapper l'arriere de la cartouche relais impulsant un mouvement au percuteur annulaire. Apres le tir, il faut extraire la douille de 22lr. Pour cela on devisse la partie arriere et on doit chasser la douille vide qui a gonflé dans la cartouche relais avec les moyens du bords.
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La douille tirée ressemble à une douille de 5.5X6mm annulaire car elle gonfle donnant une espece de forme bouteille. Vous vous rendez compte que l'operation est longue surtout avec une cartouche relais unique.
La culasse entièrement phosphatée est assez basique : Dans sa partie arrière, elle comporte deux tenons de verrouillage et ne se compose que de 5 éléments dont le corps de la culasse, le bouchon arrière, le percuteur, le ressort du percuteur et l’extracteur. La culasse est de forme cylindrique avec un levier d'armement coudé.
Le démontage de la culasse se faisant sans outils et extrêmement facilement. Pour extraire cette dernière, il suffit de maintenir la détente pour abaisser l’arrêtoir et de la tirer vers l’arrière, comme sur la plupart des carabines à verrou. En maintenant fermement cette dernière, il faut enfoncer le bouchon arrière et le tourner dans le sens de la flèche, ce dernier sort en libérant ressort et percuteur.
Le jeu fonctionnel de la culasse dans son maxi ne doit pas dépasser 0,60 mm. La culasse et le boîtier sont de même numéros. Est qu’il y a un excès de jeux fonctionnel ? Par contre c'est marqué dans le livre " le jeu doit disparaître une fois la cartouche est engagée dans la chambre culasse fermée".
Voici quelques mesures du jeu fonctionnel relevées sur différents modèles de MAS 36 :
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Sur le "M" c'est 0.50 en tirant le corps de culasse à l'arrière, et 0.0 en le poussant (l'embase du levier bute contre le pont AR). C'est un fusil qui "semble" neuf mais qui serait plutôt "reconditionné", au vu des petits gnons recouverts de phosphatage ; et il est recanonné en 243 Winch. J'ai examiné les tenons de verrouillage, où l'usure de la phosphatation montre qu'un tenon ne porte fortement que sur la moitié de sa surface, l'autre tenon sur le quart. Soit un appui sur 3/8 de la surface possible (j'ai vu pire sur une carabine de TLD neuve à près de 10 000 euros).
Sur le "Q" (30-284, canon d'origine) c'est aussi 0.50 en tirant la culasse, mais en la poussant il reste 0.10 de jeu, soit un jeu réel de 0.40 (j'ai pas cherché où ça butait, il m'aurait fallu du noir de fumée bien salissant).
| Modèle | Calibre | Canon | Jeu Fonctionnel (mm) |
|---|---|---|---|
| FRF2 | 7,62 N | GIAT | 0,10 |
| MAS 36 (Premier Modèle) | 7,50 x54 MAS | Original | 0,25 |
| MAS 36 (FRG1) | 30-284 | GIAT | 0,40 |
| MAS 36 (Recanonné) | 7-08 | - | 0,40 |
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