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La bande dessinée (BD), un format hybride mêlant narration graphique et texte, attire des créateurs passionnés qui cherchent à proposer des œuvres originales. L'auto-édition, via des plateformes numériques ou l'impression à la demande (POD), démocratise l'accès au marché. Cependant, les défis sont nombreux, notamment la gestion des illustrations haute résolution et la mise en page séquentielle complexe.

L'acquisition du trait

L’acquisition, c’est aussi un métier : bien scanner, avoir un document qui soit vraiment très bien à plat, avec du poids dessus. On peut très bien avoir un super scanner, mais avoir des scans qui manquent de netteté, qui manquent de tout un tas de choses, et là c’est foutu, on ne peut pas rattraper. Beaucoup d’auteurs scannent eux-mêmes mais n’aiment pas ça.

Voici quelques conseils pour l'acquisition du trait :

  • Scanner de qualité : Investir dans un scanner de qualité est essentiel pour capturer les détails de l'œuvre originale.
  • Préparation du document : Assurez-vous que le document est bien à plat lors du scannage pour éviter les distorsions.
  • Résolution : Scanner le trait en 1200 dpi, une résolution suffisamment importante pour que ça ne pixellise pas à l’impression.

Travailler sur le bon écran

Déjà, regarder une même page sur plusieurs écrans différents permet de bien se rendre compte. Et quand on en fait beaucoup, on a des choses dans le regard par rapport aux albums qu’on a imprimés, on connaît les pièges, par exemple ne pas mettre de couleurs trop noires, sinon la couleur est enfoncée à l’impression. La première étape c’est bien de régler la température de couleurs : beaucoup d’écrans ont une température de couleurs très élevée, ça donne des couleurs très brillantes, donc c’est bien de ne pas avoir un écran trop lumineux.

Voici quelques conseils pour travailler sur le bon écran :

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  • Écran professionnel : Clairement, l’écran professionnel Eizo à 1200€, c’est idéal, mais c’est compliqué pour beaucoup ! Malgré cela, on trouve pas mal d’écrans moins chers qui permettent de régler finement et d’avoir un résultat satisfaisant.
  • Température de couleurs : Bien régler la température de couleurs.
  • Sonde de calibration : Ensuite si on peut investir dans une sonde, c’est idéal.
  • Paramètres RVB et CMJN : Et l’autre solution, c’est de bien régler ses paramètres, pour contrôler que tes couleurs RVB elles existent, elles ont une correspondance en CMJN : ça te permet de contrôler que tu n’as pas mis un bleu qui est trop bleu.

Vérification et correction des couleurs

Vient ensuite le travail de vérification des couleurs et de corrections. Mais ça suppose que l’éditeur ait aussi un écran calibré… S’il regarde ça sur son poste de travail basique, ça ne sert pas à grand-chose… Quand on est coloriste, on travaille avec un dessinateur et un scénariste. J’ai investi dans du matériel, mais quand j’envoie à mon dessinateur et mon scénariste, je ne sais pas du tout quels écrans ils ont pour me valider les couleurs, donc parfois je croise les scénaristes, surtout, qui ont des petits portables avec lesquels ils écrivent, avec des écrans pas possibles. Et quand ils ouvrent la page, que je vois ça, je comprends pourquoi ils trouvent les couleurs fades.

De notre côté on a mis en place quelque chose qui existe depuis très longtemps dans la presse, c’est de la validation chromie en ligne. On a des écrans professionnels (Eizo) qui permettent de visualiser les couleurs correctement et le rendu que ça va avoir du papier. Derrière on a un logiciel qui permet de mettre en ligne le pdf avec le profil papier. Et le logiciel permet de faire le lien entre le profil papier et le profil de l’écran, pour voir dans de bonnes conditions sur un écran calibré. Nous on fait de plus en plus de projets comme ça.

Mais à un moment donné il est indispensable de faire une épreuve papier, parce que même avec un écran professionnel récent bien calibré, on continue à regarder quelque chose avec une luminosité qu’on ne va pas avoir en imprimé ; et les épreuves, c’est ce qui fait contrat entre nous et l’imprimeur. Donc si on n’envoie pas d’épreuves pour l’impression d’un livre en couleurs, généralement l’imprimeur se couvre en nous disant qu’en l’absence d’épreuves il se cale aux normes : c’est une manière pour lui de se couvrir, puisqu’il n’a pas de référence pour travailler…

Les qualités de papier

Par ailleurs, l’un des enjeux dont on a relativement peu parlé jusque-là est la question du papier et des qualités de papier utilisées… au moment où on sort des épreuves, le support prend toute son importance : entre un papier couché qui va être surfacé, et un papier non couché, une même image va présenter des images de taille, et offrir des appréhensions de la couleur totalement différentes. À l’intérieur de ces familles de papier, depuis 2017, il y a une mode de papiers très blancs et pour cela, les papetiers mettent des azurs optiques : ils rajoutent du bleu. Le problème de ces azurs optiques, c’est qu’ils réagissent très fort aux UV et donc en fonction des conditions de lecture (à la lumière du jour ou en lumière artificielle), la chromie va changer radicalement.

On pourrait se demander pourquoi on utilise des papiers non couchés alors que ça reproduit moins bien la couleur. Il peut y avoir différentes raisons. Souvent, c’est parce que le papier non couché a plus de vie, et c’est généralement celui que les gens préfèrent au toucher. Et ça rappelle aussi très souvent l’illustration et le dessin, ça donne un côté plus chaleureux, qui le rend assez adapté à la bande dessinée. Mais c’est un choix esthétique, un parti-pris.

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Réussir la mise en page d'un livre

Lors de la fabrication de votre ouvrage, vous devez donc parvenir à trouver une harmonie entre le fond et la forme. Cela signifie qu'après la longue phase d'écriture, il reste encore d'importants choix à faire : quelle police de caractère choisir ? Quel interligne choisir ? Avec ou sans retrait en début de paragraphe ? Etc.

La mise en page est identique dans le cas d’un livre ou d’un eBook, seule la pagination changera. Il y a bien sûr plusieurs manières de présenter son livre en fonction de son thème, de son style ou de l’image que l’on souhaite donner à son roman. Nous vous invitons à feuilleter divers livres qui vous inspirent ou qui correspondent à votre univers et votre style d'écriture pour déterminer ce que vous voulez.

Le corps du texte

Voici quelques pistes pour optimiser le corps de texte :

  • Il doit en général être centré.
  • Vous pouvez mettre un retrait à chaque paragraphe (0,5 cm suffisent) mais ce n’est pas obligatoire. Cela permet simplement une lecture plus aisée.
  • L’interligne (l’espace entre les lignes) doit être régulier. Un interligne simple est correct et peut être suffisant.

Les marges

Pour vous aider à créer votre livre et respecter les marges techniques, TheBookEdition met à votre disposition des modèles de fichiers intérieur en fonction du format de votre livre. Vous les trouverez en cliquant ici.

Les polices

Nous vous conseillons de choisir une police d'écriture qui ne fatigue pas les yeux (Garamond par exemple ou le classique Times New Roman), ainsi qu’une taille agréable à lire correspondant à la norme (11 ou 12 par exemple). Certaines polices, comme Arial, sont des polices plutôt adaptées à une lecture sur écran. D'autres en revanche seront davantage adaptées au format papier comme Times New Roman.

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Les images

Vous souhaitez insérer des images dans votre corps de texte ? Avant de les utiliser, assurez-vous de bien disposer des droits d’exploitation. Où les avez-vous trouvées ? Les avez-vous copiées sans autorisation sur un site ? Voici quelques pistes :

  • Renseignez-vous toujours sur le propriétaire des images et obtenez auprès de lui l’autorisation de les utiliser.
  • Vous pouvez acheter le droit d’utiliser des images d’illustration pour votre livre sur les sites de banques d’images en ligne comme "Fotolia" par exemple. Vous serez ainsi sûr que tout est en règle.

Les défis de l'auto-édition de BD

L’auto-édition de bande dessinée allie outils puissants comme Clip Studio et InDesign à une gestion astucieuse des défis techniques et commerciaux.

Défis techniques

  • Les fichiers lourds nécessitent une compression sans perte (JPEG 90 % qualité).
  • Validez avec PDF/X-4 pour POD et EPUBCheck pour numériques.

Défis techniques et solutions en impression POD

L’impression à la demande pour BD pose des défis de couleur et de résolution. KDP gère la couleur intérieure mais avec un papier standard (80 g/m²), limitant les noirs profonds ; préférez IngramSpark pour du 100 g/m² mat et une calibration ICC précise.

Problèmes courants : Décalages de registration (alignement couleurs), ou moirage sur trames.

Solutions : Travaillez en 300 DPI CMYK dès le départ, et commandez des proofs (20-50 €). Pour les noirs riches, utilisez du « rich black » (C60 M40 Y40 K100).

Défis créatifs et commerciaux

Créativement, maintenir la cohérence sur des dizaines de pages épuise ; combattez le burnout avec des deadlines hebdomadaires. Commercialement, la BD indie lutte contre les géants : visez des niches (LGBTQ+, écologie) et monétisez via Patreon (soutiens mensuels 5-10 €/fan).

Logiciels de mise en page

Quel que soit le type de livre que vous avez rédigé, la mise en page de votre manuscrit est une étape indispensable qui participe à son succès. En effet, les choix que vous allez faire au cours de la mise en page vont déterminer l’apparence de votre texte. Voici quelques logiciels de mise en page :

  • Open Office : Version gratuite de la suite d’outils bureautiques de Microsoft, Open Office propose un logiciel de traitement de texte simple et complet très similaire à Word.
  • Scribus : Scribus est un logiciel de mise en page de livre gratuit. Il est l’un des plus complets disponibles en ligne. L’interface est intuitive et simple à utiliser.
  • Marq : Le logiciel s’utilise directement sur un navigateur internet et ne nécessite aucune installation ou manipulation particulière. Simple à utiliser, Marq propose de nombreux modèles de mise en page.
  • Microsoft Word : Inutile de présenter le logiciel de traitement de texte de référence de la suite Microsoft Office. Avec Word, vous pouvez créer vos propres modèles de documents en enregistrant vos préférences.
  • Microsoft Publisher : Plus simple à prendre en main et à utiliser que ses concurrents QuarkXPress ou Adobe InDesign, ce logiciel de mise en page de livre est destiné à un public non professionnel et est idéal pour les débutants.

Tableau comparatif des plateformes d'auto-édition de BD

Plateforme Avantages Inconvénients
KDP (Kindle Direct Publishing) Volume numérique élevé, intégration avec Comixology Papier standard limité pour l'impression
IngramSpark Impression professionnelle, distribution mondiale Coûts unitaires plus élevés
GlobalComix Spécialisé pour les webcomics indie Moins de visibilité pour les albums imprimés

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