Non, rassurez-vous, nous n’allons pas vous parler de la dernière affaire du célèbre détective Ric Hochet, héros du journal Tintin dans les années 70. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est le ricochet d’une balle lors d’un tir de chasse. En effet, cela arrive bien plus souvent qu’on ne le croit, et il suffit de pas grand-chose pour que cela se passe.
Une brindille, un tronc, une pierre, une terre gelée et vlan, la trajectoire est déviée et la balle part on ne sait où ! Depuis 2006, les fédérations départementales des chasseurs organisent des sessions « sécurité » de sensibilisation des chasseurs aux dangers du tir à balle. Les élèves qui souhaitent passer leur permis de chasse reçoivent la même formation.
Celle-ci vise à rappeler à chacun les règles et les conditions dans lesquelles un tir peut être réalisé dans les meilleures conditions de sécurité. Lors de la présentation effectuée par un technicien, vous découvrirez dans cette vidéo une démonstration de la dispersion des balles. Les chiffres sont là. Plus de la moitié des balles tirées au sol ou d’un mirador ricochent sur la terre et peuvent se fractionner en éclats tout aussi dangereux.
Il est donc indispensable de rappeler la valeur de l’angle de tir au sol ou tir d’un mirador. Il existe une documentation expérimentale effectuée à partir d’un tir à la carabine et d’un fusil calibre 12 réalisée par le technicien sur 240 coups tirés, tirs au sol ou fichants. Elle est téléchargeable sur le site de la fédération des chasseurs du Loir et Cher.
Une nouvelle munition, la chevrotine anti‑ricochets, est actuellement testée par des chasseurs et des laboratoires spécialisés pour limiter les risques liés aux rebonds de plomb lors des battues de sanglier. Dans le monde de la chasse au sanglier, une innovation balistique suscite curiosité et débats : la chevrotine dite anti‑ricochets.
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Après le dépôt du brevet et une première mise sur le marché, de nouveaux essais sont en cours pour évaluer cette munition. L’ensemble des observations et données recueillies doit maintenant être compilé dans un rapport destiné au ministère de l’Écologie, qui pourrait influencer l’encadrement réglementaire de cette munition.
La chevrotine est une munition composée de plusieurs grains de plomb, utilisée depuis longtemps en battue pour augmenter les chances de toucher un gros gibier en mouvement, comme le sanglier. Pour répondre à ce problème, Aurèle Mannarini a développé une version modifiée de la chevrotine.
Il y a quelques mois, Chasses éternelles s’intéressait à une innovation qui suscitait autant de curiosité que de débats : la chevrotine anti-ricochets mise au point par Aurèle Mannarini. Aujourd’hui, cette munition franchit une nouvelle étape.
Lors de notre premier article, le cœur de l’innovation reposait sur un détail de conception : chaque grain de chevrotine est entaillé de manière à provoquer une fragmentation contrôlée à l’impact. Depuis, les essais se sont multipliés. Ils ne se limitent plus à des observations empiriques en action de chasse, mais s’appuient aussi sur des protocoles balistiques rigoureux, incluant des tirs sur supports normalisés et sur gel balistique.
Si la chevrotine reste une munition controversée, ce n’est pas par idéologie mais pour une raison très concrète : son comportement au ricochet. C’est précisément sur ce point que la chevrotine anti-ricochets est attendue.
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Les premiers résultats issus des essais renforcés vont dans le sens d’une fragmentation rapide dès l’impact sur un sol dur, réduisant fortement la portée dangereuse des éclats secondaires. L’autre question, tout aussi essentielle, concerne l’efficacité sur le gibier.
Les retours actuels indiquent que, lorsque la chevrotine anti-ricochets atteint sa cible, l’effet terminal est franc : l’animal reste à proximité du point d’impact, là où des chevrotines classiques peuvent parfois conduire à des distances de fuite importantes.
Il faut rester prudent : ces tests ne sont pas une opération de communication, mais une phase de validation. La chevrotine anti-ricochets n’est ni une solution miracle ni une réponse universelle à tous les problèmes de sécurité à la chasse.
Mais une chose est certaine : on ne peut plus balayer cette innovation d’un revers de main. À l’heure où chaque accident est instrumentalisé pour remettre en cause l’ensemble de la pratique, toute innovation sérieuse visant à réduire le risque mérite d’être examinée sans caricature.
Cette vision est très réaliste, mais implique une attitude du tireur très particulière. En effet, à la chasse, et surtout avec une carabine de grande chasse, dont la portée pratique est élevée, le risque de ricochet est important.
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Il est aussi important dans un bois que dans un pierrier... en fait, le projectile est dévié et l'impact est incontrôlable. Même un coup de feu tiré en l'air, implique que la balle retombe...
A noter également qu'une balle tirée à faible angle sur de l'eau ricoche aussi ...
Est-il scientifique de dire que plus la vitesse du projectile est élevée et plus l'angle entre le projectile et la surface rencontrée est fermé (et ce dès que l'on passe sous les 90°) plus le risque de ricochet est important ? Je pense aussi que moins l'énergie se disperse (projectile dur, non déformable et surface idem) plus le risque de ricochet est élevé.
La seule loi pour savoir vers où il ricoche, c'est qu'il n'y a pas de loi... Mais c'est vrai, on est responsable de chaque coup tiré.
Je confirme ce que dis Fox, ça fait vraiment réfléchir et ça fait même vachement flipper...
Cet article se penche sur une étude concernant les ricochets de balles, initialement partagée dans le magazine "Armes de chasse" numéro 57 (Avril-Mai-Juin). Cette étude offre un aperçu intéressant sur le comportement des balles de fusil et de carabine après l'impact.
Voici les points clés à retenir de cette étude, qui examine les ricochets de balles tirées entre 10 et 30 mètres :
L'étude met en évidence une réalité importante : une proportion significative de balles tirées à la chasse ricochent. Cette information souligne la nécessité d'une vigilance accrue et d'une connaissance approfondie de l'environnement de tir.
Un point crucial soulevé est l'importance de ne jamais tirer dans un groupe d'animaux. Il est également essentiel de tenir compte des fragments d'os qui peuvent être projetés lors de l'impact d'une balle.
Plusieurs intervenants insistent sur le fait que la sécurité dépend avant tout des conditions d'emploi et des mesures élémentaires de sécurité. Il est crucial d'éviter de tirer vers des pierriers, des arbres ou des branches, et de toujours prendre en compte l'environnement immédiat.
Le respect de l'angle de tir de 30° est également un élément clé pour minimiser les risques de ricochets dans des zones non autorisées.
| Type de balle | Nombre de balles tirées | Pourcentage de ricochets | Fragmentation | Pénétration à travers 3 plaques |
|---|---|---|---|---|
| Fusil | 120 | 84% | Rare (1 balle sur 120) | 68% |
| Carabine | 120 | 78% | Fréquente | 17% |
En cas d’accident, l’assurance répond uniquement si les consignes ont été données par le responsable ou l’un de ses délégués. Dans le département de l’Orne toute action collective de chasse s’entend par une pratique de chasse en battue du grand gibier ou du renard regroupant au moins 5 personnes. De plus, quelques pages de ce registre sont réservées aux résultats et aux observations qui ont pu être effectués au cours de la journée de chasse.
Quel que soit le mode de chasse, le rôle du chasseur (traqueur, posté, etc…) et le gibier chassé, il n’est autorisé qu’une seule et unique arme.
Il est recommandé, pour des raisons de sécurité, de se concentrer sur son premier tir (identification, tir fichant et prise en compte de l’environnement).
Pour éviter les « coups de longueur » (risque d’accident) et favoriser le tir fichant, il n’est pas autorisé de tirer un grand gibier à une distance supérieure à 100 mètres pour les utilisateurs d’armes à canons rayés et 40 mètres pour les utilisateurs d’armes à canons lisses.
Le port d’une arme chargée à balle et le tir à balle par les traqueurs ou les rabatteurs dans la traque est interdit, sauf décision de l’organisateur de la battue. Dans ce cas, les consignes de tir dérogatoire dans l’enceinte par les rabatteurs ou les traqueurs doivent être renseignées par l’organisateur dans le carnet de battue préalablement à l’action de chasse, et doivent être rappelées à l’ensemble des participants.
Le regroupement de chasseurs peut être un facteur d’accidents et, considérant les faibles distances en cause, il génère chaque année des accidents graves.
L’arrêté préfectoral du 14 juin 2012 réglementant l’usage des armes à feu et relatif à la sécurité publique rappelle : « l’usage d’armes à feu est interdit sur les routes, chemins et voies ouvertes à la circulation publique ainsi que sur les voies ferrées, emprises ou enclos dépendants des chemins de fer. Est également interdit à toute personne placée à portée de fusil d’une de ces voies, emprises ou enclos, de tirer dans leur direction ou en travers de celles-ci, de tirer en direction des lignes de transport électrique ou téléphonique ou de leurs supports, de tirer en direction des stades, lieux de réunions publiques et habitations particulières.
Le même arrêté interdit à toute personne d’être porteuse ou de disposer d’une arme à feu chargée sur les routes, chemins et voies ouvertes à la circulation publique ainsi que sur les voies ferrées, emprises ou enclos dépendants des chemins de fer. d’occasionner des dégâts, à l’exception des sangliers.
Dès lors que les chiens courants sortent de l’enceinte chassée l’utilisation des dispositifs de localisation des chiens est autorisée sans que la fin de traque ne soit sonnée. Seuls 3 véhicules peuvent être mis en mouvement pour récupérer les chiens, dans le respect de l’article 5 du même arrêté (arme déchargée, placée sous étui).
La FDC61 organise la formation à l’examen du permis de chasser. La Fédération a en charge la formation et la délivrance des autorisations de chasse accompagnée. Le futur chasseur et ses accompagnants devront suivre une formation spécifique, axée sur la sécurité (maniement des armes, angles de sécurité, etc…). Tous les chasseurs devront assister à une formation sécurité de remise à niveau une fois tous les 10 ans. Cette formation se divisera en deux parties. Une matinée « théorique » consacrée à l’organisation, à l’accidentologie, aux responsabilités de chacun ainsi qu’aux bons réflexes à acquérir en cas d’accident.
La question de la dangerosité des balles de .22 LR en raison des ricochets est un sujet de débat récurrent parmi les chasseurs et les tireurs sportifs. Il est souvent avancé que les balles de .22 LR sont plus susceptibles de ricocher que les autres calibres, ce qui les rendrait plus dangereuses, particulièrement dans le cadre de la chasse.
Il est essentiel de comprendre que toute balle propulsée dans un certain angle peut dévier de sa trajectoire initiale. La vigilance est donc de mise, quel que soit le calibre utilisé.
La distance qu'une balle peut parcourir après un ricochet dépend de l'énergie qu'elle conserve après l'impact initial. Une balle de .22 LR, après avoir ricoché, perd rapidement de sa vitesse et tourne dans tous les sens, ce qui réduit sa portée et sa dangerosité sur une longue distance.
Plusieurs témoignages de chasseurs et de tireurs sportifs indiquent qu'une balle de .22 LR peut potentiellement ricocher sur une distance significative, bien que cette distance soit généralement inférieure à la portée maximale de la balle avant l'impact. Certains estiment qu'un ricochet peut atteindre jusqu'à un kilomètre, tandis que d'autres avancent des chiffres plus modestes.
Des tests ont montré que si une balle frappe un rocher perpendiculairement, elle éclate en mille miettes. Si elle frappe un rocher à angle, elle rebondit comme une balle de billard.
La portée d'une .22 LR est un sujet de débat. Bien que certaines sources indiquent une portée maximale théorique de plus de 1,6 km (1 mile), il est important de noter que cette distance est rarement atteinte dans des conditions réelles. De plus, à de telles distances, la balle a perdu la majeure partie de son énergie et ne représente plus un danger significatif.
La dangerosité d'une balle de .22 LR réside principalement dans sa capacité à ricocher et à blesser quelqu'un se trouvant hors du champ de vision du tireur.
Le tir d’une balle de carabine peut provoquer un ricochet mortel à plusieurs centaines de mètres. Contrairement à un tir direct, le ricochet est incontrôlable. Il transforme une balle en projectile erratique, capable de frapper n’importe quelle cible, dans n’importe quelle direction.
Le ricochet se produit lorsqu’un projectile ne pénètre pas entièrement sa cible et rebondit sur une surface dure ou anguleuse : roche, tronc, sol gelé, voire métal ou os. La vitesse initiale d’une balle de carabine de chasse peut dépasser 900 mètres par seconde. Même après un premier impact, elle conserve une énergie cinétique suffisante pour parcourir plusieurs centaines de mètres en ligne brisée, selon un angle modifié par l’obstacle rencontré.
Le tir à l’horizontale sur un sol forestier irrégulier, ou en direction d’une pente ascendante, augmente considérablement les probabilités de ricochet. Dans cette configuration, une balle tirée à ras du sol peut heurter une pierre, une racine, ou même une partie non vitale de l’animal, et repartir à pleine vitesse dans une autre direction.
Si un autre chasseur, un promeneur ou un traileur se trouve dans cette nouvelle trajectoire, il devient une cible involontaire. La balistique civile accorde peu d’attention au ricochet, sauf dans les formations professionnelles encadrées (police, armée, sécurité). En chasse de loisir, peu de tireurs ont une réelle formation balistique.
Beaucoup ignorent que le tir au sol ou dans un angle rasant, sans butée naturelle (colline, butte de terre, tronc), augmente exponentiellement le risque. De plus, les munitions utilisées ne sont pas toujours choisies en fonction de leur comportement après impact.
Les recommandations des fédérations de chasse sont claires : ne jamais tirer sans visualiser parfaitement sa cible et son environnement, toujours s’assurer d’un fond de tir sûr, éviter les tirs rasant le sol. Mais dans la pratique, ces règles sont difficiles à appliquer dans des bois denses ou en situation de battue rapide.
Un animal surgit, le réflexe de tir prend parfois le pas sur l’analyse de l’arrière-plan. En trail, le coureur évolue souvent sur des sentiers forestiers isolés, parfois en pleine journée, souvent en silence. Il peut se trouver dans une trajectoire potentielle sans le savoir, surtout si la chasse n’est pas signalée ou mal balisée.
Contrairement aux chasseurs, il ne porte pas toujours de gilet fluo, encore moins lorsqu’il s’entraîne seul ou en nature profonde. Plus grave : certaines balles de gros calibre peuvent encore perforer un corps humain après un ricochet. Même ralentie, une balle de .308 ou de 30-06 garde une énergie létale bien au-delà de 300 mètres.
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