Envie de participer ?
Bandeau

Les joints d’étanchéité, bien que ne représentant qu’une infime partie de vos équipements, ne sont pour autant pas à négliger ! Cette histoire se compose d’aventures scientifiques, industrielles, commerciales animées par des hommes qui vivront pleinement leur passion.

La découverte du caoutchouc par les Européens

La véritable histoire du caoutchouc débute bien avant la fin du XVe siècle, lorsqu’à la suite des Grandes Découvertes, les Européens commencent à observer, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, l’usage séculaire que font les populations autochtones d’une matière alors inconnue en Europe.

CHRISTOPHE COLOMB fut sans doute le premier Européen à se servir du caoutchouc. En 1493, au cours de son deuxième voyage en Amérique, il s'initia à un jeu que pratiquaient les indigènes de Haïti, qui consistait à lancer contre un mur une balle constituée d'une résine élastique.

Il y a 3 600 ans, les peuples indigènes du Mexique et d’Amérique centrale utilisaient le latex de l’Hevea brasiliensis à des fins médicinales, rituelles et picturales. Le latex séché était utilisé pour fabriquer des chaussures et des balles en caoutchouc pour les jeux cérémoniels.

Ils en consomment aussi comme médicament et l’associent aux mythes de création, de la course du monde : dans le « juego de pelota » (jeu de balle précolombien), la balle en caoutchouc (appelée « ulli de ollin » - mouvement en nahuatl - et « kik » en maya - liquide séminal), avec son rebondissement incessant, mime la course du Soleil.

Lire aussi: Comprendre les balles de pistolet

A la suite des Grandes Découvertes, durant le XVème siècle, les Européens découvrent une matière que travaillent les Amérindiens, jusqu’ici inconnue pour l’Europe. Cette matière provient du latex issu de plantes comme l’hévéa et le guayule. Avec ces caoutchoucs, ils confectionnent des balles, des toiles, et même des torches en réalisant du moulage sur argile. Ils rendent ensuite étanches ces objets en caoutchouc en les passant à la fumée.

Cette matière est alors rapportée en Europe, mais est vite abandonnée car elle est trop collante dès qu’elle est exposée au soleil, qu’elle fond lorsque la température est trop élevée et qu’elle devient cassante à trop basse température.

L'exploration scientifique et l'invention du terme "caoutchouc"

Ce n'est que deux siècles plus tard, en 1736, qu'un savant français, La Condamine, parti en Amérique du Sud pour y mesurer un méridien à hauteur de l'équateur, manifesta un intérêt scientifique pour le caoutchouc.

En 1736, le Français Charles-Marie de La Condamine envoie du latex séché en Europe lors d’une expédition. Il invente le terme « caoutchouc », dérivé du mot quechua « kwachu », qui signifie « bois qui pleure ».

1735-1745 : les Français Charles Marie de La Condamine et François Fresneau procèdent à l’observation de l’usage que font les peuplades indiennes du caoutchouc en Amérique du sud. Le terme de caoutchouc est repris de l’expression indienne « cao » = bois, « tchu » qui pleure.

Lire aussi: Le Rechargement

Intéressé par les différents usages qu'en faisaient les indigènes, La Condamine envoya à l'Académie des sciences de Paris quelques morceaux d'une sorte de résine qui provenait d'un arbre dont l'écorce entaillée laisse écouler un liquide blanc, laiteux, qui se solidifie à l'air, et que les Indiens nommaient " caoutchouc " (mot composé de : caabois, et o-chu, qui signifie couler ou pleurer).

C’est seulement au cours du XVIIIème siècle que deux français redécouvrent le caoutchouc naturel au Pérou, en Equateur et en Guyane. Ils effectuent alors sa première description scientifique. A la suite, de nombreuses possibilités d’utilisation des caoutchoucs sont découvertes.

Un peu plus tard, le Britannique Joseph Priestley a découvert que l’on pouvait effacer les marques de crayon avec du latex séché. C’est de là que vient le nom anglais « rubber » (frotter).

Les découvertes fondamentales et l'essor industriel

Il fallut attendre 1830 pour que deux découvertes fondamentales dues à deux chimistes, l'un Américain : Goodyear, l'autre Anglais : Hancock, donnent son essor à l'industrie du caoutchouc.

En 1842, soit près d’un demi-siècle plus tard, Charles Goodyear découvre le procédé de vulcanisation. Cette technique va permettre de stabiliser le caoutchouc pour qu’il résiste aux écarts de température. Elle est d’ailleurs toujours aujourd’hui, à la base de presque toutes les applications industrielles de caoutchouc.

Lire aussi: Pistolets à balles caoutchouc : Guide complet

Hancock découvrit qu'une opération qu'il nomma plus tard mastication, qui consistait à déchiqueter le caoutchouc et à ressouder les déchets par pression, permettait d'obtenir des objets ayant la forme et les dimensions voulues.

Ce procédé fut complété par la découverte de la vulcanisation dont la gloire revint à l'Américain Charles Goodyear, qui consacra sa vie et ses ressources aux recherches sur le caoutchouc.

La vulcanisation, procédé chimique où le caoutchouc est traité avec du soufre pour le rendre insoluble et diminuer sa sensibilité à la chaleur et à la lumière, a été découverte par Charles Goodyear (américain) par erreur.

En 1839 : mise au point de la vulcanisation par Charles Goodyear.

En 1839 12 fit l'observation qui devait bouleverser l'industrie : le caoutchouc cru traité par du soufre à température supérieure du point de fusion de ce produit subit une transformation qui améliore considérablement ses propriétés mécaniques ainsi que sa résistance aux variations de température.

La fortune allait-elle lui sourire ? Il eut, hélas ! la déception de voir refuser ses brevets en Europe, car Hancock, l'industriel anglais qui avait déjà à son actif la mastication, venait de redécouvrir une deuxième fois la vulcanisation, en étudiant des échantillons de caoutchouc vulcanisés par Goodyear

Ce n’est qu’en 1839 que l’Américain Charles Goodyear invente la technique de la vulcanisation, qui permet de créer du caoutchouc naturel à partir du latex.

En 1842, Charles Goodyear découvre la vulcanisation, qui stabilise le latex en le transformant en caoutchouc, d’une plus grande stabilité vis-à-vis des écarts de température.

L'hévéa brasiliensis et le monopole britannique

L'Hevea brasiliensis, ou arbre à caoutchouc, est un pilier des forêts tropicales d'Amérique du Sud. Pendant des siècles, les peuples autochtones ont récolté le latex de cet arbre, le transformant en une variété d'objets utilitaires. Le processus de saignée, qui consiste à faire une incision dans l'écorce de l'arbre pour recueillir le latex, est une technique ancestrale.

«Caoutchouc» est un mot d’origine amérindienne. Et pour cause: pendant des siècles, l’hévéa du Brésil ne poussait que dans la forêt amazonienne. Cet arbre, qui peut atteindre 30 mètres de haut, produit une substance particulière, le latex, que l’on récolte par saignée de l’écorce.

En 1854, Hiram Hutchinson ouvre la première usine de caoutchouc en France à Châlette-sur-Loin.

En 1876-1877 : Henry WICKAM exporte vers l’Angleterre 70 000 graines d’heveas brasiliensis en provenance des forêts amazoniennes. Seulement 4 % de ces graines germeront dans les jardins de Kew près de Londres puis seront transplantées, pour expérimentation à Ceylan.

Les Anglais rêvaient d’implanter l’hévéa dans leurs colonies asiatiques, en Malaisie et à Ceylan (Sri Lanka). En 1876, Henry Wickham, explorateur britannique établi en Amérique latine depuis plusieurs années, fait récolter 74000 graines d’hévéa - presque une tonne - transportée à travers la forêt à dos d’homme, par des Indiens d’Amazonie. Quelques centaines de graines parviennent à germer.

Après plusieurs tentatives infructueuses, un Anglais réussit à faire passer en contrebande des graines d’hévéa du Brésil pour le compte du gouvernement britannique en 1876.

Au mois d’août, des plantes sont en route pour les Indes. À l’arrivée à Singapour, il reste onze jeunes plants viables. Il faudra encore attendre une dizaine d’années pour en recueillir les premières graines, qui permettront de créer les premières plantations. Ces onze plants sont à l’origine de la quasi-totalité des cultures asiatiques actuelles.

Les Britanniques ont utilisé ces graines après plusieurs échecs pour établir les premières plantations sur la péninsule de la Malaisie qu’ils occupaient dans les années 1890, et ont commercialisé leurs produits sur le marché mondial à partir de 1905.

Peu de temps après, la Grande-Bretagne jouissait d’une position de monopole dans le commerce mondial du caoutchouc.

En 1887, John Boyd Dunlop, vétérinaire écossais, est l’inventeur du tout premier pneu à air. Il a l’idée d’entourer les roues en bois du tricycle de son fils avec des tubes en caoutchouc remplis d’air.

En 1888 : John Boyd DUNLOP met au point le premier pneumatique vélo. Il réussit à combiner l’étanchéité et l’élasticité d’une enveloppe de caoutchouc avec l’élasticité d’un matelas d’air retenu « prisonnier ».

Et c’est en 1888 que le véritable pneu à valve entre dans l’histoire. Son invention et le succès des bicyclettes à cette époque, provoquent le boom de la production des caoutchoucs.

La production de caoutchouc au XXe et XXIe siècles

Début 20ème siècle : les premières plantations d’hévéa démarrent leur production et prennent rapidement le relais d’un système de cueillette basé sur la saignée des hévéas sauvages.

La France, avec les frères Michelin, développera aussi cette activité en Indochine dans les années 1920.

1940 - 1945 : la route du caoutchouc est bloquée par les Japonais occupant le sud-est asiatique. A partir de 1943, les Américains privés de leurs fournisseurs se lancent dans la fabrication industrielle des caoutchoucs synthétiques à grande échelle.

Après-guerre : début de la véritable ère industrielle des caoutchoucs synthétiques ; la pétrochimie va progressivement mettre au point des élastomères spéciaux et très spéciaux, capables de répondre aux exigences toujours plus contraignantes de l’industrie.

A partir du début du XXème siècle, l’utilisation des caoutchoucs se généralise dans de nombreux secteurs d’activité : le bâtiment, l’aéronautique, la confection de vêtements, l’automobile…

Depuis les années 80, la production de caoutchouc synthétique a dépassé celle de caoutchouc naturel. Aujourd’hui, le caoutchouc synthétique couvre environ 60% de la production mondiale, contre 40% pour le caoutchouc naturel.

70 % de la récolte de caoutchouc est destinée à la production de pneus de voitures, de bicyclettes et d’avions. La moitié des pneus de voitures et d’avions sont fabriqués à partir de caoutchouc naturel, qui est supérieur au caoutchouc synthétique en raison de ses meilleures propriétés mécaniques.

XXIème siècle : l’histoire extraordinaire du caoutchouc continue.

Actuellement, 94 % du caoutchouc est cultivé dans ce que l’on appelle la ceinture de caoutchouc (environ 30° de latitude nord à 30° de latitude sud), en particulier en Asie du Sud-Est. La Thaïlande et l’Indonésie sont les principaux pays producteurs, produisant plus de 60 % du caoutchouc naturel commercialisé dans le monde.

La demande de caoutchouc naturel n’a cessé d’augmenter au XXIe siècle. Alors que la production mondiale était encore de 2 millions de tonnes par an dans les années 1960, elle a déjà dépassé les 6 millions de tonnes au début des années 1990 et atteindra plus de 15 millions de tonnes en 2022, selon la FAO.

Les différents types de caoutchouc

Tous les caoutchoucs (également appelés élastomères) n’ont pas les mêmes propriétés : il en existe différents types. C’est leur structure chimique qui détermine en grande partie leurs propriétés.

Le caoutchouc naturel

Le caoutchouc naturel est le plus répandu et le plus ancien des caoutchoucs. Il est produit dans les pays tropicaux, là où il y a d’importantes précipitations annuelles et de la chaleur. Malgré son origine située en Amérique du Sud, les pays producteurs de caoutchouc sont aujourd’hui concentrés dans l’Asie du Sud-Est.

Les caoutchoucs naturels à l’état brut ont des propriétés sans intérêt pour l’industrie à l’exception de leur résistance en tension (car ils sont cristallisables). Ils ont un comportement très plastique, contrairement aux caoutchoucs vulcanisés que nous allons voir ensuite.

Les caoutchoucs naturels vulcanisés sont considérés comme étant des matériaux à usage général. Leurs propriétés sont plus intéressantes qu’à l’état brut, ce qui en fait des caoutchoucs de choix et à moindre coût. Leurs principaux avantages sont l’élasticité, la résistance à la traction, au déchirement, à la fatigue et à la chaleur.

Les caoutchoucs ou élastomères synthétiques

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les implantations d’hévéa (nécessaire à la fabrication des caoutchoucs) passent aux mains des Japonais. Pour pallier cet arrêt d’approvisionnement en caoutchouc naturel, les Américains et Canadiens bâtissent un programme de fabrication d’élastomères synthétiques, permettant de remplacer les caoutchoucs naturels.

On divise les caoutchoucs synthétiques en 3 catégories : les caoutchoucs à usages généraux, à usages spéciaux, et à usages très spéciaux.

tags: #balle #en #caoutchouc #histoire #et #fabrication

Post popolari: