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LÉGENDE DE L’ALPINISME pour avoir vaincu l’Annapurna en 1950, ancien homme politique gaulliste, Maurice Herzog est mort, jeudi soir, à Neuilly, à l’âge de 93 ans.

Ancien secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports en 1963 et député-maire de Chamonix, celui qui a dirigé jusqu’à sa retraite plusieurs entreprises, dont la Société du tunnel du Mont-Blanc (1981-84), résidait à Neuilly. Très fatigué, il s’était retiré, il y a une semaine, dans une maison de repos.

Après avoir salué « l’exploit inscrit dans notre mémoire collective », le président de la République François Hollande s’est incliné « devant le résistant qui, à travers les combats courageux qu’il a menés contre l’occupant, participa à la défense et à la dignité de notre pays ».

L’ancienne ministre des Sports communiste Marie-George Buffet a rendu hommage à ce « gaulliste très soucieux d’expliquer comment il avait voulu éradiquer tout ce que le régime de Vichy avait voulu imprimer à ce ministère (ndlr : les Sports) ».

Maurice Herzog, diplômé de l’Ecole des Hautes études commerciales (HEC) et du Centre de perfectionnement dans l’administration des affaires, était entré dans l’Histoire, le 3 juin 1950, quand à la tête d’une expédition sans oxygène et sans carte, avec Louis Lachenal, il avait foulé par un vent glacial ce sommet himalayen de 8.078 m. Sans cet exploit, a-t-il dit, « je n’aurais pas eu la vie que j’ai eue après ».

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Une victoire qu’il a payée d’une amputation des doigts et des orteils. « Vous voyez ce que j’ai en moins mais, moi, je sens ce que j’ai en plus. Et c’est incomparablement plus grand que ce que j’ai en moins », disait-il.

Dans la France de l’après-guerre, qui sortait de grandes souffrances, « notre exploit devait être celui de la nation, nous grimpions avec au cœur la pensée du pays et de toute la jeunesse que nous représentions », disait-il. Dix ans plus tard, tous les sommets de plus de 8.000 mètres seraient gravis.

Pour l’ancien maire de Chamonix, Michel Charlet (1983 à 2008), « c’était un meneur d’hommes, un bon chef d’équipe » et un « visionnaire ». Mais « il n’avait pas le contact avec la population et il avait un peu la folie des grandeurs », a-t-il dit à propos de celui qui ne « venait plus qu’une ou deux fois par an » à Chamonix où il avait une villa.

Ses obsèques auront lieu jeudi 20 décembre à 11h à l’église Saint-Michel de Chamonix.

Il avait écrit « Annapurna, premier 8000 » (éd Arthaud, 1951) mais aussi « Regards sur l’Annapurna », « L’expédition sur l’Annapurna », « La montagne » et « Les grandes aventures de l’Himalaya ».

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L'observatoire environnemental de la Compagnie du Mont-Blanc

Mis en place en 2014, l’observatoire environnemental de la Compagnie du Mont-Blanc a été créé pour observer l’impact des domaines skiables et de ses utilisateurs sur la faune la flore et le paysage. Des zones d’hivernage ont été installées pour dissuader les skieurs d’y pénétrer.

« Cet observatoire a plusieurs objectifs : acquérir de la connaissance sur les richesses qui composent le périmètre et anticiper nos projets d’aménagement. Nous modifions notre façon d’envisager l’aménagement. Avant, le but c’était que les sites d’implantation soient le plus fonctionnel possible et les éléments environnementaux passaient au second plan. Avec la prise de conscience de la fragilité de l’environnement, on a mis en place cet observatoire, cela nous permet d’enrichir nos connaissances du milieu et d’adapter le projet à ses enjeux et non plus l’inverse. Ça nous permet également d’avoir une information concernant des zones dégradées qui seraient de notre responsabilité pour engager des actions de réhabilitation », confie Laure Desmaris, responsable développement durable pour la Compagnie du Mont-Blanc. Adapter les aménagements selon la fragilité de l’environnement.

L’observatoire est suivi par des bureaux d’études qui effectuent des inventaires tous les deux ans depuis 2014.

Des zones de quiétude pour les espèces endémiques

Grâce aux données récoltées lors des inventaires, une cartographie de l’implantation des espèces a pu être réalisée avec l’aide de la Fédération de chasse de Haute-Savoie.

Les galliformes de montagne sont des espèces qui étaient déjà présentes lors des périodes glaciaires. Avec l’évolution du climat, ces espèces comme le Tétras-Lyre ou le Laopède, n’ont pas pu repartir vers l’est ou le nord et ont donc migré en altitude.

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« Les inventaires ont mis en avant les zones propices à la reproduction du Tétras-Lyre ainsi que des éléments nécessaires à sa survie durant l’hiver. En croisant ces éléments avec les pratiques des skieurs et des randonneurs, on s’est rendu compte que certaines zones étaient en conflit d’usage. Nous avons donc mis en place des zones de quiétude sur nos domaines skiables, matérialisées par un système de jalons et de cordes. Des panneaux d’informations sont installés et demandent aux skieurs d’éviter ces secteurs pour permettre plus de tranquillité à la faune présente. Le Tétras-Lyre passe 18 à 20 heures par jour à créer des igloos sous la neige, il sort peu pour se nourrir et a besoin de calme au moment où il sort. Depuis deux automnes, on a engagé des travaux de réouverture de milieu pour le Tétras-Lyre sur le secteur des Grands Montets. La population était en baisse. Depuis 4 ou 5 ans, on assiste à une stabilisation. On ne peut bien sûr pas imputer cette stabilisation à nos actions mais on peut dire qu’on participe à cette dynamique. Le Tétras-Lyre est considéré comme une espèce parapluie car il évolue dans différents habitats.

L'histoire de La Plagne

Le récit publié sur cette page est la 6e édition du récit datant de juin 2016. Le contenu de cette page est protégé par la loi française sur la propriété intellectuelle. Toute copie ou utilisation est impérativement soumise à une autorisation préalable. TOP 2025. et d'Agnès Le Masson. Ce livre est désormais épuisé.

Les grandes lignes de l'histoire de La Plagne sont bien connues. Ce récit a pour ambition de l'ancrer dans sa réalité : celle de femmes et d'hommes qui l'ont vécue et y ont contribuée. La Plagne, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est le fruit de ces parcours divers.

Sur la commune de Macôt, à 2000 mètres d'altitude, au cœur d'un cirque montagneux se situe le lieu-dit “La Plagne”. C'est un nom très répandu en Savoie qui désigne un replat, une petite plaine.

La “Montagne”, comme on surnomme localement ces terres en altitude, n'a pas toujours été ce lieu recherché où l'on se presse pour admirer les paysages. Elle a longtemps été un lieu hostile et effrayant, que l'on ne fréquente que par nécessité, d'abord pour le travail, rarement pour les loisirs et la détente.

Entre ces sommets va naître l'une des toutes premières stations mondiales.

La “Montagne de La Plagne”, petit coin de la Tarentaise, se trouve sur le territoire de quatre communes : Aime, le chef-lieu du canton, Macôt, Longefoy et Bellentre, qui totalisent 3200 habitants en 1954. De l'autre côté, dans la vallée de Bozel, les 475 habitants de la commune de Champagny seront associés plus tard aux destinées de la station.

Comme tous ceux de Savoie, ces villages ont connu une dépopulation massive au XIXe siècle, et se relèvent tout juste, parvenant bon an mal an à inverser la tendance : Macôt gagne des habitants à partir de 1901, Aime et Bellentre dès 1930... A l'inverse, à Champagny et à Longefoy la population recule encore assez fortement.

Le Monde change mais ces territoires paraissent encore immuables. Depuis des siècles, leur économie repose sur deux piliers essentiels : l'agriculture pastorale et l'exploitation forestière, auxquelles s'ajoutent au XXe siècle des activités minières et industrielles.

Les habitants ne possèdent alors que quelques bêtes (un cochon, une chèvre et des vaches) et quelques arpents de terrain, nécessaires à l'autosuffisance alimentaire. Alice et Lulu Ougier se souviennent qu'à Macôt “tout le monde avait au moins deux vaches” et “que les plus gros paysans n'en avaient pas plus de dix.” “On vit entre les vaches” selon l'expression de Monique Bugny.

Dans la plupart des communes de la vallée, les habitants vivent la majorité du temps au village, et ne vont en altitude que pour accompagner les bêtes. Au plus fort de l'hiver, elles restent en vallée et ne montent qu'aux premiers signes du printemps. Alors, on “emmontagne” les troupeaux : c'est “la remue”, partout un événement.

Faute de documents précis, les effectifs des troupeaux des différentes communes sont mal connus. On sait seulement qu'à Longefoy et Bellentre il y avait plus de bovins que d'habitants en 1940. Michel Villien-Gros a estimé le troupeau de Macôt à 200 vaches laitières en 1950.

(Macôt), à la Vélière ou au Mont de la Guerre (Champagny), à Prajourdan (Longefoy), au Carroley et au lac de La Plagne (Bellentre). Ces alpages, qui sont en général la propriété des communes, ne s'animent vraiment qu'entre la Saint-Jean (24 Juin) et la Saint-Michel (29 Septembre), lorsque les troupeaux se rassemblent sous la garde de bergers choisis et payés par la collectivité. Le lait de toutes ces bêtes, “fruit commun” du travail des paysans, sert à la fabrication du Beaufort, produit par un fruitier professionnel. La “pesée”, est le moment le plus important. Empreint d'un certain cérémonial, elle rassemble tous les propriétaires. Comme il est impossible d'évaluer chaque jour la production laitière de chacune des bêtes, on procède à une mesure lors des deux traites de la Saint-Jacques (le 25 Juillet). Celle-ci détermine la rémunération de chaque propriétaire.

Cette vie pastorale traditionnelle perdure, mais n'apporte pas de revenus suffisants, ni pour les habitants, ni pour les communes. Alors on exploite le bois. A Macôt, 900 hectares de mélèzes et d'épicéas sont entretenus depuis le XVIIIe siècle. Dans les années 1950, on compte une vingtaine de scieries dans le canton d'Aime. Tout cela n'améliore guère le quotidien. Dans les villages de la vallée, la vie est d'une dureté que l'on peine à imaginer aujourd'hui, et la misère est présente dans les hameaux les plus isolés.

Par conséquent, dès le XIXe siècle, les jeunes, à qui ces activités traditionnelles n'offrent ni revenus confortables, ni perspectives professionnelles réelles, partent travailler, quelques mois par an, à Chambéry, à Lyon ou même à Paris. Ainsi, avant même le rattachement de la Savoie à la France en 1860, cela concerne un actif sur dix. Les Macôtais, comme leurs voisins en prennent l'habitude : “C'étaient de grands migrants !” raconte Lina Coudray Vivet-Gros, qui s'appuie sur ses recherches, notamment sur l'histoire de sa famille.

“Les femmes partaient en région parisienne, par exemple pour travailler à la Chocolaterie Menier, à Noisiel, en Seine-et-Marne. A Macôt ils étaient nombreux et on les appelait 'les gens de Noisiel'. C'était le cas de mon grand-père Hilaire, lorsqu'il s'est marié, avec une Macôtaise, à Paris, en 1885. Par la suite, il été ramoneur, cireur de parquet, et commissionnaire à l'Hôtel des ventes Drouot, comme beaucoup de Savoyards, notamment de Peisey. Enfin, il a aussi tenu un café restaurant près des Halles... Lorsqu'il est rentré, on lui demandait parfois, à Aime, de faire le service pour les grandes occasions, en tenue parisienne bien sûr ! Quant à ma grand-mère Célestine, j'ai toujours cru qu'elle avait passé toute sa vie à Macôt, avec sa coiffe sur la tête... Et bien non ! Elle a travaillé à l'hôpital de la Salpêtrière, tous les hivers ! D'autres ont été domestiques, chauffeurs de taxis, représentants de maison de couture... Tous envoyaient de l'argent en Savoie. Parfois ils n'allaient à Paris que l'hiver, et rentraient pour les travaux agricoles. Parfois ils ne revenaient que pour leurs vieux jours après des années d'expatriation... Le développement de la vallée a finalement mis un terme à ces migrations forcées.

Dès, l'arrivée du chemin de fer, au début du XXe siècle, les activités minières et industrielles prennent une place de plus en plus importante dans l'économie. La mine de charbon de Bonnegarde, les usines électro-métallurgiques de Moûtiers, de Pomblières, de Notre-Dame de Briançon, de Bozel, la mine de Peisey et la mine de plomb argentifère de La Plagne, fournissent un complément de revenu à une part croissante de la population active. Dans beaucoup de foyers ces activités sont complémentaires : on est à la fois paysan, mineur et même bûcheron aux rares heures perdues.

A quoi ressemble la vie d'un gamin de ces villages de montagne ? La plupart vivent au rythme de la “campagne”, et ceux qui montent dans les alpages avec les bêtes sont nombreux. Alfred Ruffier des Aimes, natif de Champagny, est un bon exemple de cette génération d'enfants entre deux époques : “Nous avions cinq ou six vaches. A 13 ans, j'ai quitté l'école et je suis parti en alpage, comme tous les jeunes de mon âge. A 15 ans je suis entré à l'école fromagère de Bourg Saint Maurice et j'ai fait le Beaufort une dizaine d'années. Par la suite je suis allé à l'usine de Bozel. On faisait les 3/8, mais à l'époque c'était sept jours le matin, sept l'après-midi et sept la nuit. Huit heures à l'usine, puis le travail de la campagne.”

Au-dessus de la Roche, comme beaucoup de jeunes filles de leur génération, Lucile Marin et Josiane Labertrande (nées Regazzoni) s'occupent des bêtes avant et après l'école. Elles se souviennent de leur journée type : “à 6 heures du matin on devait déjà être debout, et la première chose qu'il fallait faire c'était de sortir le fumier des vaches. Vers 8 heures on mangeait vite, puis on descendait à pied à l'école pour 8h30, avant de remonter à 11 heures. A midi, on mangeait une grosse gamelle de lard, on faisait la vaisselle, et on remplissait le râtelier des vaches avant de repartir à l'école. En rentrant le soir, on traînait, car on savait qu'à la maison il y avait du travail : il fallait traire notre dizaine de vaches, apporter le lait à ceux qui nous l'achetaient, s'occuper du potager... Et le lendemain on recommençait ! Et lorsque les vacances scolaires arrivent, certains enfants, comme lui montent garder les bêtes des autres : “Je suis allé au lac de La Plagne, à 11 ans. Mes parents voulaient que je rapporte l'argent pour m'acheter des skis. Ils n'en avaient pas les moyens, et je devais en avoir pour entrer au Club des sports.”

Pour tous ces enfants, le ski était la principale distraction.

Aime est la seule de ces communes que l'on qualifie de “ville”. Forcément plus moderne, avec ses hôtels, sa maternité, sa gendarmerie, ses écoles, et bien sûr sa gare, elle connaît même un certain dynamisme, à contre-courant du reste du canton. Michèle Lauvergniat, dont les parents tiennent l'Hôtel des Alpes, rappelle l'importante fréquentation touristique estivale dans ces années 1950 : “l'hôtel était plein, on travaillait beaucoup, car nous avions des pensionnaires qui restaient parfois un mois.” Entre le marché, les foires, et les comices, l'activité à Aime est telle, que tous ne perçoivent pas la crise qui menace. En tout cas pas Suzanne Lauvergniat : “j'étais jeune, je m'occupais du bar... je n'avais pas le temps de penser à ça !”

Pour d'autres en revanche, il est déjà temps de songer à une reconversion. Le père de Joseph Duchosal est marchand de vin à Aime : “dès les années 1950 son affaire commençait à péricliter. Les gens consommaient de moins en moins de vin, et la quantité que nous vendions baissait petit à petit. Mon père a continué jusqu'au bout, mais moi j'ai arrêté quand La Plagne a commencé.” Deux activités, deux perceptions opposées sur l'état de l'économie. Et pourtant la crise menace et l'avenir est bien incertain.

Avant les autres communes, Champagny tire son épingle du jeu. Même si la dépopulation est marquée, la crise est semble-t-il moins grave qu'ailleurs, et la survie des industries locales moins préoccupante. Pour Alfred Ruffier-des Aimes, la création du Parc National de la Vanoise, décidée en 1960, officiellement ouvert en 1963, et dont il est l'un des premiers gardes, a été une véritable “planche de salut.” Pourtant, les craintes des habitants sont considérables lorsqu'on annonce son périmètre. Il s'en souvient : “Ce parc n'a pas été bien accepté, car les gens ont eu peur de ne plus pouvoir mener leurs bêtes en alpage.”

Geneviève Ruffier-Lanche rapporte dans son livre, la lettre que les habitants de Champagny-le-Haut adressent en 1960 au Général de Gaulle :“Nous sommes menacés d'un malheur que vous pouvez facilement éviter” lui écrivent-ils, “ce parc nous privera un jour de pouvoir faire paître nos troupeaux. Nous n'aurons plus qu'à disparaître.” Et pourtant le Parc amène assez vite des perspectives de développement intéressantes.

La remise en cause d'un mode de vie séculaire, bouleversé par la technique, la concurrence internationale, ou la volonté des jeunes de s'en affranchir secouent ces communes comme rarement dans leur histoire.

On pourrait imaginer que, face à une telle crise, les habitants soient tenus de se serrer les coudes. Il n'en est rien. Le climat entre eux reste exécrable. D'un village à l'autre, les populations ne se ressemblent pas. Par exemple, sur le Versant du Soleil, les différences entre Tessens et Granier, pourtant distantes de quelques kilomètres, sont immenses. Ce n'est pourtant pas le souvenir des rivalités du passé qui en est l'explication. Au contraire, il s'estompe.

Ceux qui se souviennent du conflit d'origine médiévale entre Aime et Longefoy pour le contrôle de l'eau du petit Bief Bovet sont bien peu nombreux. Même chose pour les querelles entre Macôt et Bellentre au sujet de “l’eau de la Dhuy.” Cette vieille anecdote n'en reste pas moins savoureuse : la propriété de cette source était l'occasion de conflits récurrents. “On raconte qu'un dimanche après la messe, curés et élus des deux communes montèrent en grande procession à la source du ruisseau pour enfin régler le contentieux. L'eau fût attribuée à Bellentre, et Macôt ne contesta pas le verdict. Pourquoi ? Ces histoires créent tout juste un contexte favorable à la dispute, mais n'expliquent pas la dureté des rapports entre des communes si proches.

Lulu Ougier, natif de Macôt explique que “tous les dimanches c'était la castagne à cause des filles !” Pour Maurice Loyet, ancien Maire de Longefoy, la cause est plus profonde : “entre les jeunes de ma commune et ceux de Macôt se battre était une question d'habitude. Avec la mine sur place, ils avaient plus d'atouts que nous, et ça créait une sorte de jalousie”. Jalousie. Voilà le mot lâché. La condition des uns étant bien moins favorables que celles des autres, on cherche à restaurer l'équilibre par la bagarre. Ceux qui jouissent de la plus mauvaise image sont sans conteste les habitants de Macôt, la commune la plus riche. Dans le canton, leur réputation est épouvantable : les Aimerains les voient comme des buveurs et des bagarreurs invétérés, comme si l'Isère marquait la fin de la civilisation ! Evidemment, on ne peut que faire état de tels jugements. On ne cherchera ni à les expliquer, ni à les contredire. Gilbert Vivet-Gros affirme qu'il y avait “de vraies frontières” entre toutes ces communes, ce qui rend d'autant plus audacieux le pari du créateur de La Plagne.

Les Mines de La Plagne

En 1807, un maçon nommé François Pélissier redécouvre une galerie à La Plagne, où l'on avait perdu toute trace des mines de plomb argentifère depuis le XVe siècle. En 1810, l'exploitation du gisement reprend sous la direction de Jean-Godefroy Schreiber, directeur de l'École des Mines de Moûtiers, jusqu'à la chute du Premier-Empire. La Mine va ensuite changer de direction au gré des vicissitudes politiques européennes. L'exploitation est interrompue à plusieurs reprises jusqu'en 1901, avant de reprendre et de s'amplifier sous le contrôle de la Compagnie Peñarroya en 1934.

Les Mines de La Plagne sont réparties sur deux sites : La Roche et La Plagne. Edmond Broche, qui a vécu et travaillé à La Plagne explique que ce sont deux mondes à part, où les conditions de vie sont bien différentes. En bas “vivait la plus grande partie du personnel, qui travaillait au jour” et en haut “les gars qui travaillaient au fond”. Pour lui, on vit bien mieux en bas. Le minerai de plomb argentifère est extrait en haut entre 1765 et 2000 mètres d'altitude. L'entrée principale de la Mine est celle de la galerie Charles-Albert, aujourd'hui située dans la station de Plagne 1800. Le minerai sort à Plante Melay, 80 mètres au-dessous, puis il est chargé dans les bennes d'un téléporteur (que les gens du pays appellent “le câble”), qui descend à La Roche. Le minerai brut y est concassé, broyé, tri...

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