Les baïonnettes allemandes, de la fin du XIXème siècle jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont connu une évolution technique et stylistique reflétant les besoins changeants des conflits militaires.
De plus, avec l’unification de l’Allemagne, c’est tout un uniforme militaire qu’il faut également uniformiser, et des modèles s’imposent.
Les baïonnettes allemandes, à partir de 1884, suivent aussi une nouvelle logique de combat qui se reflète notamment dans l’adoption de la baïonnette-poignard.
C’est dans cette idée qu’est créée en 1884 la baïonnette modèle 1871/84. Il s’agit du premier couteau-baïonnette court de l’armée allemande, fait pour les fusils Mauser 1871, fusil réglementaire adopté par l’armée allemande dès 1872 et aussi appelé le Gewehr 71.
Cette baïonnette connaît plusieurs modifications et variantes comme la baïonnette modèle 1871/84 à bague supprimée, sorte de douille permettant de fixer la baïonnette au canon.
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Elle reste toutefois le modèle qui domine jusqu’à l’apparition du modèle sabre-baïonnette de 1898. Toutes deux furent finalement utilisées comme armes de côté au moment du désarmement de l’Allemagne.
Elles furent suivies du modèle 1898/05, surnommé « Butcher Blade » (« lame de boucher »), et conçu pour le Gewehr 98, une arme emblématique de la Première Guerre mondiale.
Cette baïonnette se distingue par sa lame longue, conçue pour le combat rapproché.
Fine et élégante, sa forme inspira son surnom. Initialement ce sabre-baïonnette était destiné aux pionniers et aux troupes de mitrailleuses pour dégager la végétation et d’autres obstructions.
Il fut introduit dans l’armée allemande à la fin de l’année 1905, pour remplacer le modèle 98-02 de pionniers à dents de scie.
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La poignée comporte une rainure du pommeau en forme de trèfle destinée à intégrer la baguette de nettoyage du fusil. L’écrou du système de verrouillage sur le pommeau est rond.
Les plaquettes sont maintenues entre elles par boulons à tête ronde et écrous fendus. Comme la baïonnette se fixe désormais sous le canon, les autorités militaires prussiennes ont jugé l’utilisation d’une douille de fixation au canon inutile, seul un embryon de celle-ci subsiste.
L’absence de douille permet en autre l’utilisation du protège bouche lorsque la baïonnette est fixée à l’arme.
Le fourreau en cuir avec chape et extrémité en acier poli-brillant fut fabriqué de 1905 à 1915. La poignée mise à part l’ajout du pare-flamme, est de conception identique à la variante antérieure à 1915.
A partir du début de l’année 1915 le fourreau en cuir sera progressivement remplacé par un fourreau tout en acier plus résistant aux intempéries et aux rudes conditions des tranchées, celui en cuir sera fourni aux troupes de seconde ligne.
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La cuvette d’entrée contenant les deux longs ressorts internes à lames est maintenue sur la chape par une vis. Deux constructeurs connus ont fabriqué ce type de fourreau (Mauser A.G. Act.Ges.vorm. BP.
Une propagande alliée fondée ou non, a affirmé que de terribles blessures avaient été infligées avec des lames à dents de scie et que désormais tous prisonniers capturés en possession de ces lames serait immédiatement fusillés.
L’Allemagne étant sous des contraintes économiques et industrielles strictes, dues au traité de Versailles du 28 juin 1919, la production de baïonnettes fut grandement limitée, à l’instar du reste de l’armement et équipement militaire allemand.
Durant les années 1920, les baïonnettes de l’armée impériale furent largement réutilisées. Les modèles S98/05 et autres baïonnettes de la Première Guerre mondiale furent modifiés ou raccourcis pour s’adapter aux fusils encore en service.
Les unités paramilitaires comme les Freikorps ou la Reichswehr, l’armée réduite autorisée par le traité, firent usage de ces armes recyclées. Certaines baïonnettes furent modifiées avec des poignées simplifiées ou des finitions moins élaborées.
Dans les années 1930, avec l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler et la remilitarisation clandestine, la production de nouvelles armes reprit progressivement.
Avec l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, les baïonnettes allemandes furent produites en masse pour équiper les millions de soldats de la Wehrmacht.
Le modèle 84/98 domina cette période, bien que d’autres modèles et variations furent également utilisés. Ainsi, le modèle 84/98 III devint prédominant.
Plus court et plus polyvalent, il reflétait l’évolution vers des armes plus pratiques et adaptées à des combats plus variés. Ces baïonnettes étaient produites notamment par des fabricants tels que Carl Eickhorn à Solingen, et étaient souvent marquées par des codes de production ou des poinçons.
En plus de ce fabricant, la production de la S84/98 fut confiée à de nombreuses entreprises en Allemagne et dans les territoires occupés, ce qui explique les variations dans les marquages, les finitions et les matériaux utilisés.
Certaines versions avaient des revêtements simplifiés pour accélérer la production et réduire les coûts. En parallèle, l’Allemagne produisit des baïonnettes de parade pour les officiers, souvent ornées et décoratives.
Elles pouvaient être équipées de poignées argentées ou de garnitures dorées.
Tout comme les modèles de baïonnettes allemandes entre 1884 et 1945, la valeur de ces objets sur le marché de l’art varient énormément selon l’exemplaire.
Les modèles standards bien conservés type 84/98 sont relativement accessibles, avec une estimation qui oscille généralement entre cent et trois-cents euros.
Les modèles plus rares ont tendance à avoir une valeur plus grande comme par exemple la Sawback, une baïonnette modèle 84/98 avec la lame dentelée, qui est souvent estimée à plus de cinq-cents euros.
Enfin, les baïonnettes de parade sont les plus recherchées sur le marché de l’art, avec une estimation qui varie entre sept-cents et mille-cinq-cents euros, selon l’état et le fabricant du modèle.
Un exemple d’une vente notable est celle d’une baïonnette allemande du génie modèle 1871, datée de 1890 en 2020 : initialement estimée entre quatre-vingts et cent euros, le prix d’adjudication est finalement monté jusqu’à sept-cents euros.
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La baïonnette est une arme blanche conçue pour s’adapter au canon d’un fusil ou d’une arme similaire et est destinée au combat rapproché.
Apparue dès le XVIIe siècle, elle est toujours utilisée de nos jours mais s’est vue métamorphosée. Il existe des milliers de modèles et presque chaque armée du monde a son, voire ses propres modèles de baïonnettes.
La Convention de Genève a interdit l’usage des baïonnettes triangulaires, cruciformes ou dentelées lors de conflits armés, mais cela n’a pas empêché leur fabrication ou même leur utilisation. En effet, les blessures qu’elles entraînent cicatrisent difficilement et ces armes furent considérées comme inhumaines.
Elle s’adapte sur le fusil Mauser 1871. C’est une baïonnette avec une poignée en laiton et un ressort de bouton-poussoir extérieur. La croisière est en acier avec douille et quillon tandis que la lame est assez longue et possède une gouttière ronde. Ce modèle existe à lame à dents de scie. Le fourreau est en cuir avec des garnitures en laiton, on peut aussi le trouver tout en acier.
Elle s’adapte au fusil Mauser 71/84. Sa poignée possède deux plaquettes en bois, n’a pas de pare-flamme et sa croisière est dotée d’une douille. Cette baïonnette existe avec deux types de lame : une lame à gouttières carrées longues (presque jusqu’au bout de la lame) et une lame à gouttières carrées plus courtes.
Elle existe aussi en version avec lame à dents de scie mais uniquement pour la version avec gouttières longues. Un modèle précoce présente une lame de ressort sur le côté droit de la poignée. Le fourreau est en cuir et acier.
Elle peut s’adapter sur le fusil G 98 ou la carabine Kar 98. Il existe deux types de lame, l‘une avec gouttières carrées longues et l‘autre avec gouttières carrées courtes. Les poignées de cette baïonnette ne sont pas munies de pare-flamme et la croisière possède un quillon. Le fourreau quant à lui est en cuir et acier.
Ce modèle, compatible avec le G 98 ou la Kar 98, apparaît en 1915. Il est doté d’une lame à gouttières rondes qui existe en version standard mais également à dents de scie. Trois ou quatre fabricants ont utilisé des lames à gouttières carrées comme celles montées sur les 84/98 1er type, mais ces dernières n’ont en aucun cas pu arborer des dents de scie.
Certains exemplaires du début 1915 ne comportent pas de pare-flamme alors qu’il est monté d’origine sur tout le reste de la production. À partir du début 1918, le haut commandement allemand ordonne le meulage des dents de scie pour les troupes sur la ligne de front.
On peut ainsi trouver ce modèle avec une lame à scie meulée. Le fourreau de la baïonnette 84/98 2ème type est métallique.
Adaptable sur le K 98, ce modèle fait son apparition en 1934. Cette baïonnette possède une poignée avec pare-flamme et une lame à gouttières rondes. Elle va garder la même forme tout au long de la Seconde Guerre mondiale avec comme seules variations le matériau des plaquettes utilisé et le degré de finition, de plus en plus sommaire au fur et à mesure de l’avancement de la guerre.
Concernant les matériaux, de 1934 à 1937, les plaquettes sont en bois, puis en bakélite de 1937 à 1941. Après 1941, on observe une alternance de plaquettes en bois et en bakélite en fonction des différents fabricants.
Pour les marquages, les codes « S » sont employés de 1934 à 1937. De 1937 à 1940, le nom du fabricant est inscrit en toutes lettres, puis codé sous forme de code à une, deux ou trois lettres jusqu’à la fin de la guerre.
Les plaquettes sont maintenues par des vis et écrous. En 1944 et 1945, certains fabricants délaissent la visserie pour la remplacer par des rivets pour une fabrication simplifiée. Le fourreau de cette baïonnette est métallique.
Elle peut s’adapter sur le fusil G 98 ou la Kar 98. Le premier type a une poignée munie d’une plaquette en bois monobloc enveloppante et le deuxième type a une poignée avec deux plaquettes en bois, sans pare-flamme.
La croisière de cette baïonnette ne possède pas de douille pour les deux types tandis que sa lame est très longue et munie d‘une gouttière. Ces deux modèles existent avec une lame à dents de scie. Les fourreaux peuvent être en cuir et acier ou entièrement en acier.
C’est un modèle très particulier avec un pommeau en forme de tête d’aigle. Il est entièrement en acier et composé de deux plaquettes qui peuvent être en cuir compressé quadrillé, en bois lisse ou en corne striée.
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