Au 19ème siècle, la Manufacture d’arme de Châtellerault a fait évoluer les armes en dotation pour passer du silex à la percussion et pour aboutir finalement au système à chargement par la culasse mis au point par Antoine Alphonse Chassepot.
Ce 19ème siècle était riche en conflits armés ; la guerre de Sécession en Amérique, les guerres prussiennes avec le Danemark et l’Autriche ont toutes démontrées l’efficacité des armes à chargement par la culasse et à cartouche amorcée.
Au paravent, une tentative de cartouche avait été réalisée par Monsieur Brunéel modifié par Poncharra. Son principe fut retenu. Il était basé sur la base d’un fusil modèle 1822 modifié pour l’utilisation d’une cartouche comprenant un étui comportant la balle, la poudre et l’amorce dans une pièce en bois.
La Manufacture royale de Maubeuge commença la fabrication d’une arme pour l’utilisation de ce nouveau procédé qui limitait les manipulations et rendait le chargement de l’arme plus rapide.
C’est l’explosion d’un stock de cartouches en 1938 qui a mis fin à ce projet. La nouvelle munition amorcée était jugée trop dangereuse.
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Les années suivantes furent consacrées au développement des armes à percussion type 1840 - 1842 - 1842 T - 1847 - 1853 - 1857.
En 1858 Le Général Arcelin créa un mousqueton à percussion et à chargement par la culasse. L’Empereur Napoléon en ordonna la fabrication de 108 pièces pour dotation à titre d’essais aux Dragons de l'Impératrice, au premier Régiment de Carabiniers et au premier Régiment de Hussards.
Le système de fermeture de la culasse bien que très efficace avait pour principal défaut son manque d’étanchéité aux gaz de combustion vers l’arrière. L’arme était dangereuse pour le tireur et sera retirée du service le 8 juin 1858.
Le système Arcelin avait vécu mais Chassepot qui avait participé à sa mise au point et qui connaissait bien le principe a proposé l’adjonction d’une rondelle en caoutchouc qui, sous la pression des gaz se dilatait et assurait l’étanchéité. Cela deviendra le système Chassepot, 1er type 1858 et 2e type 1862.
Chassepot n’a pas abandonné son idée de cartouches amorcés, malgré la défaite des Autrichiens, le 3 juillet 1866, qui pourtant étaient équipé du fusil Dreysse. Il prendra comme base de départ ce fusil à aiguille Dreysse et y adaptera sa cartouche et son système d’étanchéité ce qui donnera un fusil largement supérieur en portée, en précision, en vitesse de tir, au fusil autrichien.
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Napoléon III fit passer une commande de 500 fusils Chassepot à la Manufacture de Châtellerault pour des tests concurrentiels avec les fusils Favé et Plumerel. Le fusil Chassepot dit du "camp de Chalons", qui utilisait une cartouche amorcée en papier, démontra sa supériorité et fut adopté le 30 août 1866.
Au lendemain de la guerre de 1870, une commission fut créée pour faire un bilan d’utilisation de l’arme et de sa munition. La cartouche en papier fut jugée, à l’usage, trop fragile pour une utilisation militaire de plus elle encrassait la chambre car le papier ne brûlait pas entièrement.
La commission fut chargée d’étudier une arme à cartouche métallique. En 1874 la commission adoptera un modèle présenté par le capitaine Gras. Il s’agissait d’un fusil Chassepot dont la culasse et la chambre étaient adaptées pour l’utilisation d’une cartouche métallique.
Le principe d’étanchéité vers l’arrière était basé sur l’élasticité de la douille en laiton. Ce fusil se nommera le Gras 1874.
Quatre versions seront créées :
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Le fusil Gras 1874 aura une première modification en 1880 consistant en l'agrandissement et l'approfondissement de la rigole d'évacuation des gaz sur la tête mobile ainsi que la création d'une rainure dans la boîte de culasse pour protéger le tireur en cas de rupture de la douille.
Enfin quelques modèles 1874 seront modifiés en 1914 pour tirer la nouvelle munition réglementaire française de 8 mm à poudre sans fumée utilisée sur le Lebel et plus tard sur le FM chaussat.
La société civile abreuvée et galvanisée par la presse et les politiques, prend une part importante à cet état d’esprit. travaillent sur le projet d’initier au plus tôt les citoyens au maniement des armes dans un contexte de « troupe » ou du moins dans un encadrement militarisé.
publique, il est en effet plus rationnel de pratiquer ces formations dans un cadre organisé et maîtrisé, l’école primaire correspondant parfaitement à ces critères. Cette décision est complétée par des cours théoriques et patriotiques que peut recevoir la jeunesse de France.
Dans ce cadre il convient d’élaborer une arme parfaitement adaptée à l’usage de l’instruction scolaire ainsi qu’à la taille moyenne des élèves-recrues. Le cahier des charges demande la sécurité de fonctionnement de l’arme, la ressemblance avec l’arme réglementaire (à savoir le fusil d’infanterie Gras modèle 1874 M80), un calibre similaire de 11mm adapté au tir réduit et enfin une adaptation de l’arme à la morphologie des tireurs (enfants de 11 à 13 ans).
Plusieurs solutions ont été entreprises pour la réalisation de ces armes, la première fut la réutilisation de fusils Chassepot et de culasses de fusils Gras. La fabrication est estimée à 50.000 pièces réalisées entre 1880 et 1881. Les Manufactures d’Armes Nationales sont Saint Etienne, Tulle et Châtellerault, les marquages étant respectivement S, T, C 1881.
La hausse est la réplique de celle du modèle règlementaire, cependant les distances sont fonction du calibre de tir réduit, à savoir 10, 20, 30 et 40 mètres.
L’arme ayant été testée est dans ma collection depuis quelques années, achetée à un particulier non collectionneur. Ce dernier l’avait acquis pensant acheter une arme d’infanterie Gras. Cette arme est dans un état proche du neuf… le bronzage est un peu éclairci par endroits, mais d’un joli brun tabac.
Le canon est irréprochable, aucune trace de corrosion, a-til seulement déjà tiré ? La monture est produite dans un beau noyer, poncé huilé. Il n’y a que très peu de marquages, la culasse ayant une nomenclature militaire classique, le boîtier de culasse et le tonnerre un marquage Commercial X15x. Une fois l’arme démontée, un poinçon de contrôle est présent sous le canon.
A noter l’absence d’indication de distance sur la hausse de notre arme. de directrice de baïonnette sur ces armes. l’on rencontre parfois sont destinés aux armes de manipulation, impropres au tir.
Les premières munitions destinées aux fusils de Cadet sont des réutilisations de munitions à blanc de type Gras, modifiées pour recevoir une balle ronde. La munition de notre arme est le 11mm Gras dit de Cadet.
Le rechargement de notre cartouche demande les jeux d’outils du 11 mm Gras. Ces outils sont généralement fabriqués sur commande dans ce calibre, mais l’excellente firme américaine CHTOOL les a au catalogue (référence 11,15x59r). Bon marché, ils sont néanmoins de très bonne facture, se composant classiquement de trois outils, recalibreur, expandeur, et sertisseur. A noter que pour la suite des opérations un expandeur RCBS de 32 acp sera indispensable (ou un autre outil de forme similaire).
Le choix de la douille est crucial, n’ayant pas trouvé de source d’approvisionnements durable sur le marché. Les cotes de la douille réglementaire font tout de suite penser à la douille à tout faire des tireurs aux armes anciennes, la 348 winchester. Entre autres cette douille nous permet de faire du 11mm Gras, Gras de cadet, 43 Espagnol, 8mm Lebel, 8mm Portugais, 8mm Autrichien et Hongrois, etc.
Monter sur la presse l’outil expandeur CH TOOL en remplaçant la tige d’origine par celle de l’expandeur de 32 acp RCBS. Lubrifier l’intérieur de la douille avec de la graisse suffisamment fluide (la graisse RCBS lube case est idéale) puis passer la douille dans l’outils, la deuxième passe s’effectuant avec l’expandeur de 11mm Gras. La douille est ensuite dégraissée, réduite au Case Trimmer à 51mm et le collet recuit.
La charge de poudre destinée au fire forming est variable, dans le cas de la poudre noire, 2,45 grammes de PNF2 sont envisageables, en poudre sans fumée, 1,20 grammes de A0 suffisent. Nous utilisons lors du premier tir une balle de 400 grains.
Notons à ce stade que le fire forming, qu’il s’effectue à poudre noire ou à poudre sans fumée, doit IMPERATIVEMENT être réalisé dans une arme réglementaire du système Gras (infanterie ou autre).
Le choix du projectile est simple et répond parfaitement aux besoins du tireur. Il existe tout d’abord des moules reproduisant le projectile ogival de la balle d’époque. Une balle ronde de 452 à 454, type cap and ball. Ce projectile fréquemment rencontré sur des munitions d’origine offre cependant moins de précision, et pose un problème de rétention dans le collet.
Une balle de 45 long Colt est utilisable, celle de nos essais est une Balleurope en diamètre 452 pour 260 grains. Elle fonctionne correctement mais présente d’une part un emplombage plus important du canon et une plus grande difficulté pour siéger le projectile dans le collet. Une balle destinée au rechargement du 11mm73, type Balleurope en diamètre 453 pour 200 grains. Cette balle présente de nombreux avantages, facilement disponible le poids et la forme rappellent la balle d’origine.
1884. Une fois que toutes nos douilles auront été passées au fire forming, recuites une deuxième fois et égalisées au case trimmer, nous pouvons commencer le rechargement définitif. Nous utilisons des amorces CCI 200 Large Rifle, remarquons que des Large Pistol fonctionnent également. Pour la poudre, la A0 de la SNPE est très efficace. La charge se situe entre 0,70 grammes et 0,75 grammes suivant le projectile employé (utilisation de la dosette Lee de 1,3 Cm3). Avec cette poudre nous obtenons une régularité des vitesses.
faire revivre ces armes. Les sensations de tir sont confortables, la faible charge de poudre et le poids léger du projectile en sont l’origine. Notons cependant qu’un adulte utilisant cette arme se trouve relativement mal à l’aise, la crosse étant réellement très courte !
Chaque coup est régulier en cible, les résultats l’attestent, l’extraction de la douille ne pose pas de problème majeur, mais l’éjection n’est pas assurée (En cause l’écart entre le culot réglementaire et celui du 348 winchester). La distance de tir peut facilement être augmentée à une cinquantaine de mètres, mais chaque erreur de visée se traduit par un écart important en cible, la longueur de la crosse pose ici de réels problèmes (en particulier si on essaye un tir posé).
En conclusion, cette arme est très sympathique, elle est à même de ravir les collectionneurs, les tireurs et surtout les « jeunes » s’initiant au tir. Cette famille d’armes représente un thème de collection très intéressant, trouvant naturellement sa place avec celle des armes réglementaires de la même époque. Aujourd’hui ces armes nous transmettent une partie de l’histoire de cette fin du 19e siècle.
Ces fusils n’ont généralement que peu été sollicités, nous les retrouvons dans un état convenable, ils ne sont pas fréquents mais pour qui sait chercher et être patient… Classés en 8e catégorie leur possession est libre, les mises en œuvre pour le tir sont relativement simples et donnent de bons voire de très bons résultats. La valeur est fonction de l’état de l’arme, mais une fourchette raisonnable s’établie entre 300€ et 500€.
Cette étude porte sur une arme dont l’auteur dispose et n’est pas applicable à toute arme demême calibre. Seule la méthode est applicable en fonction de l’état de l’arme et descomposants. L’arme dans son intégralité devra être vérifiée par un professionnel.
| Modèle | Longueur | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Fusil d'infanterie | 1,310 m | Modèle standard pour l'infanterie |
| Carabine de cavalerie | 1,170 m | Plus légère, levier d'armement coudé, sans tenon ni directrice pour baïonnette |
| Carabine de gendarmerie | N/A | Fixation pour baïonnette quadrangulaire ou sabre-baïonnette modèle 1866 |
| Mousqueton d'artillerie 1874 | 0.995 m | Plus court que la carabine |
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