La Première Guerre mondiale a été un catalyseur pour le développement de la fabrication des armes de poing. Portée par les officiers, les spécialistes et les aviateurs, ces armes ont connu une évolution significative.
C’est un coup de pistolet qui est la cause directe de la Première Guerre mondiale, et ce conflit sera à l’origine du développement fantastique de la fabrication des armes de poing. Dans les sauvages mêlées au corps à corps de l’époque, les outils de tranchées et le pistolet Beretta modèle 1915 étaient des armes plus efficaces que l’encombrant fusil.
Plusieurs modèles d'armes de poing se sont distingués durant cette période :
Le C/96 fut tout d’abord produit en 1896 et devint immédiatement très apprécié. Sa principale attraction résidait dans son chargement automatique; mais nombre de clients furent tout simplement séduits par des critères purement esthétiques. Le seul fait de le porter semblait conférer à son propriétaire une importance certaine.
Un Uhlan allemand armé d’un Mauser C/96 modifié pour tirer des cartouches standards de 9 mm Parabellum au lieu des munitions de 7,63 mm. La cartouche de 7.63 mm à grande vitesse initiale tiré par le C/96 infligeait de sérieuses blessures à des portées nettement supérieures à celles des autres armes de poing de l’époque.
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La firme Mauser prit avantage de ce fait en commercialisant des modèles comportant des hausses graduées jusqu’à 1000 mètres, ce qui présumait grandement des qualités du tireur. Les pistolets reçurent aussi des étuis en bois qui pouvaient servir de crosse pour améliorer la précision du tir. La majorité des Mauser C/96 de l’armée allemande pouvait recevoir l’étui en bois servant aussi de crosse. Le magasin, partie intégrante de l’arme, se rechargeait par le dessus avec un chargeur de dix cartouches.
De 1890 à 1900, les progrès de la métallurgie et l’apparition de poudres sans fumée, favorisèrent l’éclosion de nombreuses inventions en matière d’armes d’épaule et d’armes de poing. Pour ces dernières, les nouveautés apparurent surtout dans le domaine des pistolets semi-automatiques car les armuriers et les inventeurs cherchaient à remplacer le revolver, par une arme moins épaisse et plus rapide à recharger.
L’ingénieur autrichien Ferdinand Mannlicher était devenu célèbre en concevant les fusils à répétition à magasin vertical alimenté par lame-chargeur. Après l’avènement des cartouches à poudre sans fumée, il entreprit de créer des pistolets à répétition semi-automatiques.
Pourtant, les dessins de ce brevet montrent que cette arme fonctionnait par avance du canon au départ du coup, sous l’effet du frottement du projectile. Ce principe de fonctionnement surprenant sera également adopté par Andreas Schwarzlose pour son pistolet modèle 1908.
Quelques mois plus tard, Mannlicher déposait un nouveau brevet allemand couvrant le mécanisme d’un nouveau pistolet, fonctionnant encore par avance du canon à l’intérieur d’un manchon fixe, mais cette fois alimenté par un magasin logé dans la poignée et non plus devant le pontet. Cette dernière disposition permettait de réduire la longueur totale de l’arme tout en permettant l’emploi d’un canon dont la longueur est quasiment aussi grande que celle de l’arme elle-même.
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À la différence du pistolet précédent (parfois appelé modèle 1893), le Mannlicher modèle 1894 fit l’objet d’une fabrication, qui comporta plusieurs séries. Les armes de la présérie comportaient un magasin à double colonne contenant 10 cartouches sur deux piles imbriquées : une particularité unique pour une arme de poing de cette époque. Ces armes pouvaient être chambrées soit en 7,6×24 mm R, soit en 6,5×23 mm R Mannlicher.
L’armée austro-hongroise se livra à une évaluation de l’arme en calibre 7,6 mm, au cours de l’été 1894. Les essais furent toutefois décevants, car les cartouches étaient alors chargées avec des poudres sans fumée qui n’étaient pas encore totalement au point. Un bon fonctionnement ne fut obtenu que lorsque les cartouches purent enfin être chargées avec une nouvelle poudre fournie par Dynamit Nobel.
L’armée suisse s’intéressa aussi au Mannlicher modèle 1894 dans le cadre des évaluations de pistolets semi-automatiques qu’elle menait alors en vue de remplacer ses revolvers modèle 1882. Pour ses essais, l’armée suisse fit fabriquer quelques dizaines de pistolets Mannlicher modèle 1894 par la fabrique d’armes de Neuhausen, dont la marque fut apposée du côté droit du boîtier de l’arme. Les pistolets essayés par la Suisse étaient chambrés en calibre 6,5 mm.
Pour charger le pistolet, il fallait tout d’abord positionner la détente à l’arrière : c’est elle qui commande le levier arrêtoir du canon. Simplement armer le chien : la détente se retrouve alors en position arrière sur le cran d’armé. La chose peut paraitre hasardeuse d’un point de vue sécuritaire, cependant, il est à noter que le levier arrêtoir du canon constitue également une sécurité : son interaction avec le chien empêche la saillie du percuteur tant que le canon n’est pas en position de fermeture.
Appuyer sur la détente jusqu’à temps de déclencher le tir et maintenir la pression sur la détente. Le tireur introduit ensuite une lame-chargeur dans le guide se trouvant en haut du boîtier, puis poussait les cinq cartouches de la lame-chargeur à l’intérieur du magasin. Une fois les cinq cartouches logées dans le magasin, la lame-chargeur est retirée du guide. La retenue des munitions dans le magasin est assurée par la partie inférieure de la lame extracteur logée sur le côté gauche du boîtier.
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Le tireur peut alors laisser la détente revenir vers l’avant : soit en rabattant le chien précautionneusement, soit en relâchant la détente si celle-ci était en pression après le déclenchement du mécanisme de façon préalable au chargement. Pour faire feu, le tireur devait soit ré-armer le chien, soit exercer une longue pression sur la détente : l’arme fonctionnant alors en double action. Du fait de la pression importante qu’il fallait exercer sur la détente en double action Pour tirer en simple action Dès que la munition est mise à feu par le chien, le canon avance en même temps que la balle.
Vraisemblablement, les différentes forces à l’œuvre (masse de pièce, fortement…) sont exploitées pour permettre une ouverture une fois que la balle a quitté le canon. Lors du mouvement avant du canon, l’étui vide est maintenu à l’arrière par l’extracteur. Dès qu’il est totalement extrait de la chambre, l’étui est éjecté sur la droite par l’élasticité de l’extracteur et par la montée de la cartouche suivante. On note que la partie arrière de la chambre est ajourée sur la droite afin d’autoriser l’éjection d’une munition non tirée, celle-ci étant plus longue qu’un étui seul.
Fait amusant, entre les tirs, le canon reste en position avant tant que le tireur n’a pas relâché son doigt de la détente. Ainsi, il est possible de re-approvisionner l’arme sans autre manœuvre que l’introduction de munitions (ou de la lame-chargeur si l’arme est vide) après chaque tir. On note que le chien n’est pas automatiquement réarmé à chaque tir. Le tir en simple action requiert ainsi systématiquement l’armement préalable du chien.
Les essais austro-hongrois, comme les essais réalisés par l’Armée Suisse et plus tard (vers 1900) par l’Armée Américaine, se soldèrent par le rejet du modèle 1894. Dès 1895, Ferdinand Mannlicher renonça au principe de fonctionnement par avance du canon et breveta un nouveau modèle de pistolet semi-automatique comportant un canon fixe et une culasse mobile non calée. Enfin, en 1896, il fit mettre en fabrication un nouveau pistolet semi-automatique : le modèle 1896, sur lequel beaucoup d’archaïsmes avaient été supprimés.
En 1918, plusieurs anciens membres du service militaire austro-hongrois ont pris le contrôle de l'atelier d'armement austro-hongrois de Brno, en Tchécoslovaquie, et l'ont rebaptisé Státní zbrojovka a strojírna v Brno (State Armament and Engineering Works of Brno). Environ un an plus tard, le nom a été changé pour Československá Zbrojovka (Usine d'armement tchécoslovaque). Les anciennes provinces de Bohême et de Moravie ont longtemps été des centres de fabrication d'armes à feu dans leurs régions.
Avant 1924, cette entreprise s'occupait principalement des fusils de type Mauser modèle 98 (assemblage et fabrication). Česká zbrojovka Uherský Brod, ou ČZUB, a été fondée le 27 juin 1936 en tant que filiale de l'entreprise d'armement Česká zbrojovka Strakonice dans la petite ville morave d'Uherský Brod en Tchécoslovaquie, actuellement en République tchèque. La décision a été prise à la lumière de la montée en puissance de l'expansionnisme de l'Allemagne nazie, en particulier après la remilitarisation sans opposition d'Adolf Hitler dans la Rhénanie dans le but de déplacer la fabrication des armes à feu plus loin de la frontière allemande.
Entre 1964 et 1966, le gouvernement tchèque a transféré la production d'armes d'épaule de Zbrojovka Brno à Ceská Zbrojovka Uhersky Brod (ČZUB). Tout au long de la guerre froide, ČZUB a fabriqué une grande variété d'armes légères militaires dont la Sa vz. 58, la carabine d'assaut Škorpion vz. Bien que de nombreuses armes à feu aient été conçues à Brno, Zbrojovka Brno n'en fut pas le fabricant. Pour cette raison, les armes d'épaule fabriquées au milieu des années 1960, y compris les séries ZKK 600 et ZKK 602 et les carabines ZKM, étaient en fait fabriquées par CZ Uhersky Brod (ČZUB). En raison de la décision du gouvernement tchèque de fusionner la fabrication dans les deux entreprises, la marque Brno a également été utilisée par Ceská Zbrojovka Uhersky Brod.
En 1997, ČZUB a établi une présence permanente aux États-Unis avec la création de CZ-USA. L'usine ČZUB emploie plus de 1800 ingénieurs, artisans et employés d'affaires, ce qui en fait l'un des plus grands fabricants d'armes à feu au monde. Afin de préserver la célèbre tradition de la production d'armes à feu à Brno, Česká zbrojovka a.s a commencé à se préparer à reprendre la division Armes à feu de Zbrojovka Brno, a.s. La société nouvellement créée, initialement nommée BRNO RIFLES, a commencé ses activités au début 2006 et son domaine était la production et le développement d'armes à feu à canon basculant. En 2008, elle est devenue une filiale de Česká zbrojovka a.s. Česká zbrojovka, a.s., par l'intermédiaire de sa filiale CZ-USA est devenue propriétaire d'une des marques d'armes américaines les plus connues : Dan Wesson Firearms. Cette société, à l'origine un fabricant de revolvers fondé en 1968 par un petit-fils du célèbre Daniel B.
Česká zbrojovka a.s a considérablement pénétré les marchés étrangers en ouvrant un espace séparé pour l'assemblage et la réparation des pistolets CZ à l'usine de l'armée FAME à Lima, au Pérou. La société tchèque a participé au projet en fournissant des équipements et des outils modernes et en formant le personnel technique. Cela a permis à l'entreprise péruvienne d'assembler des pistolets CZ, d'en assurer le service et de les vendre sur le marché péruvien, puis dans toute l'Amérique latine. En coopération avec CZ-USA, la production des premières armes à feu CZ a été lancée à Kansas City, Kansas. Il s'agit de modèles sélectionnés de la série de pistolets CZ P-10, qui a connu un grand succès.
Ce revolver à barillet non basculant et carcasse fermée fut produit à près de 180000 exemplaires de 1898 à 1912 par la firme Waffenfabrik Leopold Gasser de Vienne (Autriche). Il possède un percuteur situé sur l'arme elle-même et non sur le chien. Il fonctionne en double action et est munie d'une portière de chargement et d'un extracteur individuel par tige. Son canon comporte 4 rayure à droite. Sa munition est proche (dimension) mais non interchangeable avec celle du Revolver Mle 1892 8 mm français. Il a été copié en Belgique par la Manufacture d'Armes Liégeoise en 7,62mm Nagant.
Bien que retiré du service dans la cavalerie au profit du Roth-Steyr M1907 et de l'infanterie, remplacé par le Steyr Hahn M11/M12/M12 P16, il connut 1914-1918 puis la Seconde Guerre mondiale aux mains de combattants italiens et yougoslaves. La munition en 8 mm Gasser : petite curiosité ... c'est un 8 coups
La Hongrie entreprend le remplacement de tous ses modèles d’armes de poing hérités de l’Empire Austro-Hongrois, notamment le modèle Steyr Roth (utilisant une munition obsolète) et le Frommer Stop (complexe à produire). En 1929, l’armée hongroise adopte un modèle fabriqué par FEG à Budapest et conçu par Rudolf FROMMER, disponible en calibre .380 ACP ou 9mm court. Plus économique à produire et d’utilisation simplifiée, ce pistolet s’inspire du Colt 1908, avec un fonctionnement de culasse non calée. Il sera ultérieurement remplacé par la version 1937, qui facilite l’usinage et la production.
Le modèle sera disponible en deux calibres : 7.65 court (32 ACP) et 9mm court (380 ACP). Ces armes sont remarquablement construites, bénéficiant d’une finition de haute qualité. Elles se sont avérées fiables et satisfaisantes dans toutes les situations d’utilisation.
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