La balistique est l'une des plus vieilles spécialités de la police scientifique. Le premier cas documenté d'une enquête où l'examen d'un projectile a participé à l'identification d'un coupable remonte à 1835, à Londres.
Au laboratoire de l'INPS, à Lyon, des experts savent faire parler la poudre. Ici, la balistique est un travail d'équipe. Le balisticien va tirer les informations de l'arme ou des projectiles, et déterminer les trajectoires à partir des points d'impact. Le médecin légiste peut établir une distance de tir à partir de la plaie d'entrée, ou du nuage de poudre laissé sur le vêtement d'une victime. Avec eux, un suspect peut difficilement mentir.
La section balistique du laboratoire de Lyon est plutôt saisie pour des affaires complexes, avec plusieurs victimes ou pour des braquages. Son travail consiste aussi à établir la chronologie des tirs. Ses experts sont régulièrement amenés à se déplacer sur les scènes de crime.
Au labo, ils pratiquent des tirs d'essai. Le légiste, sur des tissus synthétiques qui imitent le corps humain. Le balisticien dispose d'un puits d'eau, d'une profondeur de six mètres, et d'un caisson rempli de couches de feuilles de plastique. Objectif: freiner le projectile pour le récupérer en bon état, avec les marques et les stries laissées par le canon de l'arme.
Invisibles à l'oeil nu, ces empreintes sont enregistrées dans un fichier national, en cours de modernisation. Le logiciel CIBLE (Comparaison et identification par localisation d'empreintes) permet de savoir si l'arme a déjà servi dans une affaire criminelle. En 2014, 43 rapprochements ont été effectués, pour près de 6000 fiches rentrées dans CIBLE.
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"Dans le jargon on dit que les armes tournent moins qu'auparavant, explique Lakdar Attar. Les malfaiteurs ont tendance à se débarrasser immédiatement de l'arme après un premier crime."
Pas de visite à la balistique sans passer par la collection d'armes. Plus de 3000 fusils, pistolets et revolvers sont exposés, un panel des armes à feu utilisées dans les affaires. Sans surprise, les fusils d'assaut de type kalachnikov ont la cote ces dernières années. A côté des armes venues des Balkans, Lakdar Attar voit arriver des contrefaçons "made in China".
Quelques curiosités: des cannes pistolet utilisées au début du siècle pour se défendre des chiens errants, des stylos pistolets utilisés plus récemment pour des règlements de compte entre dealers. Et même, ce pistolet bricolé par un ancien légionnaire avec un serre-joint, un tube en cuivre, et une tapette à souris qui fait office de marteau.
Experts judiciaires à la cour d’appel de Rennes, les experts en balistique tentent de répondre à des questions cruciales dans une affaire criminelle : Qui a appuyé sur la gâchette ? Avec quelle arme ? Combien de coups de feu ont été tirés ?
« Le coup est parti tout seul. » Combien de juges ont entendu cette excuse, vieille comme le monde, de la bouche de meurtriers présumés ? Le bon sens veut que cette version soit rarement valable ; on imagine plutôt le tireur appuyer sur la gâchette. Mais encore faut-il le prouver. « Faire parler les armes », comme dit Philippe Morales, expert en balistique à la cour d’appel de Rennes (Ille-et-Vilaine).
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Sur une scène de crime, l'étude balistique est extrêmement importante. Cela permet de déterminer certains éléments importants pour l'enquête, comme le nombre de balles tirées, l'endroit où se trouvait le ou les personnes impliquées, le type d'arme utilisé etc.
Les kits de trajectoire de balles ont été développés pour regrouper le matériel balistique indispensable à la détermination de la trajectoire d’une balle. Pointeur laser, tiges en acier ou fibre de verre, petits et gros calibres sont inclus.
L'analyse balistique permet de récupérer des informations sur :
Il est donc impératif de disposer d'un matériel de qualité pour trouver les réponses aux nombreuses questions qui peuvent être posées lors d'une enquête et, donc, permettre l'avancée de celle-ci.
Voici quelques exemples de kits d'analyse balistique disponibles :
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| Kit d'Analyse Balistique | Description |
|---|---|
| Kit trajectoire de balles - Pointeur laser rouge | Idéal pour mesurer la trajectoire d'une balle sur une scène de crime. |
| Kit trajectoire de balles - Pointeur vert | Kit ultra-complet pour l'analyse balistique. |
| Mesureur d'angle et d'inclinaison pour balistique | Mesureur d'angles magnétiques résistant aux impacts. |
Stéphane est le « référent balisticien » du service régional de police judiciaire (SRPJ) de Reims. « Je traite principalement ce que l’on appelle de la balistique de proximité », résume ce policier. Soit tous les délits, sauf ceux qui sont liés au terrorisme ainsi que les armes directement liées à une affaire criminelle, domaines pour lesquels seul le laboratoire d’Écully (Rhône), où siège la sous-direction de la police technique et scientifique, est habilité.
Chacune des armes possède sa propre empreinte. Les spécialistes de la police scientifique disposent de plusieurs outils pour les faire parler. Toutes ces expertises permettent de reconstituer la carte d’identité de l’arme : marque, manufacture, provenance, numéro de série, caractéristiques de tir (stabilité, vitesse, réaction) ainsi que la signature du canon.
Sur une arme à feu, le diamètre du canon est évidemment inférieur à celui du projectile. Lorsque le coup part, la balle passe en force dans le canon, lequel strie alors le projectile de façon unique.
Stéphane peut d’abord s’appuyer sur « un fichier dans lequel sont référencés tous ceux qui possèdent un permis de chasse ou une licence de tir ainsi que toutes les armes qui ont été soumises à déclaration préfectorale ».
Qu’est-ce qu’un stigmate de tir ? « Des micro-marques qui vont être analysées avec un microscope électronique à balayage. » À l’instar des fichiers d’empreintes digitales et génétiques, ces « signatures » permettent d’orienter les recherches vers une catégorie d’arme voire une arme précise.
« Imaginons qu’on retrouve sur une scène de crime des étuis de 7.62 - utilisées pour les kalachnikov. Imaginons ensuite qu’à l’occasion d’une perquisition, on trouve des kalachnikovs. On fera des tirs de comparaison qui provoqueront des stigmates de tir. On enverra ça au labo qui, en retour, pourra peut-être nous dire : “ Les stigmates de tir qu’on retrouve sur les étuis de comparaison sont les mêmes que les étuis retrouvés sur la scène de crime.” Ce qui voudra dire que l’arme saisie en perquisition est la même que celle qui a servi sur la scène de crime. »
La volonté de développer la balistique de proximité demeure relativement récente : « Cela remonte à 2007, lorsqu’on s’est rendu compte que beaucoup d’armes étaient détruites sans faire l’objet d’examens. » Avant ce virage, 14 % des armes saisies étaient examinées, le reste partant à destruction. Désormais, les instructions sont de systématiser les expertises.
Sur la scène de crime, les trajectoires sont reconstituées à l’aide de fils et de baguettes tendues et mesurées. Chaque pièce rapportée est à nouveau photographiée. Des pesées, des mesures des étuis et des balles ainsi que des analyses chimiques sont effectuées sur ces objets.
L’arme retrouvée est examinée minutieusement. Les traces laissées sur les projectiles sont étudiées grâce à un macroscope, appareil qui permet même à faible grossissement d’obtenir des images nettes et précises. Les images sont scannées, et les ordinateurs cherchent dans une base de données l’image la plus proche possible de celle de la douille trouvée.
L’arme est ensuite testée au stand de tir pour vérifier son état de marche et si des modifications ont été effectuées après sa fabrication. Pour cela, il faut mesurer la pression nécessaire sur la queue de détente pour faire feu et tester si un choc accidentel ne provoque pas le départ du coup.
Des tirs sur cible renseignent sur la direction et la distance d’éjection des douilles. Pour savoir s’il s’agit de l’arme du crime, deux dispositifs sont utilisés : un tunnel de tir, tube d’acier monté sur pendule et rempli de coton qui absorbe l’énergie ; une cuve remplie d’eau de densité progressive qui freine le projectile.
Il faut ensuite comparer les étuis retrouvés et ceux de l’arme testée, de même avec les balles avec un double macrocope. La juxtaposition des deux images sur un écran permet d’examiner les marques. Si il y a correspondance, l’arme retrouvée est bien celle du crime. Si aucune arme n’a été retrouvée, on parle de modèles potentiels.
La police scientifique dispose d’une collection d’armes (environ 10 000 armes différentes de 1877 à nos jours) et de munitions (depuis 1880) : armes d’alarmes, armes de tir, armes de guerre, armes de chasse, armes artisanales, etc, retrouvées sur les scènes de crime.
Les catégories d'armes sont les suivantes :
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