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Dans la deuxième moitié des années 1930, les relations franco-italiennes se dégradent, et le 22 mai 1939, le pacte d’Acier renforce cette alliance entre l'Italie et l'Allemagne nazie.

La Seconde Guerre Mondiale et l'Italie

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) a profondément marqué l'Italie. Dès mars 1938, Hitler envahit l’Autriche, et six mois plus tard, c’est au tour de la Tchêcoslovaquie. En avril 1940, le Danemark et la Norvège sont envahis, suivis par la Belgique, les Pays-Bas et la France.

Le 10 juin 1940, l'Italie entre en guerre, et Mussolini lance : « Fantassins d’Italie, l’heure solennelle est arrivée! » en direction des « nouveaux et immanquables destins de l’Italie impériale. »

La Bataille des Alpes

Du 21 au 24 juin 1940 se déroule «la bataille des Alpes». Occupant des lignes de position solides sur la «ligne Maginot des Alpes» et bien commandées par le général Olry, les troupes françaises parviennent à tenir en échec les troupes italiennes dans les Alpes. Les troupes italiennes parviennent à s’empare de Menton.

L’ avance allemande dans la vallée du Rhône et la signature de l’armistice de Rethondes, conduisent à l’arrêt des combats. Mussolini justifie la faible combativité des troupes italiennes à Hitler en disant : «C’est la matière qui me manque. Michel-Ange avait aussi besoin de marbre pour faire ses statues. S’il avait seulement eu de l’argile, il n’aurait été que céramiste.

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L’armistice franco-italien est signé à la Villa Incisa à Olgiata près de Rome le 24 juin 1940. Mussolini qui avait envisagé une vaste occupation, se contente de l’occupation de quelques communes alpines et de la ville de Menton, à laquelle s’ajoute une zone démilitarisée de cinquante kilomètres à l’puest de ces territoires.

L’armistice est beaucoup moins contraignant que celui signé avec l’Allemagne ; il comporte des clauses sur la démilitarisation de la zone d’occupation et sur la suppression des barrières douanières, mais contrairement à l’armistice franco-allemand, il ne comporte pas d’articles sur le versement d’indemnités d’occupation ni sur la livraison de réfugiés antifascistes.

L’Italie occupe donc une faible partie du territoire français : 13 communes, des communes de la Haute-Tarentaise et de la Haute-Maurienne et la ville de Menton, soit 830km2, des territoires comptant 28 000 habitants dont 21 000 à Menton.

L’Italie entend marquer sa souveraineté sur ces territoires. Ce n’est pas le cas pour les communes alpines, mais la situation de Menton est plus complexe et peut apparaître comme une sorte de «laboratoire» préludant à une annexion.

L'Occupation Italienne en France

Diane Grillère, agrégée et docteure en histoire, consacre un ouvrage à l’occupation italienne en France, étudiant les ambitions impériales de l’Italie fasciste et la réalité de l’occupation.

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L’Italie occupe une faible partie du territoire français. La politique d’occupation est définie par la convention d’armistice et par la décision administrative de Mussolini du 30 juillet 1940. Les fonctionnaires civils français sont maintenus en place mais ils sont placés sous l’autorité de commissaires civils italiens dépendant eux-mêmes du commandement militaire.

Des organisations fascistes s’installent à Menton : le parti fasciste lui-même, mais aussi une section des Balillas et une section du Dopolavoro, l’organisation de loisirs fasciste. De la même manière, les milieux économiques italiens cherchent à accroître leur implantation à Menton.

Mussolini a incontestablement des visées impériales. Il s’agit d’affirmer la puissance italienne autour de la Méditerranée et de reconstituer la puissance de l’empire romain. En ce qui concerne la France, il s’agit de mener une politique d’annexion : Nice, la Corse sont considérés comme « territoires irrédentes», la Tunisie et Djibouti.

Le 11 novembre 194, les troupes allemandes et italiennes envahissent la zone libre. La zone d’occupation italienne suit à peu près «la ligne du Rhône», les Allemands s’étant réservés quelques zones stratégiques de Lyon à Nantua et de Toulon à Avignon. La Corse est également occupée par 80 000 soldats italiens et des chemises noires, soit environ un occupant pour trois habitants. La France doit contribuer à l’entretien des troupes d’occupation et doit verser une contribution d’un milliard de Francs par mois.

Après l’occupation de la zone libre, de nombreux Juifs se réfugient en zone italienne. Comme le souligne Marie-Anne Matard-Bonucci, les dirigeants italiens mènent une politique «schizophrène», les lois antijuives étant en vigueur dans la péninsule alors que les Juifs sont protégés dans la zone d’occupation. ÀNice, les autorités italiennes suppriment les restrictions de circulation imposées aux Juifs par le préfet des Alpes-Maritimes. Les préfets de Vichy envisageant d’interner les Juifs étrangers et surtout d’expulser les Juifs étrangers vers la zone d’occupation allemande, les autorités italiennes s’opposent à ces mesures.

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L’occupation italienne de la zone libre correspond à peu près à la période de l’instauration du STO et au développement des maquis dans les Alpes, maquis composés de nombreux réfractaires. On compte 5 à 6 000 maquisards dans la zone italienne.

Le 25 juillet1943, Mussolini est démis de ses fonctions et remplacé par le maréchal Badoglio. Les Italiens retirent une partie de leurs troupes. Le 8 septembre 1943, l’Italie signe un armistice avec les Alliés. Les troupes italiennes se retirent du territoire français. Les Allemands cherchent à désarmer les troupes italiennes, sans toujours y parvenir.

Les Alpes Occidentales : Une Frontière Contestée

Au cours des siècles, les Alpes occidentales n’ont jamais été une frontière établie entre l’Italie et la France. Jusqu’en 1861, l’État des ducs de Savoie s’étendait de Chambéry à Turin et, plus tard, jusqu’à Nice. C’est seulement cette année-là que cette frontière prit un caractère définitif.

Sur le plan géographique et militaire, la frontière favorise la France. Le théâtre des opérations, de la frontière au Rhône, a une profondeur de 200 km de terrains montagneux avec plusieurs barrières naturelles. Le versant italien est plus court, toutes les vallées de longueurs variables descendent directement sur la plaine du Pô.

En 1940, cinq cols étaient praticables par des troupes motorisées : le Petit-Saint-Bernard au nord, le Mont-Cenis et le Montgenèvre au centre, et le col de la Maddalena et le col de Tende au sud. La frontière fut fortifiée de chaque côté lorsque les rapports entre l’Italie et la France se détériorèrent.

Entre les deux guerres mondiales, les rapports entre la France et l’Italie furent globalement mauvais. Malgré cela, l’état-major de l’armée italienne ne prit jamais en considération une offensive contre la France.

En dix-huit ans de dictature, Mussolini mena une politique de prestige et une propagande guerrière très au-dessus des forces d’une puissance moyenne comme l’Italie. Le début de la guerre européenne mettait fin au bluff, mais renoncer au rôle de grande puissance pour l’Italie signifiait la fin du prestige du duce et peut-être de sa dictature. Mussolini choisit donc de se lier à l’Allemagne nazie par le « pacte d’acier », une alliance offensive, en mai 1939, mais quand la guerre éclata, la neutralité fut un choix presque obligé.

En juin 1940, le groupe d’armées Ouest, déployé en Piémont et en Ligurie, comprenait deux armées : la Ire armée au sud et la IVe armée au nord. Pour un total de 18 divisions d’infanterie, 4 divisions alpines et 6 groupes de bataillons aux effectifs légèrement inférieurs, il y avait environ 300 000 hommes et 3 000 canons.

En septembre 1939, la 4e armée française déployée du Mont-Blanc à la Méditerranée comptait 11 divisions actives (dont 6 alpines), ainsi que les troupes pour la défense de la frontière, détachements mobiles et garnisons des fortifications. En tout, 550 000 hommes, beaucoup plus que nécessaire pour la défense d’une frontière bien fortifiée.

Pour les Français, la déclaration de guerre italienne, alors que les troupes allemandes avançaient sur tous les fronts, fut un coup de poignard dans le dos. Mussolini aspirait à se joindre à la victoire de Hitler, sa fameuse déclaration à Badoglio, « j’ai besoin de quelques milliers de morts pour m’asseoir à la table de la paix », résume bien l’orientation de la guerre déclarée le 10 juin 1940.

Le commandant du groupe d’armées Ouest était le prince Umberto, l’héritier au trône, une figure évanescente. En réalité, les décisions étaient prises à Rome par Mussolini, avec quelques limites posées par le maréchal Badoglio, chef d’État-Major général mis à l’écart, d’incroyables retards de transmission contribuèrent donc à la confusion du général Roatta, l’adjoint de Graziani resté à Rome pour diriger l’état-major de l’armée.

« Savoie, Nice, Corse, Tunis, Djibouti », tels étaient les objectifs réclamés en 1939 dans les manifestations de rue fascistes. Mussolini s’attendait à les recevoir en cadeau de Hitler, et en juin 1940, il avait des prétentions encore supérieures : l’occupation de la France jusqu’au Rhône et la mainmise sur la flotte de guerre française. Des ambitions et des illusions qui furent réduites de manière draconienne lors de sa rencontre avec Hitler le 18 juin à Munich. La décision fut claire, Mussolini n’obtiendrait que les territoires français qu’il réussirait à occuper avant la conclusion imminente de l’armistice.

Le 21 juin, Graziani passa l’ordre aux armées : « Les Allemands ont occupé Lyon, il faut éviter de manière catégorique qu’ils arrivent les premiers à la mer. Cette nuit à trois heures, vous devez attaquer sur tout le front, du Saint-Bernard à la mer. L’aviation contribuera par des bombardements de masse sur les fortifications et sur les villes.

Ce fut une offensive sans espoir, car la frontière française était bien fortifiée et les études italiennes excluaient la possibilité d’une percée. Les troupes italiennes devaient donc partir à l’attaque des positions françaises sans autre appui que le feu des forts italiens, presque toujours orientés à la défensive.

En termes militaires, cette offensive était vouée à l’échec dès le départ. En termes politiques, cette offensive devait démontrer que l’Italie fasciste avait, elle aussi, pris part à la guerre. Aussi, il y avait encore un espoir mal dissimulé : que l’effondrement de la France face aux Allemands gagnât aussi l’armée des Alpes, de manière à permettre une avancée italienne facile.

La résistance victorieuse de l’armée des Alpes fut l’unique succès français du tragique désastre du printemps 1940. Le grand mérite de l’armée des Alpes du général Olry fut de continuer à combattre avec détermination quand la France s’écroulait, même contre les Allemands qui avançaient depuis Lyon.

La façon la plus efficace pour présenter les combats est de comparer les pertes. Les Français eurent 37 morts, 62 blessés, 155 prisonniers ; les Italiens : 642 morts, 2 631 blessés, 2 151 gelés, 616 portés disparus.

Tableau des Pertes Humaines Durant l'Offensive Italienne

Nation Morts Blessés Prisonniers Gelés Disparus
Français 37 62 155 - -
Italiens 642 2631 - 2151 616

tags: #arme #demilitarisation #italie #historique

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