Envie de participer ?
Bandeau

Les armes sont classées en 4 catégories en fonction de leur dangerosité. La catégorie A est interdite sauf exceptions. La catégorie B est soumise à autorisation. La catégorie C est soumise à déclaration. La catégorie D peut être achetée et détenue librement.

Armes en vente libre : Catégorie D

Voici les armes classées en catégorie D (hors munitions) :

Classement Désignation Caractéristiques Exemples
D - a) Tous objets pouvant constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique Arme non à feu camouflée, Poignard, Couteau-poignard, Matraque, Projecteur hypodermique, Couteau dit papillon ou Balisong, Couteau à cran d'arrêt avec mécanisme d'ouverture automatique, Arme blanche de jet appelée étoile de Ninja, Arme mixte d’un modèle antérieur à 1946 combinant une arme contondante dite coup de poing américain avec une arme blanche à lame
D - b) Bombe aérosol lacrymogène ou incapacitante Capacité de 100 ml maximum
D - c) Arme à impulsion électrique de contact Matraque électrique, poing électrique, certains modèles de shocker
D - d) Arme classée aux e, f ou g qui a été neutralisée
D - e) Arme historique et de collection Modèle non dangereux d'avant 1900 figurant sur une liste des ministères de l'intérieur et de la défense
D - f) Reproduction d'arme Modèle d'avant 1900. Tire uniquement des munitions sans étui métallique. La fabrication ne doit pas améliorer sa précision et sa durabilité.
D - g) Arme historique et de collection Modèle d'après 1900 figurant sur une liste des ministères de l'intérieur et de la défense
D - h) Arme et lanceur dont le projectile est propulsé de manière non pyrotechnique Énergie à la bouche comprise entre 2 et 20 joules Lanceur de paint-ball, carabine à air comprimé
D - k) Matériel de guerre neutralisé (rendu inapte au tir) Modèle d'avant 1946 sauf les armes à feu des catégories A, B ou C neutralisées
D - l) Matériel de guerre neutralisé (rendu inapte au tir) Modèle d'après 1946 figurant sur une liste du ministère de la défense

Conditions d'acquisition et de détention

Vous devez être majeur pour acquérir une arme de catégorie D, y compris ses éléments et munitions.

Port et Transport

Le port et le transport d'une arme de catégorie D hors de votre domicile (par exemple, dans votre voiture) sont interdits sans motif légitime. En cas de contrôle de sécurité (vérification d'un sac, d'un véhicule…), vous devez être en mesure de fournir un motif légitime.

Pour déterminer si vous avez une raison valable de porter ou transporter une arme, les forces de l'ordre, ou le juge en cas de litige, tiennent compte des circonstances de lieu, de temps, du type d'arme portée et du profil du détenteur. L'examen du motif légitime se fait au cas par cas. Ainsi, prétendre que l'arme servirait à mieux affronter une altercation ou un danger ne constitue pas un motif légitime en soi. Cela dépend des lieux, des circonstances et du contexte.

Lire aussi: Initiation Tir Sportif Tours

Sanctions

Les sanctions applicables en cas de port ou de transport d'une arme de catégorie D hors de votre domicile, sans motif légitime, varient selon l'arme :

  • Arme et lanceur dont le projectile est propulsé de manière non pyrotechnique (énergie à la bouche comprise entre 2 et 20 joules) : Vous risquez une amende de 750 €. Exemple : Lanceur de paint-ball, carabine à air comprimé.
  • Arme de catégorie D à feu : Vous risquez une amende de 15 000 € et 1 an de prison. Si vous commettez l'infraction avec une autre personne, vous risquez une amende de 30 000 € et 2 ans de prison.
  • Autre arme de catégorie D : Vous risquez une amende de 15 000 € et 1 an de prison. Si vous commettez l'infraction avec une autre personne, vous risquez une amende de 30 000 € et 2 ans de prison. Toutefois, si vous remettez volontairement l'arme aux forces de l'ordre, vous risquez une amende forfaitaire de 500 €. Le montant est minoré (400 €) ou majoré (1 000 €) selon le délai dans lequel vous payez l'amende.

À savoir : Dans les espaces et véhicules affectés au transport public, il est interdit à toute personne de porter, de manière visible, tout objet dont la ressemblance avec une arme des catégories A à D pourrait créer un trouble à l’ordre public. Ne pas respecter cette règle est sanctionné par une amende pouvant aller jusqu'à 750 €. L'objet ayant servi à commettre l'infraction peut être confisqué.

Transformation d'une arme

La transformation d'une arme est interdite à quiconque ne disposant pas d'un agrément d'armurier. Ne pas respecter cette règle est sanctionné par une contravention de 1 500 € maximum. Si la transformation de l'arme aboutit à en modifier la catégorie, il s'agit d'un délit puni d'une peine de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Toutefois, l'ajout d'accessoires (poignée, lunette de visée…) est autorisé si cela ne modifie pas les caractéristiques de l'arme.

Interdictions d'acquisition et de détention

Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C :

  1. Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes :
    • Meurtre, assassinat ou empoisonnement
    • Tortures et actes de barbarie
    • Violences volontaires
    • Exploitation de la vente à la sauvette
    • Travail forcé
    • Réduction en servitude
    • Administration de substances nuisibles
    • Embuscade
    • Menaces d'atteinte aux personnes
    • Viol et agressions sexuelles
    • Exhibition sexuelle
    • Harcèlement sexuel
    • Harcèlement moral
    • Enregistrement et diffusion d'images de violence
    • Trafic de stupéfiants
    • Infractions relatives aux armes
    • Enlèvement et séquestration
    • Détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport
    • Infractions relatives à la traite des êtres humains et à la dissimulation forcée du visage d'autrui
    • Proxénétisme et infractions qui en résultent
    • Recours à la prostitution des mineurs ou de personnes particulièrement vulnérables
    • Exploitation de la mendicité
    • Atteintes aux mineurs et à la famille
    • Vols
    • Extorsion
    • Demande de fonds sous contrainte
    • Recel de vol ou d'extorsion
    • Destruction, dégradation et détérioration d'un bien
    • Destruction, dégradation et détérioration ne présentant pas de danger pour les personnes commises en état de récidive légale
    • Destruction, dégradation et détérioration dangereuses pour les personnes
    • Menaces de destruction, de dégradation ou de détérioration et fausses alertes
    • Blanchiment
    • Actes de terrorisme
    • Entrave à l'exercice des libertés d'expression, du travail, d'association, de réunion ou de manifestation
    • Participation à un attroupement en étant porteur d'une arme ou provocation directe à un attroupement armé
    • Participation à une manifestation ou à une réunion publique en étant porteur d'une arme
    • Participation à un groupe de combat interdit
    • Intrusion dans un établissement d'enseignement scolaire par une personne porteuse d'une arme
    • Rébellion armée et rébellion armée en réunion
    • Association de malfaiteurs
    • Fabrication ou commerce de matériels de guerre, armes, munitions et de leurs éléments sans autorisation
    • Acquisition, cession ou détention sans déclaration d'armes ou d'éléments d'armes de catégorie C ou de leurs munitions
    • Détention d'un dépôt d'armes ou de munitions de catégorie C ou de certaines armes de catégorie D
    • Acquisition ou détention d'armes, de munitions et de leurs éléments en violation d'une interdiction prévue
    • Obstacle à la saisie d'armes, de munitions et de leurs éléments
    • Port, transport et expéditions d'armes, de munitions ou de leurs éléments des catégories C ou D sans motif légitime
    • Le délit prévu à l'article L. 317-10-1
    • Importation sans autorisation des matériels de guerre, armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B, C ou d'armes, de munitions et de leurs éléments de catégorie D énumérées par un décret en Conseil d'État
    • Fabrication, vente, exportation, sans autorisation, d'un engin ou produit explosif ou incendiaire, port ou transport d'artifices non détonants prévus aux articles L. 2353-4 à L.

Saisie d'armes et Fichiers

L’autorité préfectorale n’a pas le pouvoir de procéder à la confiscation d’armes à proprement parler. Le détenteur sera préalablement averti du projet de dessaisissement et aura 15 jours pour présenter des observations au préfet. A l’issue du délai, si le préfet n’a pas reçu la preuve du dessaisissement, il peut ordonner de la remettre aux services de police ou gendarmerie. dispose d’un bulletin n°2 de casier judiciaire mentionnant l’une des infractions visées à l’article L.

Lire aussi: Tout savoir sur les airsoft métal

Ainsi des armes de collections peuvent être « embarquées » sans ménagement sur simple décision du préfet. Lors du vote de la loi de 2012, nous nous étions battus pour que les armes de la catégorie D soient exclues des saisies administratives. Mais les amendements déposés par les parlementaires ont été rejetés « avis défavorable du gouvernement ». L’ancienne réglementation permettait au préfet de saisir les armes des catégories 1 à 7 lors de la commission de certaines infractions. La nouveauté de la loi de 2012 [3] est de se limiter simplement au vocable « les armes » sans autre précision, ce qui inclut aujourd’hui les armes de catégorie D, que ce soit les armes de chasse, de collection, répliques ou neutralisées.

Pour le moment, aucune jurisprudence n’existe autour de cette modification. Mais en période d’état d’urgence, il est facile de constater que cette « crainte » est largement utilisée et des amateurs d’armes sans problème en font les frais. Il est précisé que cette mesure est prise sans formalité préalable, ni procédure contradictoire. C’est l’application pour les armes du « principe de précaution ». L’arrêté de saisie implique alors l’interdiction d’acquisition et de détention d’armes pour le détenteur qui sera alors inscrit dans le FINIADA.

Les préfectures consultent également le TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaires). Le grand désordre qui règne dans ce fichier est connu de la CNIL et du Ministère de l’Intérieur.

Système d'information sur les armes (SIA)

Les détenteurs d'armes particuliers majeurs suivants doivent créer un compte dans le SIA :

  • Personne ayant un permis de chasser, détentrice d'une arme, ou souhaitant acquérir et détenir une arme
  • Personne titulaire ou ayant été titulaire d'une licence de la Fédération française de tir pour la pratique du tir, du ball-trap ou du biathlon, détentrice d'une arme, ou souhaitant acquérir et détenir une arme
  • Personne souhaitant conserver une arme héritée ou trouvée
  • Personne détentrice ou souhaitant acquérir certaines armes de catégorie C et n'ayant ni permis de chasser, ni licence pour la pratique du tir, du ball-trap ou du biathlon. Il s'agit des armes de catégorie C3 (arme à feu fabriquée pour tirer une balle ou plusieurs projectiles non métalliques), de catégorie C9 (arme à feu de catégorie A, B ou C neutralisée) et C12 ( arme d'alarme et de signalisation).

Le SIA permet de faire ses démarches en ligne et d'accéder à son râtelier numérique.

Lire aussi: Fusil à pompe : votre allié pour la défense

Autorisation d'acquisition et de détention

Pour les armes de catégorie C soumises au régime de la simple déclaration, il suffit d’accomplir la formalité déclarative (chasseurs, tireurs sportifs, collectionneurs). Pour les armes de catégorie B, une demande d’autorisation d’acquisition ou de détention doit être nécessairement formalisée auprès de l’administration. Cette demande doit être adressée au préfet du lieu du domicile[15]. Le silence gardé par l’administration pendant trois mois vaut décision de rejet de la demande[16]. Sachant que l’autorisation donnée par l’administration est caduque à l’expiration d’un délai de 6 mois, délai à l’issu duquel il devient donc impossible d’acquérir ou de détenir une arme, sauf à reformuler une nouvelle demande[17]. Il est aujourd’hui possible de solliciter du préfet la délivrance, en plus de cette autorisation, d’une carte européenne pour l’acquisition et la détention d’armes[19]. Une fois délivrée, celle-ci est également valable pour une période de 5 ans. Il est important, enfin, de bien respecter les hypothèses de dessaisissements obligatoires d’une arme.

Notification et Durée de l'autorisation

Après examen de la demande par l’autorité compétente, la décision est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec accusé de réception et l’autorisation est accordée pour une durée de 5 ans. La personne dispose ensuite d’un délai de 3 mois à compter de la réception de l’autorisation pour acquérir une arme correspondant à la catégorie autorisée.

Demande de renouvellement

La demande de renouvellement doit être déposée au moins 3 mois avant la date d’expiration de l’autorisation et elle est étudiée comme une première demande. A cette occasion, est délivré un récépissé, qui vaut autorisation provisoire jusqu’à la délivrance de la nouvelle autorisation. En cas de refus de renouvellement ou de retrait de l’autorisation, la personne concernée doit se dessaisir de son arme et des munitions correspondantes.

Retrait de l'autorisation

L’autorisation donnée par le préfet d’acquérir ou de détenir une arme de catégorie B peut être retirée « pour des raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes »[21]. « Si le comportement ou l’état de santé d’une personne présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui », le préfet peut lui enjoindre de remettre ses armes aux autorités, quelle qu’en soit la catégorie[22]. La remise doit alors s’effectuer sans délai, sous peine d’entrainer une saisie forcée par le préfet. Il est important pour l’intéressé de respecter l’injonction préfectorale, le contradictoire étant ici différé. À l’issue de cette procédure contradictoire, le préfet peut décider d’une saisie définitive des armes. Cette nouvelle décision peut également être contestée. Même si l’opération de saisie préfectorale des armes est donc bien une opération à double détente, l’état actuel de la jurisprudence ne permet cependant de contester chacune de ces décisions que pour elle-même. Il est possible également au préfet d’ordonner à un particulier de se dessaisir de ses armes « pour des raison d’ordre public ou de sécurité des personnes[28] », cette décision devant toutefois être motivée[29]. Ici, la procédure est contradictoire ab initio[30]. L’intéressé peut contester en effet le bien-fondé de la décision préfectorale dans le délai qui lui est laissé pour se dessaisir de son arme. À nouveau, l’absence de dessaisissement volontaire peut entrainer une procédure de saisie-forcée sur autorisation, toujours, du juge des libertés et de la détention[31]. Il a été jugé que des faits de violences réciproques ayant donné lieu à une médiation pénale n’étaient pas, par exemple, nécessairement incompatibles avec la détention d’une arme[32].

Fichier National des personnes Interdites d’Acquisition et de Détention d’Armes (FINIADA)

Les interdictions d’acquisition ou de détention d’armes figurent au Fichier National des personnes Interdites d’Acquisition et de Détention d’Armes (FINIADA). Ces inscriptions sont en principe d’une durée de 5 ans, même si elles peuvent être exceptionnellement portées à 10 ans par le préfet « en considération du comportement du demandeur ou de son état de santé ou pour des raisons d’ordre public ou de sécurité des personnes[34] ». Il est toutefois possible de solliciter l’effacement de ces mentions.

tags: #arme #categorie #d #saisie #conditions

Post popolari: