L'histoire des armes incendiaires remonte à l'Antiquité, avec des innovations et des techniques qui ont évolué au fil des siècles. Cet article explore l'histoire et la fabrication des armes à feu et des munitions, en mettant en lumière des exemples concrets et des figures marquantes.
Développé puis régulièrement utilisé par les Grecs du Bas-Empire contre les Arabes, le feu grégeois constituait probablement la première et la plus connue des armes incendiaires. Ses formules, tenues secrètes pendant quatre siècles, seront finalement révélées par les auteurs arabes de l’époque des croisades, puis par divers auteurs après eux, de Marcus Graecus à Léonard de Vinci. Mais cette technologie avait déjà disparu des champs de bataille à l’époque de Léonard, l’artillerie à poudre s’étant avérée beaucoup plus efficace.
Si les différents manuscrits de Léonard de Vinci qui nous sont parvenus semblent muets sur ce sujet spécifique, ce ne sera pas le cas dans les années qui suivent son décès, où divers traités les décrivent, comme ceux de Battista Della Valle, imprimés pour la première fois en italien en 1521 et traduit dès 1529 en français, ou dans celui de Biringuccio, daté de 1540 et traduit dès 1556. Tous témoignent en effet de la réalisation, voire de l’utilisation d’artifices incendiaires et explosifs, lors des guerres du XVIe siècle, comme, par exemple, lors du siège de Metz en 1552.
En ce qui concerne leur étude, s’il en existe de nombreuses sur les feux grégeois, beaucoup plus rares par contre sont celles qui concernent effectivement les « artifices de feu ». À titre anecdotique, seules quelques publications modernes évoquent brièvement le sujet. Ainsi Reinaud et Favé (1845) parlent des pots et autres lances à feu. Toutefois, ni les différents traités, ni les publications récentes ne décrivent autrement que grossièrement la conception des armes en question, restant toujours relativement imprécis, voire confus sur les matières et les matériaux utilisés pour leur conception.
Pour tenter d’appréhender les matériels et méthodes utilisés pour leur réalisation, ainsi que les effets produits lors de l’usage, plusieurs sources peuvent être exploitées. D’une part, l’étude de plusieurs documents manuscrits, dont un extrait de comptes qui correspond donc à une liste de fournitures, intitulé « Parties et sommes de deniers payées baillées et délivrées comptant […] pour achapt de plus(ieu)rs drogues et matières qui ont esté néces(sair)es pour la compo(sitio)n des artiffices de feu que led(it) seigneur Duc de Guise a ordonné au Seigneur de S(ain)t Rémy faire pour la tuition et défense de ceste d(ite) ville de Metz », lequel va nous permettre de récupérer des informations détaillées sur les composés et matériaux nécessaires à leur fabrication.
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Un autre document, listant les armes prêtes à l’usage, intitulé « Inventaire des artifices à feu et autres inventions tant de bois que de fer nécessaires pour la défense de la bresche à Metz inventéz par le S(ieu)r de Sainct Remy de l’ordonnance et commandemant de monseigneur le Duc de Guyse », sera également dépouillé pour énumérer les armes préparées lors de ce siège.
Jean de Renaud de Saint Rémy (de Provence) est l’un des rares ingénieurs militaires français ayant acquis une certaine notoriété, au milieu de nombre d’ingénieurs italiens, actifs dans le domaine des fortifications sous François Ier puis Henri II. Bien que sa jeunesse nous soit mal connue, il semble qu’il fît ses classes au cours des septième et huitièmes guerres d’Italie, notamment aux côtés de Pedro Navarro, ingénieur espagnol passé au service des souverains français, et à qui on attribue souvent la paternité des mines explosives.
Concepteur des remparts de Saint-Paul-de-Vence, il est l’un des cent gentilshommes de la maison du roi, et disparait peu après 1557 après avoir, vraisemblablement, été fait prisonnier par les impériaux lors du siège de la ville de Saint-Quentin. Extrêmement sollicité par les souverains français, il est ainsi envoyé en 1552 aux côtés de Charles de Lorraine, duc de Guise, pour la défense de Metz assiégée par Charles Quint en personne.
À l’époque moderne, lors du siège d’une ville ou d’une forteresse, une des techniques les plus fréquentes pour tenter de réduire la place consistait à réaliser une brèche dans l’enceinte soit par l’utilisation de l’artillerie à poudre, soit par la mise en œuvre d’une mine explosive ; puis, dans un second temps, profitant du passage ainsi créé, d’envahir la fortification par un assaut d’infanterie. Pour tenter de colmater la brèche mais surtout d’en interdire l’accès, les défenseurs pouvaient user de divers armements, soit mécaniques (chausse-trape, gabion, pavois …), soit incendiaire ou explosifs.
Parmi ceux-ci, les « artifices de feu » constituent un ensemble d’armement intéressant puisqu’ils font appel à des compétences techniques tout à fait particulières qui font que le détenteur était qualifié, dès cette époque, d’ingénieur, même si sa formation était réalisée principalement par compagnonnage et si aucune université n’avait validé ses compétences. Au siège de Metz, par exemple, divers artifices vont être prévus, dès avant le début du siège, pour faire face en cas de besoin.
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Enfin, de véritables produits « chimiques » sont également cités, parmi lesquels de nombreux dérivés de gemme de résineux, mais également quelques produits d’extraction minière ou sourcé : « godran », poix molle, « rozine du poix », poix noire, térébenthine, « rézine », poix résine, « souffre, pouldre » ; ainsi que d’autres provenant plus spécifiquement de chez un « appothicaire » : camphre, « huille de pétrolle », sublimé, « salmoniac ».
Les appellations étant parfois nébuleuses, il nous a paru utile de définir précisément ces produits tels que nous les retrouverons plus loin. La térébenthine (« tourmentine ») est une oléorésine obtenue après purification de la résine brute des résineux, qui est parfois appelée simplement poix.
La colophane est en réalité un mélange d'acides organiques de la famille des diterpènes à 90% et de 10% de substances neutres (ester d’acides gras, térébenthine et hydrocarbures). Il s’agit d’une substance combustible, faiblement inflammable, quasi insoluble dans l’eau. Elle est solide et cassante à température ambiante, ne fond pas, mais ramollit à la chaleur (entre 90 à 110°C), et qui peut être utilisée pour coller et imperméabiliser.
Le goudron est produit par la pyrolyse du bois, souvent de résineux épuisés par le gemmage, lors de la fabrication de charbon, ou par simple cuisson de la résine. Localement, il s’agit vraisemblablement d’huile issue de la source dite Baechel-Brunn à Lampertsloch, et signalée dès 1498 par Wimpfeling. D’un point de vue chimique, il est constitué d’un mélange de molécules d’hydrocarbures plus ou moins longues, et donc plus ou moins volatiles et inflammables.
Le camphre est une cétone (1,7,7-triméthylbicyclo [2,2,1]-heptan-2-one) préparé en distillant, avec de l’eau, le bois du camphrier (Laurus camphora). C’est un solide blanc, quasi insoluble dans l'eau, mais soluble en phase organique ; il est également volatil et combustible.
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« Le cercle à feu pour jetter sur les troupes à un assault est ainsi faict : vous prendrez cercles desquels on relie les tonneaux les tremperez en poix fondue & pouldre à canon, mestez ensemble, puis prenez de la toille aussi long que le cercle de tour […] Puis prenez les mixtions faictes d’une livre de grosse pouldre, une once de soulfre, trois livres de salpestre mettez à part chascune partie en poudre. Puis les meslez ensemble à la main, avec un peu d’huille de lin […] Puis vous accomoderez un autre pareil cercle de semblable façon les croiserez & lierez de fil de fer si bien qu’ils ne se puissent serrer, ou séparer quand on les jettera, les voulant jetter sur l’ennemy, mettez le feu en l’amorçe que vous avez en celuy qui est couvert de toille, & le tenez par celuy qui est couver destouppes » (Boillot 1598 :151).
Il s’agit donc de deux cercles de tonneaux fixés ensemble perpendiculairement par du fil de fer ou d’archal, et trempés dans un mélange de résine purifée, agglomérée de poudre à canon. Au moins un des cercles est recouvert de toile emballant un mélange de matériaux aux propriétés inflammables (poudre, soufre en poudre ou en bloc, salpêtre), constitués en pâte huileuse par un mélange dans de l’huile de lin qui sert donc ici d’agglomérant tout en participant à la combustion. Ainsi, les cercles, en roulant vers l’adversaire, devaient pouvoir perturber fortement les vagues d’assaut des assiégeants se ruant vers une brèche.
Ceux-ci sont également nommément cités à plusieurs reprises dans l’inventaire et la liste d’achat de matériaux. Dans ce cas de figure, où on se place du côté du défenseur, on peut raisonnablement penser qu’il s’agit d’un récipient destiné à être envoyé sur l’adversaire.
Le verre pare-balles est une solution conçue pour offrir une protection efficace contre les impacts de projectiles, notamment les balles issues d'armes à feu. Contrairement à un verre standard, qui éclate sous l’effet d’un choc violent, le vitrage pare-balles est fabriqué à partir de matériaux composites capables d’absorber l'énergie cinétique des impacts tout en préservant son intégrité structurelle.
Le verre blindé utilisé pour la fabrication de vitrages anti-balles fonctionne grâce à une combinaison de plusieurs vitres et de films intermédiaires : verre trempé et polycarbonate. Le principe est le suivant : le verre pare-balles transforme la charge ponctuelle du projectile en une charge de surface afin de l’arrêter. Plus le projectile se déforme après l’impact, plus la surface de sa section transversale augmente. Cela augmente l’énergie dégagée par le projectile et le freine en conséquence.
L’impact du projectile sur le verre pare-balles est un processus physique complexe qui se déroule en très peu de temps et avec des forces importantes. Comparé aux métaux, au bois ou au sable, le verre présente un comportement de pénétration différent face aux projectiles. Le problème réside dans le comportement de rupture du verre. Le verre se brise à une vitesse de quelques milliers de mètres par seconde.
Pour contrer ce comportement, SILATEC n’utilise pas seulement du verre mais aussi des matières plastiques hautement transparentes comme le polycarbonate. Le fait que le projectile se déforme, se désintègre ou se brise dépend entre autres de sa construction et de sa vitesse. Les projectiles dits à noyau dur (projectiles AP = Armor Piercing) ne se déforment généralement pas dans le verre pare-balles. C’est pourquoi les projectiles Armor Piercing trempés sont plus difficiles à arrêter que les projectiles plus mous.
L’angle d’impact du projectile sur le verre pare-balles a également une influence sur l’effet protecteur du vitrage. Plus l’angle de tir est petit, moins il est critique pour le verre pare-balles, car plus de matériau est opposé au projectile.
Selon la norme européenne EN 1063, le vitrage pare-balles est classifié selon différents niveaux de résistance, en fonction du type d'arme à feu et de la puissance des impacts. Ces classifications comprennent par exemple :
La manière dont le vitrage pare-balles se fendille du côté de la défense, c’est-à-dire du côté de la protection, est également déterminante. On distingue donc les vitrages sans éclats (NS = no spall) et les vitrages avec éclats (S = spall). L’absence d’éclats (NS) peut être obtenue en remplaçant le verre par une matière plastique, idéalement du polycarbonate, pour la dernière « plaque de verre ».
| Classe | Description |
|---|---|
| BR1 | Résiste aux balles de petit calibre (ex: pistolet 9mm) |
| BR7 | Conçu pour des impacts de fusils d'assaut ou de calibres militaires |
Selon la norme NF EN 1063 une plaque en verre d'une surface de 50 * 50 cm est solidement fixée dans un cadre. Ensuite sont tirés 3 projectiles d'une distance entre 5 et 10 mètres avec un angle de tir bien précis sur cet échantillon de verre. L'essai est considéré comme réussit si aucune balle a passé la vitre.
On distingue 2 compositions de verre différentes :
Ces deux groupes de verre de protection existent ensuite sous deux formes :
Ainsi, le verre pare-balles constitue une solution indispensable pour toute construction nécessitant une protection contre les effractions, les explosions et les tirs d'armes à feu.
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