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Les armes à feu sont très répandues aux États-Unis : 1 Américain sur 4 en possède. Régulièrement, des fusillades font des victimes, mais le nouveau président, Donald Trump, refuse d’interdire les armes dans son pays.

Le droit à porter des armes pour se défendre est donc, pour beaucoup d’Américains, une garantie de leur liberté. C’est aussi un symbole d’héroïsme dans la culture populaire américaine.

Le problème, c’est qu’avec des millions d’armes en circulation, il se produit régulièrement des fusillades meurtrières. Certains États ont donc pris des mesures sur leur territoire, en interdisant par exemple les armes de guerre.

Mais il est beaucoup plus difficile de faire passer des lois sur ce sujet au niveau du pays tout entier. D’autant qu’une puissante association en faveur des armes, la NRA, finance de nombreuses personnalités politiques.

Le Deuxième Amendement : Un Droit Historique et Débattu

Ce qui autorise le port de l’arme aux Etats-Unis aujourd’hui est un texte qui date de la fin du 18ème siècle. Le deuxième amendement est un texte original au sein de la Constitution américaine. Il a été rédigé et adopté en 1791.

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Il fait partie des dix amendements. Cette rédaction intervient après la guerre d’indépendance, c’est à ce moment précis que certaines colonies deviennent autonomes par rapport à la Grande Bretagne.

Le contenu du texte traduit est le suivant : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé ».

Cet amendement fait débat. Si à l’époque, le pays semblait marqué par les différentes guerres, ce qui venait légitimiser l’approbation du second amendement, aujourd’hui il est débattu.

C’est dans la Constitution, la loi suprême du pays, qui s’applique dans chacun de ses cinquante États. Le deuxième amendement de ce texte, rédigé en 1791, le garantit : « Le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé. »

Il est précisé que cela permet de pouvoir constituer des milices pour défendre, si nécessaire, la sécurité de l’État. En effet, peu de temps auparavant, les Américains avaient fait la révolution pour chasser les Anglais et fonder une démocratie.

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Le gouvernement fédéral n’a pas la possibilité d’abroger ou de modifier ce texte sur le droit de s’armer. D’après le dixième amendement de la Déclaration des droits, les pouvoirs qui ne sont pas donnés à l’Etat fédéral par la Constitution appartiennent aux Etats fédérés.

Les cinquante Etats fédérés ont la compétence politique pour durcir ou assouplir la législation sur la question des armes, en vertu du dixième amendement de la Déclaration des droits. Ils ont le pouvoir d’imposer le permis pour porter ou acheter une arme, de contrôler les antécédents des acheteurs et d’interdire certains types d’armes à feu.

Les Fusillades et l'Impact sur la Société Américaine

Les États-Unis assistent tout de même à une vague de criminalité particulièrement importante depuis plusieurs années.Ce sont les fusillades de masse qui nous choquent le plus. Ce sont donc elles que tu peux utiliser comme exemples marquants.

Chaque mois, les États-Unis sont endeuillés par de nouvelles fusillades. Ce terme de « fusillades de masse » (mass shootings en anglais) désigne des tueries faisant au moins quatre victimes, mortes ou blessées.

D’après un rapport publié en septembre 2022 par Gun Violence Archive, les victimes ont atteint un total de 1 420 depuis le 1er janvier 2022, dont 293 morts et 1 127 blessés.

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Mais ces mass shootings ne sont que la partie visible du chaos engendré par les armes à feu. En effet, bien que les fusillades de masse dans les écoles/supermarchés/églises attirent davantage l’attention des médias, les dégâts causés par les armes à feu sont bien plus nombreux au sein des foyers et des maisons.

Les armes à feu sont donc un véritable fléau aux États-Unis (qui connaît un taux d’homicide par armes à feu en moyenne 25 fois plus élevé que celui d’un autre pays développé). Il est aujourd’hui nécessaire de faire face à cette violence.

Au cours des 145 premiers jours de 2022, les États-Unis ont connu 213 fusillades de masse. Le fait d’avoir accès aux armes à feu aux États-Unis triple le risque de suicide.

Le 14 mai, le pays a été secoué par la tuerie de Buffalo. Dix personnes, dont une majorité d’Afro-Américains, ont été abattues par un jeune suprématiste blanc de 18 ans.

N.B. Le 24 mai, un autre jeune de 18 ans a tué 21 personnes (dont 19 enfants) dans une école d’Uvalde au Texas. Le mois de juin a lui aussi été tragique.

Le 1er juin, un homme d’une trentaine d’années a tué au moins quatre personnes dans un hôpital de Tulsa, dans l’Oklahoma. Le 9, une autre tuerie a provoqué la mort de trois personnes à Smithburg dans le Maryland.

Statistiques sur les armes à feu aux États-Unis

Année Nombre d'armes à feu en circulation Nombre de morts par arme à feu
2017 393 millions Plus de 40 000 (par an dans la dernière décennie)
2022 (jusqu'en septembre) N/A 1 420 (fusillades de masse, dont 293 morts)

L’année 2020 a grandement participé à la hausse de cette criminalité. L’ATF constate une augmentation de 64 % du nombre d’armes vendues. Pour les autorités de santé, la pandémie a joué un grand rôle dans cette hausse.

Les Facteurs Contribuant à la Prévalence des Armes à Feu

1) Le droit d’accéder aux armes à feu est un droit constitutionnel. Il est en effet garanti par le Second amendement (ratifié en 1791) qui défend le droit de détenir et de porter des armes. 2) Les armes à feu font partie intégrante de la culture américaine. En 1995, le politologue Robert Spitzer affirmait que la culture américaine des armes à feu s’explique par la prolifération des armes à feu depuis les premiers jours de la nation.

3) Le lobbying pour les droits des armes à feu est bien plus fort que celui pour le contrôle des armes à feu. En 2017, le premier s’élève à 10 millions de dollars, tandis que le second peine à atteindre deux millions.

1) Un sentiment d’anarchie/de désordre qui découle notamment de la violence policière (= « A sense of lawlessness stemming from police violence »). Gary LaFree, Richard Rosenfeld et Randolph Roth ont étudié la question et soulignent que les vagues de criminalité surviennent souvent lorsque les normes sociales s’effondrent.

2) Un sentiment d’isolement et de frustration, sentiment qui a été exacerbé par la pandémie. La Covid a favorisé l’isolement et la prise de position sur de nombreuses questions et a ainsi divisé les concitoyens. Or, lorsque l’empathie pour les autres citoyens décline, la criminalité augmente.

Mais il y a aussi eu une certaine rupture entre les citoyens et le gouvernement. En effet, d’après Gallup, 80 % des citoyens ne sont pas satisfaits par la direction du pays pendant la pandémie.

Certains affirment même que cette relation singulière que les États-Unis tiennent vis-à-vis des armes à feu relève d’une forme sombre de l’exceptionnalisme américain.

Les Mesures Proposées et les Efforts de Contrôle

La première est d’appliquer des « buyback programs ». C’est-à-dire des programmes destinés à racheter les armes qui sont actuellement en circulation aux États-Unis. Cela permettrait de diminuer le nombre d’armes à feu disponibles et ainsi de faciliter leur contrôle.

Cette mesure a notamment été mise en place en 1996 par le Premier ministre australien John Howard et elle est au cœur du National Firearms Agreement.

La seconde est de vérifier plus efficacement les antécédents (Effective background checks) pour résoudre l’une des grandes failles du système américain, souvent appelée « three-day loophole ».

Pour l’expliquer rapidement : actuellement, les antécédents de toute personne souhaitant acheter une arme doivent être vérifiés sous un délai de trois jours pour que cette personne soit autorisée ou non à l’acheter.

Cependant, si les services américains ne réussissent pas à traiter un dossier sous un délai de trois jours, l’individu peut acheter l’arme (quel que soit son profil).

Le bilan au sujet des armes à feu est dans l’immédiat assez décevant.

11 avril 2022 : Joe Biden a durci la réglementation des armes dites « fantômes ». Ces armes sont dangereuses, car non réglementées. Elles ne sont pas traçables et n’existent actuellement pas au regard de la loi.

Le gouvernement américain a donc décidé de sévir contre les fusils artisanaux achetés et vendus sans registre. Le problème qu’il affronte ici est réel et inquiétant.

On estime que le nombre de ce que l’on appelle les « ghost guns » a été multiplié par dix en cinq ans (entre 2016 et 2021). Alors même que ce type d’armes à feu a été utilisé lors de plusieurs tueries de masse.

24 juin 2022 : Joe Biden signe une loi qui permet enfin de renforcer le contrôle des armes à feu dans le pays. Ces mesures visent à renforcer la sécurité des écoles, à assurer un meilleur contrôle de la vente illégale d’armes, à limiter l’accès des personnes dangereuses aux armes à feu et enfin à financer des programmes de soutien psychologique.

Descendre dans les rues pour lutter contre les armes à feu, c’était le projet des manifestations « March for Our Lives » qui se sont déroulées en 2018, en réaction à la fusillade de Parkland.

Ce mouvement a été amplifié sur les réseaux sociaux grâce à des hashtags tels que #NeverAgain, #MarchForOurLives, #WhatIf et #IWillMarch.

Le mouvement « March for Our Lives » a bel et bien eu un impact.

L'Influence de la NRA (National Rifle Association)

L’élément très important à prendre en compte est l’impact des lobbys aux Etats-Unis. La NRA (National Rifle Association of America) est une association à but non lucratif qui a été créée en 1871.

L’objectif est de protéger le droit de porter et de posséder des armes à feu sur le territoire américain. Son nombre de membres est de 6 millions et son influence est grandissante.

Avant d’être la force politique incontournable qu’elle est aujourd’hui, la NRA est à l’origine une organisation de chasseurs et d’amateurs de tirs créée en 1871 par deux anciens combattants de la guerre de Sécession.

La NRA, le principal lobby pro-armes à feu des États-Unis, est en pleine déroute et perd des adhérents. Un déclin qui profite à des organisations d’extrême droite, beaucoup plus radicales, et à des milices surarmées prêtes à tout pour enrôler les 100 millions de détenteurs d’arme du pays.

La très puissance NRA, l’association qui défend aux Etats-Unis le port d’armes depuis 150 ans, est menacée d’un procès retentissant à New-York et son patron, Wayne LaPierre, accusé d’abus de biens sociaux.

Ce premier verdict rendu mardi soir ne sonne pas, pour autant, la disparition de la NRA. D’abord, parce que l’association pourrait décider de faire appel ou de trouver un arrangement financier avec l’Etat de New York avant d’en arriver au procès.

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