Annemarie et Gérard Tapie ont, durant cinq décennies, constitué une collection exceptionnelle de plus de 180 pièces illustrant l’histoire des arts militaires et cynégétiques en Europe de la fin du XVIe siècle au début du XIXe siècle. Passionnée d’histoire, Annemarie et épris des mécanismes innovants, Gérard ont composé en harmonie, pendant plus de cinquante ans, leur collection d’armes anciennes.
« Ils n’ont pas eu la même approche, mais se complétaient parfaitement et repéraient toujours le même objet », constate Gaëtan Brunel qui s’est chargé de l’expertise des quelques 184 lots de leur collection, leurs « compagnons de vie » mis à l’encan le 27 octobre à Louviers.
Au catalogue de la vente, des pièces aux provenances prestigieuses côtoient ainsi des armes qui doivent davantage leur attrait à la rareté de leur système de mise à feu. Leur collection, les Tapie l’ont enrichie au gré de rencontres et de voyages.
Leur quête les a notamment conduits à rassembler un grand nombre de rouets français, très rares sur le marché. « Clément Bosson, un spécialiste suisse des armes anciennes, soulignait à juste titre que pour cent pistolets à rouets allemands, on ne trouve qu’un seul pistolet à rouet français, détaille l’expert.
Les rouets allemands sont plus faciles à entretenir, car le ressort du rouet est vissé sur la platine. Au catalogue des rouets français, Gaëtan Brunel attire notre attention sur une très longue paire de pistolets de Duclos, l’arquebusier de Louis XIII. « C’est rarissime, l’œuvre connue de François Duclos se limite au fusil du musée de l’Armée et à une paire de pistolets à rouet conservée à New York.
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Au XVIIe siècle, la platine à rouet fut progressivement remplacée par la platine à silex, réputée plus fiable que la platine à mèche et moins fragile et onéreuse que le rouet. Une invention illustrée au catalogue par une rare paire de pistolets signés « Giova Antonio Gavazolo », un modèle original et précoce daté autour de 1640. « Ces pistolets à silex ont 40 à 50 ans d’avance ! Giova Antonio Gavazolo était l’arquebusier officiel de la ville de Venise et il est à l’origine de cadeaux diplomatiques prestigieux, de Louis XIII au Shah de Perse.
De Boutet à Lepage, les plus grands armuriers se côtoient au sein de cette collection. « Nicolas-Noël Boutet était l’arquebusier de l’empereur Napoléon Ier, et son élève, Jean Lepage, a travaillé de manière concomitante pour les personnalités de la cour, du roi Louis XVI, à Napoléon et Louis XVIII. » Lepage est l’inventeur du système de boulette de fulminate qui remplaça le mécanisme à silex, ouvrant la voie aux armes à feu modernes. « Nous présentons à la vente une rare paire dotée de ce mécanisme phénoménale dont le brevet date de 1810.
Rareté oblige, aucune estimation n’est avancée pour les armes les plus prestigieuses de la collection. L’expert attend pour cette vente une clientèle internationale. « Le marché des armes de collection fabriquées avant 1900 (armes de catégorie D) n’est pas impacté par la crise et le contexte géopolitique. Il se porte très bien et les collectionneurs sont nombreux », précise-t-il.
Ce mémoire de recherche a pour ambition de permettre de mieux documenter les collections des musées publics français conservant des objets fabriqués dans les manufactures d’État. Pour atteindre notre objectif, nous tentons de présenter une certaine idée d’ensemble des productions réalisées dans ces manufactures d’armes françaises entre 1871 et 1914.
Cette étude permet également de repérer et de mettre en valeur des objets aujourd’hui conservés dans les collections publiques. Ainsi, nous pouvons réinscrire ces productions dans l’histoire de leur manufacture d’origine.
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La crosse est décorée de motifs sculptés : à gauche, enroulement ; au dessus, fleuron. La plaque de dessous de crosse est décorée au talon par un motif ciselé terminé en forme de pot. La poignée entièrement guillochée porte à sa partie supérieure un médaillon ovale en argent au chiffre enlacé de Barras : P.B. Sous la poignée, le portet à double courbe portant divers motifs ciselés s'achève sous la crosse par un faisceau terminé en fer de lance et sous le fût également par un faisceau terminé en corbeille de fruits, et orné en son milieu d'un médaillon avec une gerbe de blé. Sur le fût, divers motifs sculptés, notamment près de la poignée, au garde-main, et à son extrémité.
Le canon, demi-octogonal, en acier bleui, est gravé de motifs divers à son attache ; il est damasquiné à son départ d'un grand motif figurant une grenade éclatant ; au-dessus, la hausse avec les mentions 500, 1000 et 1500. L'extrémité du canon, légèrement évasée, est ornée à hauteur du guidon de motifs damasquinés. Le mécanisme porte quelques ciselures. L'embouchoir passe sous le battant supérieur et au travers de deux bagues dont la dernière, fixée au garde-main, se prolonge en motifs ciselés dont un médaillon avec un oeil.
Les canons bleuis à âme lisse, dont la longueur d'origine a été réduite de plusieurs centimètres, sont taillés à pans au niveau du tonnerre ; ils vont ensuite s'arrondissant pour accueillir une succession de cannelures parallèles à l'axe du tube qui est séparé vers la bouche, en avant de la plate-forme de visée, en deux zones, par des bandeaux moulurés servant d'appui à des motifs simulant des personnages, des rinceaux et des acanthes.
Sur la platine au corps arrondi gravé de compositions à demi effacées, le chien, le bassinet et la batterie sont recouverts de décors floraux. Les contre-platines aux surfaces planes en argent gravé présentent deux compositions figurant le départ et le retour de la guerre du roi. Les garnitures, pontets de sous-garde et calottes des pommeaux, prolongés de longs étriers, offrent des décors de grande qualité ; les armes de France, sous couronne fermée, cernées des colliers des Ordres, s'enlèvent au centre des pommeaux.
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