Envie de participer ?
Bandeau

L'évolution des armes à feu a connu un essor considérable grâce aux avancées technologiques, donnant naissance à une nouvelle génération d'armes sophistiquées. Ces innovations suscitent à la fois fascination et inquiétude, remettant en question les normes établies et les réglementations en vigueur.

Les Armes Imprimées en 3D : Une Révolution Controversée

De la Finlande à l'Australie, les saisies se multiplient et un modus operandi inquiétant se dessine: des plans en libre accès, un atelier clandestin à domicile et une imprimante 3D pour fabriquer des fusils ou pistolets totalement intraçables.

Le Projet Wiki Weapon

Le projet Wiki Weapon consiste à réaliser une arme de calibre 22 long rifle en utilisant une imprimante 3D, et à distribuer le mode d’emploi sur Internet en open source. L’étudiant texan Cody Wilson, à l’origine du projet, vient de réaliser les premiers tests d’arme à feu avec un prototype, écrit le magazine Wired. En réalité, l’arme testée sur la vidéo n’est pas entièrement réalisée à la maison. C’est un modèle AR-15 dont seulement une partie en plastique a été imprimée: la partie inférieure et la détente de l’arme, comme Wiki Weapon le détaille sur le blog du projet. Pendant des semaines, le groupe a subi des revers qui ont retardé les tests.

Lors de l’annonce du projet Wiki Weapon, Die Zeit avait interviewé Frank Rieger, porte-parole du réseau de hackers allemands Chaos Computer Club. Pour ce dernier, ce projet est un mauvais exemple des possibilités offertes par la maker subculture qui s'est formée autour de l'utilisation des imprimantes 3D. «Comment les gouvernements vont réagir s’ils doivent un jour fonctionner avec l’idée que tout citoyen a un accès instantané à une arme à feu par Internet?

Menace et Défis

"L'impression d'armes en 3D n'est pas un phénomène nouveau", celui des armes improvisées encore moins, souligne Europol dans un courriel adressé à l'AFP, et "produire une arme complète en 3D reste un défi comparé aux armes conventionnelles en terme de qualité"."L'évolution rapide de la technologie peut toutefois en faire une menace plus importante dans un avenir proche", ajoute l'Office européen de police.

Lire aussi: Initiation Tir Sportif Tours

C'est aux Etats-Unis, où la fabrication d'armes pour l'usage personnel est légale, qu'un certain Cody Wilson est le premier en 2013 à présenter une arme tout en plastique exception faite du percuteur, en métal: le "Liberator", du nom des armes à un coup parachutées par les Alliés dans les pays occupés par l'Allemagne lors de la Seconde guerre mondiale.

En détournant les progrès technologiques, ce crypto-anarchiste entend défendre la liberté inconditionnelle d'expression et de posséder une arme, protégée par la Constitution américaine.Ses plans se partagent sur le net, un réseau virtuel se tisse, y compris en Europe. Là, un dénommé JStark se fait un nom avec son FGC-9 (pour Fuck Gun control), un semi-automatique fait à 80 % en plastique avec des pièces et matériaux vendus librement en quincaillerie, pour contourner les interdictions.

En parallèle, la performance des imprimantes progresse, leur prix baissent: de 200, pour les plus rustiques, à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour une imprimante SLS, dont la technologie consiste à fritter des particules de poudre de polymère en une structure solide.Tous les programmes indispensables pour les configurer sont disponibles sur le Darknet.

Selon Christian Goblas, expert en balistique à l'université de Rouen, l'impression "3D métallique" deviendra abordable dans les dix prochaines années, permettant la production de pièces d'armes résistantes aux manipulations et au fonctionnement cinématique."Fantasme" ?Pour l'heure, "une arme entièrement en plastique qui ne sonnerait pas aux portiques, c'est du fantasme", dit-il. Sans parler de ses munitions.

La carcasse ou les poignées peuvent être imprimées, mais "à ce stade, nous n'avons pas vu les pièces très précises qui doivent être résistantes", comme le canon ou la détente, "être modélisées en 3D", abonde William Hippert, chef du service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée en France.

Lire aussi: Tout savoir sur les airsoft métal

Selon lui, il n'existe pas de filière d'écoulement structurée pour ce type d'armes.Dans l'Hexagone, celles qui sont retrouvées proviennent généralement de l'étranger, avec des éléments commandés sur internet auprès de fournisseurs basés à l'étranger, en Amérique du Nord principalement.

Qui s'adonne donc à une fabrication chronophage, possiblement dangereuse et plus onéreuse que l'achat d'armes conventionnelles sur le marché noir (entre 500 et 1.500 euros pour une kalashnikov en France) ?"C'est un phénomène mondial mais il reste émergent. Il englobe des profils très variés, avec un spectre idéologique très large", résume Rajan Basra, chercheur au centre international d'études de la radicalisation au King's College de Londres.

La plupart sont des collectionneurs motivés ou des "idéologues", "survivalistes" ou désireux de rivaliser avec les autorités.Dans une moindre mesure, des extrémistes considèrent les armes imprimées comme une option de plus en plus viable, notamment dans des territoires comme l'Europe ou le Canada où l'acquisition d'armes à feu est illégale ou soumise à un permis, relèvent comme lui d'autres universitaires interrogés.

Il est toutefois "peu probable que l'impression 3D soit l'avenir du terrorisme: des options plus meurtrières et plus faciles sont disponibles et elle n'est qu'une des nombreuses tactiques innovantes possibles, outre les drones ou les armes chimiques et biologiques", relève Jacob Ware, chercheur en contre-terrorisme au Council on Foreign Relations.

Il faut donc adapter les législations "avant qu'il ne soit trop tard", poursuit-il.

Lire aussi: Fusil à pompe : votre allié pour la défense

Fusils à Visée Intelligente et à Guidage de Précision (PGF)

Les fusils à visée intelligente et à guidage de précision (Precision Guided Firearm - PGF) sont des équipements destinés à la fois aux débutants et aux tireurs d'élites. Ces armes se différencient des armes anciennes car elles nécessitent peu de connaissances pour pouvoir être utilisées, et ne nécessitent plus d’aller au contact direct avec le gibier ou encore avec l’ennemi pour les soldats.

Origine et Spécificité

La technologie de « TrackingPoint » est née de la frustration d’un chasseur. En effet, le fondateur de l'entreprise TrackingPoint, John McHale, a eu l'idée d'une carabine intelligente après être revenu d'un voyage de chasse en Tanzanie, où il n'avait pas réussi à neutraliser une gazelle alors qu’il était à moins de 300 mètres de l'animal. C’est ainsi que John McHale a développé et créé le premier PGF chez TrackingPoint en mars 2011.

Soutenue par un financement de 33 millions de dollars provenant en partie de McHale lui-même, la jeune entreprise texane a lancé son premier produit en 2013. Le premier fusil coûtait entre 22.000 $ et 27.000 $. Dans sa lancée et pour aller de l’avant dans ses projets, McHale a alors recruté des talents y compris des ingénieurs et des cadres de chez Remington et a demandé l'aide d'une entreprise de conception qui avait construit des logiciels pour Siemens et Motorola et la société a continué à développer le système ainsi qu’à faire baisser son prix.

Par la suite, la société a déployé un deuxième produit disponible au public, le fusil intelligent semi-automatique AR Series, en janvier 2014. En avril 2016, la société a sorti le M1400, un fusil de calibre .338 Lapua capable d'engager des cibles à 1.280 m. Le système peut atteindre des cibles se déplaçant à 32 km / h en un temps d'acquisition à l'engagement de 2,5 secondes !

Fonctionnement et Avantages

Grâce à des entreprises telles que TrackingPoint, qui fabriquent des fusils de précision dits à «visée intelligente» et aux lunettes de réalité augmentées telles que les Oculus Rift, un tireur peut toucher une cible sans pour autant que celle-ci soit dans son champ de vision, en compensant automatiquement la distance, les conditions météorologiques telles que le vent et les différences de pression.

Les premiers intéressés par ces armes ont été les militaires américains car ces nouvelles technologies ont apporté un changement dans la forme de la guerre, et ont dans un certain sens, « facilité » la manière dont la guerre sera pratiquée dans le futur par les soldats.

Bien que la société TrackingPoint ait connu une croissance phénoménale en 2014, et qu’elle ait connu de gros problèmes précisément à cause de cette trop forte croissance qui l’ont conduite pratiquement au dépôt de bilan, celle-ci a dû être restructurée. Pour l’heure, il semble que le marché des armes civiles n'est tout simplement pas encore prêt à payer un prix aussi élevé, même si l'arme est capable de prouesses incroyables.

Le "XactSystem" de TrackingPoint

La firme TrackingPoint appelle son PGF, le « XactSystem », système qui intègre un fusil personnalisé, des munitions conventionnelles de précision, une lunette avec suivi en réseau avec affichage « tête haute » et un déclencheur guidé par un système en boucle fermée. Au cœur même du système TrackingPoint se trouve un ordinateur, un calculateur balistique modélisé avec les munitions spécifiques fournies avec le XactSystem arrivant de l'usine « zéroté » et prêt à l'emploi. Un système de référence « Barrel » détecte la relation de l'optique avec l'alésage du canon et ajuste tout décalage d'alignement entre le canon et la lunette.

Pour l'utiliser, il suffit d’allumer l'appareil, la cible pointée est zoomée et mise au point. Selon le modèle, le XactSystems possède un zoom optique d’origine de 30x à 35x. La séquence à engager est « tag, track, shoot », appelée TTX (Tag, Track, Xact). Quand une cible est localisée, le tireur "l'étiquette" en la recouvrant avec le réticule et en maintenant le bouton d'étiquette à côté du pontet. L'étiquette, indiquant le point d'impact, est représentée par un point rouge. Le calculateur balistique ajuste la distance, la température, la pression barométrique, la dérive de spin, le dévers, l'inclinaison et l'apport de vent, etc.

TrackingPoint a trois PGF XactSystem disponibles. Tous sont construits avec des fusils personnalisés (avec une précision standard de 0,5 MOA), des canons Krieger, et incluent 200 munitions Barnes Bullets XactShot ainsi qu’un Apple iPad Mini avec un logiciel chargé dans un étui Pelican personnalisé, et une tige de nettoyage et des accessoires.

Les systèmes de XactSystem PGFs sont vendus complets, avec le fusil, la lunette, le logiciel, le système de pistage et les munitions dans un package complet. Chaque modèle est connecté à Internet via Wi-Fi. Les compagnons des chasseurs peuvent ainsi voir ce que le tireur voit. Les amis et la famille peuvent se connecter en toute sécurité à distance au fusil de tir avec un téléphone intelligent, une tablette, un ordinateur portable ou une télévision intelligente et profiter de la voix et de la vidéo en direct sur le terrain.

Armes à Effet Dirigé (AED)

Depuis plusieurs années, sont apparus des projets d’armement sur des bases technologiques disruptives changeant fondamentalement la catégorisation des effets et au final l’utilisation militaire. Et c’est notamment par les effets que sont caractérisées ces nouvelles armes dites « à effet dirigé ».

Ces armes permettraient également d’augmenter le champ des possibles du signalement stratégique en phase de contestation. Il est donc essentiel d’investir pleinement le domaine à l’heure où certains de nos compétiteurs disposent déjà de projets d’armes à effet dirigé (AED) capable de réduire drastiquement notre liberté d’action si elles étaient déployées.

Types d'AED

  • Armes laser: Tir directif tendu avec une très grande précision, vitesse de propagation proche de celle de la lumière, pas de munitions.
  • Armes à micro-ondes: Effets invisibles à l’œil nu, déstabilisation des chaînes de commandement et des capacités offensives et défensives de l’ennemi.
  • Bombes à IEM: Perturbation de tous les systèmes électroniques à proximité sans impacter les combattants.
  • Canons à son: Émission de sons, d’infrasons ou de basses fréquences aux impacts différents, effet repoussoir sur les foules.
  • Canons à IEM (Railgun): Lancement de projectiles hypervéloces sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres.

Applications Opérationnelles

Une utilisation, d’ores et déjà, opérationnelle des armes à effet dirigé est la lutte anti-drones avec une extension possible vers de vrais boucliers de théâtre anti-munitions. La France, dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024, s’intéresse précisément à ces systèmes défensifs laser dans le but de rendre imperméables les bulles de protection qui seront déployées et notamment contre des menaces à bas coûts type drone.

Armes "Intelligentes" et Sécurité

On va aussi voir apparaître ce qu’on appelle des armes "intelligentes". Par exemple, des armes qui ne vont pas pouvoir viser la tête d’une personne. Des armes types flash-balls ou LBD, mais intelligents.

Elles sont équipées d’un viseur numérique qui va mesurer la distance à laquelle la cible se trouve, la hauteur de l’arme, et sont capables de distinguer la forme d’une silhouette humaine. Cela permet surtout de détecter une tête humaine. Si l’arme détecte que le tir est non réglementaire, c’est-à-dire qu’il va atteindre la tête de la cible, alors un signal visuel et sonore s’enclenche et les déclencheurs sont automatiquement bloqués: le tir ne peut pas avoir lieu.

L’arme est aussi équipée d’une caméra qui enregistre tout ce qui se passe et peut donc donner un témoignage crucial en cas de tir tout est alors enregistré en temps réel, comme la boîte noire d’un avion.

Pistolets Connectés et Authentification

Le modèle de la société SmartGunz utilise un système de verrou de la gâchette avec une bague RFID que doit porter son propriétaire. Une initiative qui vise à réduire, selon la firme, les nombreux accidents déplorés chaque année aux États-Unis.

BioFire Tech estime que son « smart gun » représente une solution viable à ce fléau. Ce 9 mm se verrouille dès qu'il quitte la main de son propriétaire, et ne peut être utilisé que par des utilisateurs vérifiés dont le visage est enregistré dans le logiciel de reconnaissance faciale. L'arme est également équipée d'un capteur d'empreintes digitales qui verrouille la gâchette et empêche les utilisateurs indésirables de tirer.

Tableau Récapitulatif des Armes Connectées

Entreprise Modèle Technologie d'Authentification Prix Estimé
SmartGunz Pistolet Connecté Puce RFID dans une bague 1.600 €
LodeStar Smart Gun Empreinte digitale, PIN pad, NFC 895 $
BioFire Tech Smart Gun 9mm Reconnaissance faciale, Capteur d'empreintes digitales N/A

Conclusion

tags: #arme #à #feu #high #tech #exemples

Post popolari: