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L'arc et l'arbalète sont des armes emblématiques de l'histoire, utilisées pour la chasse, la guerre et le loisir. Si l'arc est présent sur tous les continents, avec des variations selon les cultures et les ressources locales, l'arbalète a connu un développement particulier en Chine et en Europe.

Origines et diffusion de l'arbalète

L'arbalète est une arme qui semble avoir été inventée en Chine, avant d'être utilisée en Europe. En effet, les premières occurrences de l’arbalète proviennent de Chine où son usage connaît un apogée dès l’Antiquité. Au départ, elle servait surtout pour la chasse, puis on a commencé à l'utiliser à des fins militaires, sans doute à l'époque des Croisades.

Composition et fonctionnement de l'arbalète

Si elle est invariablement constituée d’un arc, d’un arbrier et d’une corde, sa forme, sa taille, son mécanisme d’armement, les projectiles tirés et même son ornementation diffèrent très largement selon les époques et les aires géographiques. L'arbalète se compose d'un arc, fixé par son milieu sur un fût de bois nommé arbrier. L'arbrier est creusé, dans une partie de sa longueur, par une rainure qui sert à diriger la flèche; il est terminé par une espèce de crosse que l'on appuie à l'épaule comme celle d'un fusil, pour viser dans la direction de la rainure; il est muni, vers son milieu, d'un disque d'os, d'ivoire ou de métal, appelé noix, dont le contour porte deux encoches : l'une pour recevoir la corde de l'arc, quand elle est tendue; l'autre pour arrêter l'extrémité d'un ressort de détente.

L'arbalète se tient comme un fusil : on l'élève de la main gauche et l'on appuie la crosse à l'épaule droite. L'index de la main droite appuie légèrement sur une gâchette, placée en dessous. Le projectile touche le milieu de la corde tendue; on vise : et en tirant la gâchette; on met en liberté la corde qui se détend violemment et lance au loin le projectile.

L'arbalète au Moyen Âge

Au Moyen Âge, l’arbalète est utilisée autant comme arme de chasse que pour la guerre. Elle est fréquemment confondue avec l’arc. Pourtant, elle diffère de celle-ci à bien des égards. En fait, l’arbalète est une arme dérivée d’un arc. Elle est constituée d’un arc, qui selon l’époque est fait de nerfs, de cornes, de bois, de métal, d’un arbre ou corps de bois, servant à tenir l’arc. Ce dernier sert à recevoir le projectile, d’une noix tenant la corde tendue et d’une détente pour l’actionner. Les arbalètes permettent des tirs plus précis et puissants que les arcs. À la différence d’un arc ancestral, l’arbalète témoigne de l’évolution technologique des grandes civilisations antiques.

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Le nom latin de l'arbalète au Moyen âge était balista. Le trait ordinaire lancé par l'arbalète était une flèche courte et solide appelée au Moyen âge carrel ou carreau, à cause de la forme carrée de son fer.

Types d'arbalètes au Moyen Âge

Le Moyen âge vit de nombreux modèles d'arbalètes; nous allons donner une idée des plus employés. L'arbalète à pied de biche portait un appareil de tension qui peut être regardé comme le plus ancien de tous. Un cric ordinaire formait l'appareil de tension de l'arbalète à cric ou à cry, et en faisait une arme plus puissante que l'arbalète à pied de biche. Dans l'arbalète à tour appelée aussi de passe ou de passot, c'est au moyen d'une moufle que le soldat portait à sa ceinture, que s'opérait la tension de la corde. Pour cette opération, le fût présentait à son extrémité un étrier dans lequel le soldat soldat mettait le pied, afin de prendre un point d'appui. L'arbalète à jalet, quoi qu'en ait dit le père Daniel qui l'a prise pour une arme de guerre, n'a jamais été qu'une arme de chasse. La tension de la corde de l'arbalète à baguette s'opérait sous la poussée d'une baguette enfoncée dans la canon.

Évolution et perfectionnement de l'arbalète

Cette arme, au départ rudimentaire, fut progressivement perfectionnée. Une des évolutions majeures se produisit au XIVe siècle lorsqu'on inventa un système qui permettait de recharger automatiquement l'arbalète. L'arbrier, permettant d'adapter à l'arbalète des appareils de tension susceptibles d'emmagasiner une force très supérieure à celle que peut développer directement la main de l'humain, on put donner à son arc une grande énergie et à son tir une grande puissance.

L'arbalète : une arme controversée

Comme cela a été très souvent le cas dans l'histoire, une évolution technologique fait le bonheur des uns et le malheur des autres. La diffusion de l'usage de l'arbalète modifia en effet les rapports de force entre les groupes de guerriers. Les chevaliers, qui étaient considérés comme l'élite des guerriers, se sentirent menacés dans leurs prérogatives. Ils détestaient l'arbalète car elle tuait à distance, ne permettant pas à l’adversaire de se défendre en corps à corps, ce qui était leur spécialité. De plus, l'usage de l’arbalète ne nécessitait aucune formation de haut niveau. Elle donnait donc à des soldats peu aguerris la possibilité de tirer de loin, sans risque, sur un chevalier en armure, alors que ce dernier avait consacré toute son existence au métier de la guerre.

Considérée comme une arme déloyale par les nobles, l'arbalète fut dénoncée comme une arme immorale par le clergé, en raison du peu de courage et de formation que demandait son usage. En 1139, le deuxième concile du Latran interdit son utilisation. Quelques années plus tard, le pape Innocent II menaça même les arbalétriers, les fabricants d’arbalètes et ceux qui en faisaient le commerce, d’anathème et d’excommunication. Cela n'empêcha pas les princes qui se faisaient la guerre de recourir de plus en plus à cette arme nouvelle.

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L’efficacité de ces armes permit à ceux qui les manipulaient de devenir des soldats d’élite. Il semble que les troupes d'arbalétriers étaient les mieux payées des armées occidentales, et parfois mieux équipées que certaines classes de chevaliers.

L'arbalète face à l'arc

L'arbalète, supérieure à l'arc comme arme de siège, lui était inférieure comme arme de campagne. Pendant qu'un archer lançait dix ou douze traits, l'arbalétrier n'en pouvait guère tirer plus de trois. En temps de pluie, l'archer pouvait abriter facilement la corde de son arc, ce qui était beaucoup plus difficile à l'arbalétrier et cette circonstance eut une certaine influence sur la défaite des Français à Crécy en 1346.

Déclin et survivance de l'arbalète

L'arbalète a été en Europe l'arme de jet par excellence du Moyen âge. Elle ne disparaît que vers le milieu du règne de François Ier (1536), comme arme de guerre, et qu'au siècle suivant comme arme de chasse. Elle n'existe plus aujourd'hui qu'à l'état d'arme servant à des tirs sportifs, dans certaines sociétés d'arbalétriers amateurs, et dans les fêtes foraines.

L'arc médiéval

L’une des armes à distance les plus populaires était un arc simple. Les arcs utilisés au Moyen Âge étaient de plusieurs types : arcs à courte portée, arcs à poulies et arcs à longue portée. Les arcs à courte portée mesuraient entre 1 et 1,20 mètre, et étaient assez simples à fabriquer et à manier. C’était le type d’arc le plus fréquemment utilisé.

Les arcs composites étaient originaires d’Asie. Ils étaient formés par des feuilles de bois attachées ensemble. Les feuilles en faisaient des arcs puissants, mais exigeaient une force et un entraînement plus importants. Cet arc relativement court était l’arme favorite des archers cavaliers, principalement des Mongols et d’autres peuples asiatiques spécialistes de l’équitation.

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Longs de près de deux mètres, ils étaient fabriqués à partir d’une seule pièce de bois. Les flèches des arcs à longue portée pouvaient atteindre un mètre de long. Les flèches à pointe large pouvaient pénétrer les armures de cuir, provoquant des lacérations, et étaient utilisées pour combattre l’infanterie. Les hommes habiles dans ce type d’arme pouvaient tirer six flèches bien dirigées par minute. Ce type d’arc pouvait atteindre des cibles à longue distance et était assez puissant. De nombreux effectifs d’archers expérimentés constituaient une force dévastatrice sur de nombreux champs de bataille du Moyen Âge.

L'arbalète : de l'arme de guerre à un objet d'art

Bien que l’arbalète ait été utilisée à la fois comme arme de chasse et de guerre, son utilisation actuelle a considérablement changé. Cependant, les choses ont évolué des siècles plus tard après l’interdiction de l’arbalète par l’église. Actuellement, les arbalètes ne sont plus utilisées pour l’assassinat, bien qu’il existe encore des utilisations militaires.

Musée de l'archerie et du Valois

En 2019, le Musée de l’archerie et du Valois a consacré sa première exposition à la thématique des arbalètes. L’occasion d’exposer ses collections et d’aborder l’usage de cette arme en temps de guerre et comme équipement de chasse mais aussi comme objet de loisir et de pratiques sportives. Le musée a été créé en 1949 par Roger Scart, archer et passionné par le patrimoine de sa région : le Valois. L’archerie traditionnelle a toujours occupé une place prédominante dans les collections.

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