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Les Visiteurs, sorti en 1993, reste une référence du cinéma français et une des comédies les plus populaires. Le film est une inspiration pour des réalisateurs bretons.

Auteur du mythique Le Père Noël est une ordure, Jean-Marie Poiré essuya un terrible échec en 1989, au moment de la sortie de Mes meilleurs copains, une variante des Copains d’abord de Lawrence Kasdan qui demeure pourtant à ce jour l’un de ses films les plus réussis, les plus drôles et les plus touchants. « A l’époque, j’étais devenu tellement impopulaire que les gens de la profession avaient tendance à changer de trottoir lorsqu’ils me croisaient », nous confie-t-il avec amertume.

Synopsis

En l'an de grâce 1123, le chevalier Godefroy de Montmirail, ayant tiré le roi Louis VI d'un mauvais pas, se voit accorder en récompense la main de sa bien-aimée Frénégonde. En cette belle année 1122, le roi de France Louis VI Le Gros déclare comte de Montmirail le chevalier Godefroy de Papincourt pour lui avoir sauvé la vie, et lui donne en mariage Frénégonde de Pouille. Godefroy traverse la France pour retrouver sa promise.

Sur son chemin, il surprend une messe noire et il arrête une redoutable sorcière pour la juger et la brûler. Pour se venger, celle-ci lui jette un sort et lui fait confondre le duc de Pouille avec un ours, ce qui fait que Godefroy tue le père de sa fiancée, empêchant ainsi son mariage et ruinant tous ses espoirs de descendance. Désespéré, il va trouver l’enchanteur Eusaebius qui lui propose un voyage dans le temps.

Pour réparer cette méprise, Godefroy et Jacquouille La Fripouille (Clavier), son fidèle écuyer, avalent une potion concoctée par le mage Eusaebius et censée les renvoyer dans le passé quelques secondes avant le drame. Mais, comble de malchance, une erreur de dosage dans le breuvage propulse les deux infortunés compagnons en 1992, où ils se retrouvent nez à nez avec leurs descendants.

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A l’aide d’un breuvage et d’une formule, il peut, accompagné de son écuyer, Jacquouille la Fripouille, retourner quelques instants avant l’incident fatal et dévier le tir de son arbalète. Mais Eusaebius se trompe dans sa formule et les deux compères se retrouvent en 1992. Godefroy et Jacquouille vont devoir affronter une époque incompréhensible à leurs yeux. Mais le vieux magicien est passablement gâteux, et l'oubli d'un ingrédient essentiel dans la potion provoque une malencontreuse erreur de date.

Per Horus, et per Ra, et per sol invictus, duceres ! C’est par cette formule magique que le chevalier Godefroy de Montmirail et son serviteur, Jacquouille le Fripouille, sont envoyés dans les couloirs du temps.

Analyse du Film

Les Visiteurs sacrifie aux joies du vaudeville, accumule les numéros d’acteurs (avec une mention spéciale pour Christian Bujeau et Isabelle Nanty) et joue à fond la carte de l’anachronisme, multipliant les décalages humoristiques et les dialogues ciselés. L’année de fabrication des Visiteurs marquant en outre la démocratisation des effets spéciaux numériques, Poiré peut se permettre des séquences truquées bien plus ambitieuses que ce à quoi le cinéma français nous avait habitué.

« Évidemment, nous n’avions pas les moyens de James Cameron », nous avouait-il à l’époque, « et de toutes façons je ne voulais pas faire un film d’effets spéciaux. Nous avons donc écrit l’histoire sans jamais nous préoccuper des problèmes techniques » (2).

La mise en scène de Poiré est certes discutable. Ses champs et contre-champs tournés au grand-angle et montés de manière frénétique sans le moindre respect du raccord le plus élémentaire ne sont pas loin de provoquer des crises d’épilepsie ! Quant à sa manière d’embarquer sa caméra sur les flèches en plein vol, elle s’inspire directement du Robin des Bois de Kevin Reynolds, lui-même sous influence manifeste de Sam Raimi. A l’avenant, le compositeur Eric Levi plagie sans vergogne le thème principal composé par Michael Kamen pour Robin des Bois.

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Jean-Marie Poiré et Christian Clavier parviennent, à partir d'une petite histoire écrite par Poiré, à écrire un film qui marquera une première dans le cinéma Français (Le voyage dans le temps de deux êtres venus d'une époque passée et arrivant dans le présent). Le film ne se contente pas d'être une comédie. Il s'agit également d'une oeuvre dramatique (la peur de ne pas avoir de descendance, se retrouver dans une époque à laquelle on n'appartient pas et le fait de ne pas être compris par les personnes de l'époque dans laquelle sont arrivés nos deux héros).

Jean Reno parvient à jouer les différentes facette de son personnage à la perfection (Godefroy de Montmirail peut par moment faire preuve d'arrogance et de mépris tel un noble de son époque comme le montre ce passage:"Jacqouille la fripouille, mon escuyer ! Il devrai t'attendre dehors. Il n'est pas très gracieux et accompagnable mais il est futé et renifle bien les pistes". Mais il sait aussi faire preuve de gentillesse et de grâce, son côté chevallier comme la scène de fin durant laquelle il fait ses adieux à Béatrice et lui fait enfin comprendre qui il est et de quand il vient).

Christian Clavier use doublement de ses qualités de comédien en jouant deux personnages très différents et ce parfois même dans une même scène. Son jeu, ses manières et sa façon de s'exprimer lui seront d'ailleurs souvent reprochés dans ses futurs films dans lesquels il est sans cesse comparer à Jacquouille. Valérie Lemercier nous fais rire avec son parler très bourgeois et sa voix très aigu et mérite beaucoup le César de la meilleure actrice dans un second rôle.

La B.O signée Eric Lévi et dont le succès aménera à la création du groupe ERA est en parfaite adéquation avec l'ambiance du film et ce décalage entre le moyen-âge et le XXème siècle.

Quelques anachronismes et faux raccords sont présents dans le film (le plus visible étant la scène de l'arbalète à la toute fin du film). De plus, on ne sait pas vraiment la date de naissance exacte de Godefroy (1076 une fois, 1079 la fois d'après) mais ce ne sont que de maigres détails. Le choix des décors correspond parfaitement au film (Le château comtal de la cité de Carcassonne, on ne pouvait rêver meilleure forteresse pour Le Hardi) et de très bons second rôle riches et variés.

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Succès et Héritage

Succès colossal, Les Visiteurs se mua en véritable phénomène de société, et Jean-Marie Poiré s’efforça d’en retrouver plus tard la recette. Il est difficile aujourd'hui de mesurer l'ampleur du phénomène Les Visiteurs au début des années 90. Les raison de cet engouement sont multiples. D'abord une idée de scénario pas si absurde qu'elle n'en a l'air. Le fait de projeter des hommes du Moyen-âge à la fin du XXème siècle donne lieu à des situations à haut potentiel comique, de la découverte de la technologie (voitures, téléphone, interrupteurs électriques,...) à la confrontation à des normes sociales radicalement différentes (mixité sociale, lutte des classes, répression de la violence), en passant par les obligatoires référence à l'hygiène, au confort, à la nourriture, etc, etc... Et le film fait bon usage de ce terreau fertile, enchaînant les sketchs et les situations délirantes avec une énergie qui ne s'épuise pratiquement jamais.

L'autre atout majeur des Visiteurs c'est son extraordinaire duo d'acteurs principaux. Jean Reno et Christian Clavier sont absolument parfaits dans leurs rôles respectifs de chevalier hautain et de serviteur roublard. Ajoutons encore à cela des seconds rôles très drôles chacun à leur façon, en particulier une Valérie Lemercier hilarante dont on a peine à croire qu'il s'agissait là de sa toute première apparition au cinéma. Son numéro de bourgeoise toujours enthousiaste et à la politesse proverbiale est l'un des meilleurs aspects du film. Mais citons aussi Marie-Anne Chazel en clocharde au franc parler légendaire, Christian Bujeau en dentiste au caractère de cochon ou encore Isabelle Nanty en secrétaire coincée...

Après relecture, les Visiteurs est davantage qu'une farce moyenâgeuse ayant su amuser le public pour un temps. C'est une des meilleurs comédies jamais produites en France, portée par la rencontre du réalisateur idéal avec un scénario bien écrit et une formidable troupe d'acteurs. Les Visiteurs est l'exemple type de la grande comédie familiale. La violence présente dans quelques scènes est si absurde et si ridicule qu'elle n'affectera guère les spectateurs.

Une association de cinéma de Vannes s’est lancée dans la réécriture de la saga culte « Les Visiteurs ». Un premier week-end de tournage a eu lieu au château de Pontivy (Morbihan), les 12 et 13 avril 2025. Le réalisateur Benoît Grémare donne quelques consignes aux acteurs Baptiste Marcaggi et Lenny Corre, dans les rôles respectifs du comte de Ploumenhir et Braquemard, alias Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille. Le réalisateur Benoît Grémare donne quelques consignes aux acteurs Baptiste Marcaggi et Lenny Corre, dans les rôles respectifs du comte de Ploumenhir et Braquemard, alias Godefroy de Montmirail et Jacquouille la Fripouille.

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