L'arbalète, une arme avec une histoire riche et complexe, a joué un rôle significatif dans la guerre et la chasse à travers les siècles. Inventée en Chine il y a des centaines d'années, elle a évolué considérablement, particulièrement pendant le Moyen Âge.
Les origines de l'arbalète remontent à la Chine du 6e siècle avant notre ère. Les premiers modèles étaient rudimentaires, construits à partir de bois et de tendons, mais ils représentaient une avancée significative par rapport à l'arc classique. L'arbalète chinoise, appelée "nu", était utilisé par les troupes pour sa capacité à tirer des projectiles avec une force et une précision accrue. En Grèce antique, des conceptions similaires, appelées "gastraphetes", ont été développées, combinant les principes de l'arc et de la catapulte.
À l'origine, l'arbalète était une arme simple, dépourvue de mécanismes complexes. Principalement utilisée pour la chasse, elle a commencé à se développer et à gagner en importance durant les guerres du Moyen Âge, notamment pendant les Croisades. L'une des évolutions les plus significatives s'est produite au XIVe siècle avec l'invention d'un système de rechargement automatique.
Avec le temps, l'arbalète s'est propagée en Asie, en Inde et au Moyen-Orient, et a finalement atteint l'Europe où elle a été adoptée par les Grecs et les Romains. Ce seraient les Vikings qui en auraient redécouvert les avantages en Orient.
En Europe, l'arbalète a gagné en popularité au Moyen Âge, surtout pendant les croisades. Les croisés ont découvert des versions plus avancées de cette arme au Moyen-Orient et ont rapidement adapté la technologie à leurs besoins. L'un des moments les plus marquants de l'histoire de l'arbalète en Europe est sans doute la Bataille d'Hastings en 1066, où l'arme fut utilisée par les Normands pour terrasser l'armée anglo-saxonne.
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Au Moyen Âge, l'arbalète servait à la fois d'arme de chasse et d'arme de guerre. Cependant, elle était mal vue par la chevalerie, qui la considérait comme une arme déloyale. Cette perception découlait du fait que l'arbalète permettait de tuer à distance, sans donner à l'adversaire la possibilité de se défendre en combat rapproché. Les Français la considéraient comme l'arme des lâches, permettant à un individu sans courage de tuer un homme vaillant sans risque.
Le clergé considérait également l'arbalète comme immorale, car elle ne nécessitait pas une formation de haut niveau et permettait à des soldats peu expérimentés d'abattre des chevaliers en armure. En 1139, le deuxième concile du Latran interdit son utilisation, une interdiction confirmée par le pape Innocent II en 1143. Cette interdiction, bien que valable seulement pour les combats entre chrétiens, fut médiocrement respectée par les princes d'Occident, malgré les efforts du pape Innocent III pour la réaffirmer en 1205.
L'efficacité de l'arbalète faisait de ceux qui la maniaient des soldats d'élite, bien payés et très prisés. Les arbalétriers étaient souvent les troupes les mieux rémunérées des armées occidentales, parfois même mieux équipées que certaines classes de chevaliers.
Sous le règne du roi Charles VII de 1422 à 1461, il fut nécessaire de former des équipes d’arbalétriers spécialisés entraînés au combat. Le Roi Charles VII aurait eu environ 6 000 arbalétriers. Sa première armée d’arbalétriers, formée en 1448-1450, s’appelait la compagnie des francs-archers. Cette formation est sans doute la première armée professionnelle ou armée de métier en France.
Parallèlement à l'évolution de l'armure, les progrès de la sidérurgie ont permis d'augmenter la puissance de l'arbalète. L'arc en acier, apparu au début du XIVe siècle, a progressivement remplacé les arcs en bois et les arcs composites. Des mécanismes coûteux et complexes, tels que le treuil et le cric, ont été inventés pour bander l'arbalète, mais ils augmentaient le temps de rechargement à 2-3 minutes.
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Les Italiens se sont distingués dans la conception d'arbalètes particulièrement efficaces, capables d'atteindre des vitesses de tir allant jusqu'à 350 km/h.
Le cranequin, une arbalète à pied, a donné son nom au mécanisme spécifique utilisé pour la tendre. Pour éviter toute ambiguïté, l'arbalète a été renommée cric d'arbalète, bien que ce terme soit parfois utilisé aujourd'hui pour désigner uniquement une partie de l'arme.
Le carreau d'arbalète est le projectile utilisé avec une arbalète. Il se distingue par son fer pyramidal à quatre pans avec une base carrée. Plus court (environ 30 cm) et plus lourd qu'une flèche, il possède un empennage réduit en cuir ou en parchemin.
Les arbalètes à répétition représentent une prouesse technique pour leur époque. Elles permettent de tirer plusieurs traits ou carreaux sans nécessiter un rechargement manuel entre chaque tir. Au Moyen Âge, leur utilisation était principalement réservée aux armées bien équipées et aux troupes spécialisées, en raison de leur fabrication sophistiquée et coûteuse.
Contrairement aux arcs, qui demandent plus de pratique pour atteindre une précision optimale, l'arbalète est plus facile à utiliser, ce qui attire les novices.
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L'arbalète était une arme très meurtrière en raison de sa puissance et de sa précision. Sa portée pouvait atteindre jusqu'à 150 mètres. Cependant, elle avait des défauts, notamment son poids et sa cadence de tir plus lente que celle d'un archer (2 carreaux par minute contre 12 flèches).
| Type d'Arbalète | Portée |
|---|---|
| Pistolets arbalètes (50-80 livres) | 10 à 20 mètres |
| Arbalètes recurve (150-175 livres) | 25 à 40 mètres |
| Arbalètes à poulies (vitesse < 400 FPS) | 40 à 70 mètres |
| Arbalètes à poulies (vitesse > 400 FPS) | Jusqu'à 100 mètres, voire 125 mètres pour les modèles à 500 FPS |
Comme les arcs, les arbalètes ont quasiment disparu lorsque les armes à feu, plus faciles à utiliser, nécessitant moins d'entraînement et moins chères, sont devenues l'équipement de base du soldat. Cependant, l'arbalète a laissé une marque indélébile dans l'histoire militaire et culturelle.
Une arbalète, qui double l’arc d’un mécanisme accroissant la puissance de l’arme, peut-elle être métatextuelle ? A priori le lecteur du XXIe siècle en doute. Si l’on devine pourquoi le miroir, suggérant une réflexion sur le reflet, peut avoir une valeur métatextuelle dans la mesure où le texte et le monde sont volontiers imaginés en termes de spécularité, l’arbalète et son mécanisme paraissent n’avoir guère de points communs avec l’acte poétique.
Dans le livre IV, Estonné est tué traîtreusement près d’une fontaine par Bruyant sans Foi. Sa femme, la valeureuse Priande, a eu un songe annonçant cet assassinat, et elle est morte en mettant au monde un enfant particulièrement vigoureux, Passelion, destiné à venger son père. Passelion naît une arbalète à la main, qui déchire le flanc de sa mère tant l’enfant a hâte de venger son père. Ce n’est là qu’une des naissances extraordinaires du roman, qui rappelle de loin Athéna venant au monde toute armée, mais elle surprend parce que l’arbalète n’est pas l’arme de prédilection des chevaliers et des héros de romans. C’est même au Moyen Âge une arme plutôt dévalorisée.
Dans le coffre on trouve une armure miniature, une chemise, des braies, un « hauqueton », un haubert d’argent, des chausses, des éperons, une épée, un heaume d’or, un écu. La lettre, en même temps qu’elle énumère les parties de l’équipement du très jeune chevalier, décrit les étapes de l’adoubement de celui-ci : tel chevalier doit lui remettre les chausses, tel autre les éperons. Passelion est donc équipé et armé chevalier.
Passelion, toujours aussi précoce, réclame son armure, tandis que Bruyant se moque de ce dérisoire adversaire : on lui a en effet prédit qu’il serait tué par le chevalier Passelion, et voyant l’enfant, il pense que celui-ci ne saurait constituer un danger. Après une nuit de tempête qui met à mal le château de Bruyant, l’attaque a lieu, le félon se réfugie en haut de sa tour, sur la « flesche du pommel » où il reste accroché après avoir rejeté l’échelle qui lui a permis de monter, jusqu’à ce que Passelion, irrité par Bruyant qui méprise sa petite taille et le raille, « mist le main a l’arcq qu’il fist bender a son oncle et mettre la sayette en coche, et puis prent sa visee sur Bruiant, qui estoit assis sus le plommel de la tour […]. Lors descoce la sayette et fiert Bruiant parmi le gros du cuer ».
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