L'arbalète René Cavalero, un modèle datant des années 70, suscite encore aujourd'hui l'intérêt des passionnés de chasse sous-marine. Voici un aperçu de ses caractéristiques et des avis d'utilisateurs.
Plusieurs utilisateurs partagent leurs expériences avec l'arbalète René Cavalero :
Ces utilisateurs soulignent la précision du tir à plus de 3 mètres de la pointe et la rigidité du tube ovale qui supporte bien la tension sans bouger, ainsi que la poignée. Le pince fil lâche très bien le fil, mais pour que ce soit parfait il faut mettre un caoutchouc de tension en tête de fusil ou alors un moulinet et plus de soucis.
Le coefficient correspond à la taille du sandow : un coefficient de 3 signifie que le sandow est étiré à 300%. Le coefficient, c'est l'étirement potentiel du sandow. Certains sandows plus souples acceptent des coefficients plus élevés, d'autres deviennent inchargeables. Il faut trouver le bon rapport quand tu montes toi même tes sandows.
Plusieurs améliorations peuvent être apportées à l'arbalète René Cavalero :
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Si tes guns ne sont pas bien grands, donc chasse à trou (tu arme au 1er cran) et pas grand chose de plus (ou quand la visi est très très mauvaise).
Pour illustrer les techniques de pêche traditionnelles, voici une description de la pêche au globe, une méthode utilisée dans le Midi de la France :
Quoique la Méditerranée n'ait ni flux ni reflux apparents, elle éprouve néanmoins, aux heures ordinaires des marées et d'après l'influence lunaire, une pression et une dépression assez fortes pour établir dans les fleuves, les graus ou les passes qui la font communiquer avec les étangs, un courant et un va-et-vient d'eaux nouvelles dont le poisson profite pour pérégriner, changer de milieu et de nourriture habituelle.
C'est donc après avoir étudié et constaté la montée et la descente régulières du poisson, suivant le courant marin, que le globe a été établi. Son installation ne peut pas pourtant se faire partout et demande des conditions de terrain favorables. Les cours d'eau de moyenne largeur, c'est-à-dire qui ne dépassent pas quinze ou vingt mètres, dont la profondeur varie entre un mètre et demi et trois mètres, et dont les berges libres de végétation luxuriante sont basses ou peu au-dessus du niveau de l'eau, offrent seules la facilité d'employer avec avantage et chances de réussite le genre de pêche dont nous avons à nous occuper.
Le nom de globe (globou), donné à l'ensemble du système, ne peut être basé sur rien, car rien en effet dans la forme du filet et des cabestans ou treuils ne rappelle la forme sphérique. J'ai horreur des recherches étymologiques, les noms populaires acceptés de tous et depuis longtemps n'y gagneraient rien, ni vous, ni moi non plus; voici la description du globe et la manière de s'en servir.
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Sur la berge la plus accessible sont solidement fixés en terre deux cabestans ou treuils, composés d'un châssis massif reposant sur le sol et de deux montants au milieu desquels un tambour en bois peut facilement tourner à l'aide de deux barres fixes en forme de croix de Saint-André. De l'autre côté de l'eau deux fortes perches de trois mètres sont maintenues immobiles au moyen de haubans en corde assez forte pour résister à une puissante tension.
Si le filet est de vingt mètres, l'espace des perches et des cabestans entre eux doit être aussi de vingt mètres, de façon à se trouver aux quatre angles du filet et à pouvoir agir carrément et sans efforts inutiles. Du haut de chaque perche part une corde qui s'attache à l'angle du filet correspondant, soit par une olive en bois passée dans la boucle, soit par un nœud.
Sur le tambour des cabestans est enroulée une corde allant se fixer de même aux deux autres boucles; elle doit avoir une longueur calculée de manière à ce que le filet, lorsqu'il est distendu, puisse atteindre le fond, tandis que celles des perches doivent être juste assez longues pour toujours maintenir leurs boucles un peu au-dessus du niveau de l'eau.
Gela fait, le globe est PARÉ et prêt à fonctionner. Au pied de la berge, entre les deux cabestans, nage un tout petit batelet plat, le négafol du Languedoc, le nègacKin de la Provence, attendant le moment où ses services seront réclamés.
Le choix de l'emplacement est important, il faut prendre un lieu de passage pour le poisson, car le globe est destiné à demeurer en place pendant toute la saison de pêche. La navigation n'est nullement gênée, les grandes barques de canal ou des salins passent sans arrêt pour elles, sans avaries pour lui dont tout le filet est immergé.
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S'il y a un chemin de halage , les perches sont plantées du côté opposé, il n'y a donc plus que les cabestans à faire franchir à la corde du halage, et un mètre de haut n'est pas un obstacle. Le personnel attaché à la manœuvre se compose presque toujours dlun pêcheur payant patente et d'un apprenti ou novice, dont les fonctions sont souvent fort ennuyeuses, parfois difficiles, en général fort mal rétribuées en argent mais richement en bourrades.
Lorsqu'une cabane se trouve près de l'établissement , le pêcheur y établit son quartier-général, sinon, un appentis en roseaux, ayant la forme d'un gourbi arabe, sert d'habitation pour la nuit, de refuge pendant le mauvais temps, de cuisine toujours.
Assis sur la berge, ou le plus souvent à cheval sur le tambour d'un cabestan, le novice est sempiternellement de garde pour veiller au passage du poisson. Il n'a de repos que pendant le temps où les eaux de la rivière sont troublées et boueuses à la suite d'un orage ou de pluie prolongée, et je soupçonne qu'il doit souvent maudire le ciel bleu qui reste immaculé pendant des mois entiers, et les nuages qui demeurent sans résultats pendant plusieurs saisons de suite.
Il a encore une chance de pouvoir se reposer et quitter son poste sans crainte d'une terrible bordée de la part du maître, c'est lorsque le vent souffle, irise la surface de l'eau et lui enlève toute transparence ; il a alors un grand quart d'heure à lui, car le globe ne se soulève plus que toutes les vingt minutes et au petit bonheur.
Mais quand les conditions atmosphériques sont favorables, il ne doit plus s'éloigner; à la première vue d'une bande de poissons remontant ou redescendant le courant, il fait entendre le cri de para (apprête) : le maître accourt, chacun se place devant un cabestan, les barres de la croix de saint André sont - mises en mouvement d'une façon lente et sans secousses, jusqu'au moment où les boucles sont toutes parvenues à la même hauteur ; ils virent alors vivement jusqu'à ce que les quatre côtés du filet soient à soixante ou soixante-dix centimètres hors de l'eau.
Si le coup est manqué el qu'il n'y ait rien de pris, les barres du cabestan sont lâchées, les tambours tournent, la corde se déroule, et le filet regagne le fond, entraîné par son propre poids. S'il y a quelque gros poisson , sa taille et sa force réclament une main expérimentée, les barres sont arrêtées par un étrier en corde fixé au châssis, le maître s'embarque.
A genoux dans le négafol, -s'il était debout le bateau chavirerait,-il saisit des deux mains la corde tendue dufilet, pèse dessus de tout son poids, l'abaisse au niveau de l'eau et fait glisser le négafol entre ses deux bras étendus; l'impulsion est donnée, il est dans l'enceinte. Cette manœuvre a pour but d'isoler le poisson dans l'une des trois poches qui se forment à la suite de cette traction. Il se hâte alors, en attirant toujours le filet et avançant une main après l'autre par un mouvement régulier, jusqu'à ce qu'il soit parvenu à acculer le poisson dans l'un des angles et qu'il n'ait plus assez d'eau pour fuir.
Saisissant alors le filet des deux mains à la fois, il se penche en arrière, donne une vive secousse en ramenant les bras, et le captif est lancé comme le volant par la raquette. Si le coup est bien donné,-et il est raré qu'un habile pêcheur Je manque,-il tombe dans le négafol ordinairement sur les mollets ou aux pieds de l'homme.
La difficulté augmente en raison de la grosseur et de la vigueur du poisson : à la vue du batelet il file avec la rapidité de la flèche, va, vient, fait mille détours, essaye de franchir les bords du filet, puis tout à coup reste immobile. La poche se fait, le filet se tend, le pêcheur approche; d'un bond il s'élance par-dessus l'obstacle, rejoint l'eau plus profonde, et, en un clin d'œil, est à l'autre bout de sa prison. Cent fois il recommence, jusqu'à ce qu'enfin fatigué hors d'haleine, ses forces le trahissent, ses évolutions sont moins rapides, ses bonds moins violents, et il est pris.
Lorsque le coup de globe n'a ramené que des poissons plats ou de petite taille, le maître dédaigne de s'en occuper, c'est l'affaire du mousse. Dès qu'il a tout embarqué, il sort du filet par le même procédé qu'il a employé pour y entrer, le négafol reprend sa place le long de la berge, les étriers en corde sont enlevés, les cabestans tournent rapidement, le filet retombe à fond; le maître met les poissons dans une serve, le novice, monte la garde, le maître allume sa pipe jusqu'à ce qu'un nouveau cri de : Para ! ramène les mêmes péripéties.
D'après l'exacte description du globe que je viens de faire, on voit que filet et système de traction peu- vent être facilement établis sur toutes les rivières un peu poissonneuses, et dont la largeur n'est pas trop considérable ; sa véritable patrie, les lieux où il est né, où. il vit triomphalement, c'est le Lez et son affluent la Moisson.
Le Lez, qui devrait porter le nom de fleuve, puisqu'il se jette directement dans la mer, mais qui, modeste dans tout son parcours , a su se plier aux exigences de la civilisation ; aussi, trois écluses lui ont valu l'honneur de devenir le port de la bonne ville de Montpellier. C'est au pied de la troisième écluse que ses eaux peuvent déjà se mélanger aux flots salés, quoique la distance soit encore considérable.
La troisième écluse de quelle réputation elle jouissait ! son nom seul inspirait aux uns joie et plaisir, aux autres crainte et terreur. La troisième écluse 1 c'est-à-dire la séparation du monde civilisé d'avec le désert ; la ligne de démarcation des champs cultivés, des grands arbres, des eaux douces, d'avec les marais salants où paissent, sauvages, les chevaux blancs et les grands taureaux noirs; les étangs immenses, les canaux, la mer !
Là cessaient les routes, les chemins carrossables ; là on dépouillait le vieil homme pour entrer dans une vie nouvelle, l'immensité était devant soi, et sur la route de l'infini, en attendant qu'un nouveau miracle permît de marcher sur les flots bleus de la Méditerranée, on arrivait aux Cabanes.
De même qu'on loue une chasse, de même peuton louer un globe, soit à la saison, soit au mois, à la semaine, au jour, à l'heure, au coup même. Dans ce dernier cas, les pêcheurs propriétaires vous cèdent le droit, moyennant une rétribution débattue, de soulever vous-même le filet, une fois ; mais le novice ne monte pas la garde, il n'est plus chargé de crier : Sentinelle, prenez garde à vous ! C'est à celui qui a payé à se tirer d'affaire.
Quand le globe est remonté, s'il y a quelque chose, tant mieux, allez le chercher; s'il n'y a rien, tant pis; c'est absolument comme au jeu des macarons et du Lirlibibi.
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