Bonjour et bienvenue dans ce sujet où il sera question de textes et d’un temps que les moins de vingt ans seraient tout à fait excusés de ne pas connaître. Car c’est bien des manuscrits fondateurs du background romancé de GW, ou GW-Fiction, dont nous allons traiter ici, ce qui nous ramènera aussi loin que la fin des années 80, période antédiluvienne où une PME dynamique du nom de Games Workshop décida qu’il serait de bon ton de publier des nouvelles et romans pour donner de la profondeur aux univers dans lesquels se déroulaient ses jeux de figurines.
Hasard du calendrier, nous fêtons, au moment où ce thread est lancé, les 30 ans de ces débuts littéraires, le tout premier ouvrage publié par le vénérable GW Books (aïeul de la Black Library) ayant été mis en rayon au mois d’Octobre 1989, soit avant la chute du mur de Berlin, pour ceux qui aiment les mises en perspective historiques.
Pourquoi se lancer dans une telle entreprise ? Pas par manque de matériel à couvrir parmi les publications contemporaines de la BL, comme vous pouvez vous en douter, la cadence proprement infernale de parution de la maison d’édition de Nottingham rendant au contraire illusoire le projet de chroniquer en temps réel les sorties de la Black Library.
Pas davantage pour exhumer des détails fluff pouvant intéresser l’amateur de background, la validité canonique des textes chroniqués ici ayant de longue date expirée au fil des évolutions subtiles et retcons brutaux subis par les franchises de GW au cours des dernières décennies.
On passera rapidement sur la perspective de proposer une comparaison entre les travaux d’auteurs réguliers de la BL entre le début des années 90 et la fin des années 2010, seule une infime minorité des primo-contributeurs de l’entreprise littéraire de GW étant toujours engagée avec la Black Library à ce jour.
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Bref, nous flirtons dangereusement, mais délicieusement, avec la perspective d’un acte gratuit, dont le fruit intéressera peut-être les plus curieux des visiteurs de la section, et leur donnera l’envie de découvrir par eux-mêmes ces travaux historiques, qui pour certains peuvent se targuer d’avoir influé sur le développement (voire la construction) de leur univers, alors que d’autres sont irrémédiablement tombés dans l’oubli le plus complet.
Bref, se plonger dans les archives littéraires de Games Workshop, c’est se retrouver à la croisée des chemins fluffiques, si on me passe l’expression, trente ans plus tard, comme un voyageur temporel revenant du futur et sachant déjà comment l’histoire (et dans notre cas, les histoires) se termine(nt).
Mine de rien, peu nombreux sont les univers de fiction pouvant se targuer d’un tel historique, et partir à la découverte de ces improbables vieilleries est un des privilèges de l’âge, dont nous aurions tort de nous priver.
S'étalant entre Octobre 1989 et Décembre 1995, la période d'activité de GW Books et Boxtree n'est pas très longue, et la production de deux premiers organes de propagande littéraire de Games Workshop assez limitée (une vingtaine d'ouvrages), surtout quand on la compare avec les standards de la Black Library.
Vous savez ce que c’est, vous vouez un amour inconditionnel pour une oeuvre littéraire comme un roman, un comics, une BD, un manga et un jour une équipe de personnes décide d’en faire une adaptation pour le petit ou le grand écran. Vous vous méfiez, vous êtes réticents mais vous vous laissez traîner pour constater le résultat avec une certaine curiosité malsaine afin de voir comment le scénario de cette oeuvre que vous adoriez tant a été tranché dans le vif comme si Michonne elle même l’avait découpé à grands coups de katana.
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Les comics ont particulièrement le vent en poupe en terme d’adaptations, principalement grâce aux univers concurrents Marvel et DC qui adaptent à la pelle les aventures de super-héros, mais pas seulement. En effet, le catalogue « indépendant » (hors des canons DC et Marvel classiques) de certaines œuvres est aussi étudié pour être adapté en films ou en séries.
Kick-ass, Locke & Key, Kingsman, The Boys, Preacher, Umbrella Academy, Watchmen, Happy!
La question peut légitimement se poser dans le sens où la série TV a commencé très peu de temps après l’émergence du comics comme une nouvelle référence du genre. Seuls quelques numéros étaient alors disponibles et bien assez tôt la série a rattrapé le rythme de parution de la BD.
Dans les faits cela nous a donné une saison 2 longue comme un jour sans pain avec un passage dans la ferme d’Hershel qui s’éternise alors qu’il se déroule rapidement et sans faux rythmes dans le comics. Pour prendre un autre exemple, Game Of Thrones a souffert du même syndrome avec la fin de la série tournée avant celle du roman.
Franck Darabont est un réalisateur de films assez respecté (notamment en termes d’adaptations) puisqu’on lui doit les magnifiques « Les évadés » et « La ligne verte » (deux romans de Stephen King) ainsi que « The Mist » (une nouvelle de King également). Il est aussi l’homme qui a réalisé la première saison de Walking Dead pour la chaîne AMC avant d’être tout bonnement renvoyé de son poste de showrunner par la chaîne.
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Il réclame alors en 2013 la somme de 10 millions de dollars et accuse AMC de ne pas lui verser les dividendes qui lui sont dus. Alors qu’il avait produit le lancement de la série en participant financièrement à son élaboration, il accuse la chaîne de fraudes en réalisant consciemment les épisodes de la série en déficit (pas de bénéfices, pas de dividendes à verser, avouez que c’est un peu un coup de pute).
Le deuxième procès implique Robert Kirkman, le créateur du comics lui même. Après le showrunner et créateur de la série, c’est une autre personne très importante et impliquée du projet qui se détourne du géant de la TV américain. Kirkman ainsi que plusieurs producteurs de la série ont alors intenté un procès contre la chaîne pour non respect de contrat en 2017.
En 2020 les plaignants perdent leur procès car il est finalement reconnu que les contrats qui les liaient à AMC n’étaient « pas trompeurs » et que la chaîne était grossièrement dans son bon droit de garder la majeure partie des bénéfices pour elle.
Le showrunner d’une série est plus ou moins son maître d’œuvre, décidant comment traiter son adaptation et insufflant sa vision là où les réalisateurs des différents épisodes seront plus « limités » en terme de choix artistiques. Le cas de Walking Dead peut expliquer pourquoi (à mon humble avis) la série capote à plusieurs reprises.
Sur les dix premières saisons, c’est pas moins de quatre personnes qui officieront à ce poste. Franck Darabont (Saison 1), Glen Mazzara (2-3), Scott Gimple (4-8) et Angela Kang (9-10). Au delà d’un simple changement, cela perturbe la vision générale de l’œuvre, son « identité » puisque chacun fait finalement « ce qu’on attend de Walking Dead » là où la vision globale d’un artiste aurait été intéressante dans la continuité de son traitement tout au long de la série.
En cela, la bande dessinée ne perd jamais son « style » puisqu’elle est dirigée par le même auteur de son début à sa fin alors que celle de la série étant fragmentée, il n’en ressort aucune réelle identité.
Maintenant que nous avons traité les « à-côtés » de la série, revenons-en un peu au matériau de base, son scénario. Ceux qui ont lu le comics sauront que le rythme de son histoire est primordial. Ça ne débande jamais, l’action est constante et on se retrouve essoufflés au même titre que les protagonistes au fil des tomes.
Et lorsqu’il y a un moment de calme, c’est que ça va généralement chier sévèrement dans peu de temps. Kirkman jongle avec ces « temps morts » en les rendant souvent plus stressants que les moments « chauds » parce qu’on sait, on est conscient comme les personnages que dans Walking Dead le calme cache souvent une tempête dévastatrice synonyme de lourdes pertes.
S’il y a un reproche que je ne peux m’empêcher de faire à l’adaptation, c’est d’avoir saboté ce rythme au détriment de nombreux épisodes plats, longs et répétitifs alors que l’histoire de base est exemplaire en terme de rythme.
Le cas n’est pas isolé puisqu’il arrive souvent que l’on trouve l’adaptation d’un personnage ratée et que l’on soit déçu par la composition ou le choix d’un acteur dans la transposition à l’écran de celui-ci. D’une manière assez générale, Walking Dead s’en sort assez bien (un avis qui n’engage que moi) dans le choix de ses acteurs (sauf pour Carl, ne me lancez pas sur Carl).
Les acteurs ne sont généralement pas trop mauvais et prêtent bien leurs traits aux planches du comics. Pour autant, c’est leur « traitement » qui pose problème ainsi que le destin qui leur est parfois réservé.
Difficile de ne pas spoiler pour illustrer mon propos et je vais donc prendre un exemple qui intervient assez tôt dans la série : celui d’Andrea et de Carol. Dans le comics, Andrea forme avec Michonne et Maggie le trio gagnant des personnages féminins forts. Sauf qu’Andrea est rapidement dégagée de la série avant même qu’elle ne gagne son importance capitale dans la BD.
Pour Carol c’est tout le contraire, le personnage est très secondaire dans la BD et s’efface assez vite alors que dans la série elle devient l’un des personnages principaux. Sur le principe il n’est pas dérangeant de changer des personnages, mais lorsqu’il s’agit de les rendre mous et chiants cela pose quand même plus de problèmes, car dans la BD chacun possède son moment de gloire et bien souvent ils sont amputés de l’adaptation.
Puisqu’on parle de personnages, intéressons nous à celui de Daryl Dixon. Au cours des saisons, le biker à l’arbalète s’est imposé comme l’un des personnages les plus importants de la série, une prouesse particulière quand on sait qu’il n’existe pas dans le comics. Il est devenu tellement important pour les fans qu’ils ont exigé dans une pétition que Kirkman le fasse arriver dans la bande dessinée, ce qu’il s’est toujours refusé à faire.
Bien que j’apprécie jusqu’à un certain point Daryl, je trouve qu’il pose problème dans ce qu’il ampute aux autre personnages. Vous trouvez Daryl classe et badass ? Eh bien cela est fait au détriment de Rick, Michonne, Abraham, Andrea et les autres.
Sur le principe c’est génial d’amener de nouveaux personnages, mais cela est tout à fait possible de le faire sans rendre ceux de l’œuvre de base chiants et vides en lui attribuant certains de leurs moments les plus marquants.
Le comics Walking Dead regorge de moments choquants, de planches marquantes, de propos adultes et difficiles comme le viol, le cannibalisme, le meurtre, la folie, la cruauté et la sauvagerie. Le monde de Walking Dead est extrêmement mature, violent, impitoyable et ne vous préserve pas de son horreur (cf le passage de Michonne entre les mains du gouverneur et plus tard, du gouverneur entre les mains de Michonne).
Pour la série, bien qu’elle garde un aspect adulte et gore, elle « adoucit » parfois certains passages et va même jusqu’à en changer radicalement le déroulement (on parle de Judy ? De la main de Rick?). C’est cette aseptisation qui pose souvent problème à la série par rapport à la BD, le fait que Walking Dead est dur, qu’on y suit des personnages prêts à tout pour survivre, qui pousse les limites du manichéisme bien plus loin que « gentils contre méchants ».
La bande de Rick pourrait tout aussi bien passer pour les « méchants » si le point de vue du lecteur était amené dans l’un des camps adverses.
Que l’attente a été longue pour les lecteurs qui suivent l’oeuvre depuis son premier numéro, mais depuis quelques mois le tout dernier tome est enfin disponible. Pour la série c’est une autre paire de manches, la prochaine saison n’étant pas forcément annoncée comme la dernière on peut se demander jusqu’où ira l’histoire.
Passer dix saisons n’est que rarement une bonne chose pour une série et bon nombre de gens ont déjà décroché le wagon de celle-ci. Voilà une autre raison d’y préférer le comics, tout est dispo, maintenant.
S’il ne fallait retenir qu’une seule raison de lire Walking Dead, c’est pour son personnage principal absolument magistral. Attachant, violent, déstabilisant, attendrissant, horrifiant, galvanisant… Rick passe par des étapes incroyables au cours de son voyage et livre quelques discours marquants qui en font un personnage bien plus complexe et humain qu’on pourrait penser.
Au cours de sacrifices et d’évènements dont on se souvient il est devenu l’un des personnages les plus marquants de l’histoire des comics. La série peine à lui rendre justice sur ce point, et bien souvent on s’entend penser « il est chiant en vrai Rick » en la regardant.
Bon, je ne suis peut-être pas le plus objectif sur les adaptations en général, mais dans le cas de Walking Dead j’ai vraiment tenté de faire l’effort de regarder. Si vous en aviez marre de cette série, laissez la chance au comics, il vaut réellement le coup.
En attendant vous pouvez aller faire le grand test pour savoir quel personnage de la Walking Dead vous êtes et vous pouvez aller voir les plus grosses erreurs dans Walking Dead, c’est pas mal.
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