Le fusil Robust, produit par la Manufacture d'Armes et Cycles de Saint-Étienne (Manufrance), est une arme de chasse juxtaposée qui a marqué l'histoire de la chasse en France. Moins luxueux que son prédécesseur, l'Idéal, le Robust s'est distingué par sa solidité, sa fiabilité et son prix abordable, le rendant extrêmement populaire auprès des chasseurs français. Cet article explore les caractéristiques qui ont fait du Robust un fusil de chasse emblématique.
L'histoire du Robust est intimement liée à celle de son prédécesseur, l'Idéal. Conscient du fossé budgétaire séparant ces deux modèles, la Manufacture développa une version « mixte », le « Robust-Ideal » (n°268 et 274) dès la fin des années 30. Ils furent suivis des n° 280, 286 et 292 jusqu’en 1961. En fait ce modèle utilisait le verrouillage de l’Ideal, avec sa fameuse clé en arrière du pontet, mais en version triple au lieu de quadruple verrous, et les canons restés frettés, alors qu’ils sont forgés en demi-bloc sur l’Ideal. Ces modèles mixtes, à la diffusion plus restreinte, sont hélas rares sur le marché de l’occasion…
L'idée originale était de le nommer "Rustic", mais cette appellation fut jugée peu attractive, laissant supposer un manque de soin dans la finition. Le nom "Robust", synonyme de solidité, fut finalement adopté. La commercialisation du Robust débuta en 1913, après une longue phase d'évaluation et de perfectionnement. Son remarquable mécanisme fit l’objet d’un premier brevet accordé en 1905. L'excellent fusil « Robust » fut commercialisé en 1913. Il fut fabriqué à plus de 800.000 exemplaires jusqu’à la fin des années 70… Une très longue histoire pour un modèle qui a évolué au fil des décennies, puisqu’on compte des dizaines de versions commercialisées, sans renier pour autant les fondamentaux qui ont fait son succès dès l’origine.
Le Robust est un fusil juxtaposé dont la robustesse justifie pleinement son nom. Sa conception ingénieuse et sa fabrication soignée lui confèrent une grande fiabilité et une longue durée de vie.
S’il reprend le mécanisme Anson et Deeley apparu dans le milieu des années 1870 et copié de partout, la Manu’ a su perfectionner et rationaliser ce système.
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Le verrouillage est effectué par deux tenons bas de 4mm ce qui est le double de la plupart des juxtaposés classiques. La bascule en acier trempé nickel chrome bien dimensionnée accueille un triple verrouillage actionné par la clé sur le col de crosse. On trouve ainsi un verrou classique transversal en arrière de la tranche de la bascule, épaulé par deux verrous supérieurs prenant dans le prolongement de la bande à l’instar du verrouillage Greener. Cette spécificité du Robust lui assure sa robustesse légendaire. Seuls quelques versions (n°220), proposées à prix d’appel, sont revenu au simple verrou…
On reconnaît immédiatement un Robust au premier coup d’œil grâce à ses canons frettés. Innovation Made in cours Fauriel à Saint-Etienne. Ainsi aucune chance que les canons fassent bande à part, ils sont inséparables. Il est également plus commode de pouvoir éprouver ainsi les canons individuellement avant leur assemblage, épreuve terminée. Les canons sont polis en long à la pierre et rectifiés à la main et font de ce fusil à première vue si industriel, l’égal des plus belles production de luxe d’Outre-Manche. Comble de cette solidité qui se cache dans ses détails, la distance entre l’axe de bascule mesure 65mm. Ainsi la force nécessaire à forcer les verrous serait démentielle.
La table nous livre pas mal d’informations, notamment la pression d’épreuve de 850 bars crusher, équivalente à 900 bars piezzo. Leur solidité n’est plus à prouver et largement équivalente à celle des fusils actuels, si ce n’est plus. Le poinçon aux canons croisés du directeur de Manufrance est là ainsi que le poinçon à la flèche perçant sa cible utilisé de 1926 à 1959. Car à l’époque l’épreuve des armes civiles étaient encore facultative ! Il s’agissait avant tout d’un argument commercial et d’un engagement du fabriquant. A titre d’information générale, contrairement à une idée reçue, un canon plus dur n’est pas forcément meilleur ou plus solide. C’est sa capacité à se déformer plutôt qu’à se transformer en grenade qui est recherchée.
La majorité des canons étaient des 70 cm, chambrés 65, puis 70 mm, mais dès les années 50 sont apparus les versions L à canons de 76 cm (n°222), puis les chambrés magnum 76 mm. Ce petit gars que nous accueillons dans nos murs ce jour date d’entre 1952 et 1955, années vers lesquelles le chambrage 70mm commença à se généraliser. Le notre est un 12/65. Actuellement l’intégralité des encartoucheurs de Décathlon à Vouzelaud proposent des cartouches en 65 et en 67mm qui correspondent parfaitement à ce fusil. Dès la fin des années 20, le n°30 était déjà proposé en version S, c’est-à-dire avec un canon rayé « Supra » pour le tir dispersant.
Il n’y a donc pas Un Robust, mais plus de 50 versions qui font la joie des collectionneurs… Depuis sa sortie, le Robust a toujours été référencé par numéro progressif, mais pas forcément suivi (explication des numéros manquants), ce qui permet déjà une datation approximative quand on croise une occasion.
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Consciente du fossé budgétaire séparant ses deux modèles Robust et Idéal, la Manufacture développa une version « mixte », le « Robust-Ideal » (n°268 et 274) dès la fin des années 30. Ils furent suivis des n° 280, 286 et 292 jusqu’en 1961. En fait ce modèle utilisait le verrouillage de l’Ideal, avec sa fameuse clé en arrière du pontet, mais en version triple au lieu de quadruple verrous, et les canons restés frettés, alors qu’ils sont forgés en demi-bloc sur l’Ideal. Ces modèles mixtes, à la diffusion plus restreinte, sont hélas rares sur le marché de l’occasion…
Dans les années 1990, la Manufacture renait de ses cendres et ressort le Robust sous quatre références : 322, 324 Mag, 326 bécassier et 450 Express… Mais, c’est déjà une autre histoire !
Le Robust a marqué des générations de chasseurs par sa robustesse, sa fiabilité et son prix abordable. Il reste aujourd'hui une arme recherchée sur le marché de l'occasion, tant pour sa valeur d'usage que pour sa valeur historique.
Le Robust ! Le fusil de chasse qui a permis de réaliser le rêve de quantité de chasseurs peu fortunés du siècle passé : avoir un fusil de chasse neuf, de qualité, bien à soi. Et quel fusil !
Il suffit d’un rien pour acquérir le plus français des fusils français, une tradition, le plus iconique de nos campagnes et de la vie au grand air. Un classique qui se fait rare dans cet état excellent .
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Il est relativement aisé de trouver un Robust d’occasion en armurerie, du moins parmi la production de masse des années d’après-guerre… Les anciens modèles (n° à 2 chiffres), les versions luxe (avec éjecteurs et gravures) et Robust-Idéal sont déjà plus rares et donc plus cotés. Les fusils juxtaposés Robust, Robust-Idéal et Idéal de Manufrance, signés jusqu'en 1945 Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Etienne, constituent, à l'exception des Idéal antérieurs à 1910, des modèles de fiabilité, de robustesse, d'endurance et d'efficacité, dont il faut savoir prendre soin. Toujours très recherchés à juste titre en occasion pour leur valeur d'usage, ils savent également apporter un réel plaisir dès qu'ils se déclinent en présentations soignées ou, mieux encore, luxueuses.
Les bois sont en TBE de tous les côtés. Sa crosse d’un bois joliment veiné dispose bien de la célèbre bretelle à enroulement automatique. Cette dernière fonctionne parfaitement. Elle est toute neuve. Son ressort comme son cuir sont très sains et vous permettront de craner devant les copains le dimanche, tout en n’ayant pas à se soucier de la retrouver emmêlée au fin fond de ses poches. La plaque de couche est comme il se doit, du bon modèle et aux armes de la Manu.
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