L’apparition des premières armes à feu au cours du Moyen Âge tardif transforma profondément la manière de concevoir les batailles et les stratégies militaires.
Les armées durent repenser leur organisation, leur formation et leur équipement pour intégrer ces nouvelles armes capables de percer les armures et de frapper à distance.
Les fortifications, autrefois conçues pour résister aux assauts de machines de siège traditionnelles, furent également repensées pour résister aux canons et aux bombardements.
SELON une opinion très répandue, l’invention de la poudre à canon serait due au moine allemand Berthold Schwarz.
Il aurait, au XVe siècle, fabriqué une charge explosive en mélangeant salpêtre, carbone et soufre. Mais ce n’est qu’une légende, car les armes à feu étaient nombreuses avant cette époque.
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Les Chinois connaissaient depuis longtemps ce mélange dont ils se servaient dans les feux d’artifice.
Au XIIe siècle, des alchimistes arabes pensèrent à utiliser la mystérieuse force produite par la poudre explosive pour lancer au loin des projectiles.
Par-dessus la poudre de leur mortier, ils placèrent des pierres, puis provoquèrent l’éclatement du mélange avec un petit bâton enflammé.
Ces expériences menées à bien, on se mit à construire les premières armes à feu rudimentaires.
Elles consistaient en de grands seaux percés d’un trou, que l’on remplissait d’environ un kilo de poudre et d’une douzaine de cailloux.
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Ces armes inspiraient la terreur par le fracas de l’explosion, le feu et la fumée qui s’en échappaient : en cela résidait leur efficacité, mais elles ne pouvaient rivaliser avec les balistes pour la précision du tir, car la grande ouverture du seau ne permettait pas de bien ajuster le coup.
Au siècle suivant, les nouvelles armes, appelées « canons », ont désormais un aspect bien défini qui, de longtemps, ne changera pas.
Pour préparer le canon, le servant, muni de son refouloir, met au fond de la bouche à feu la quantité de poudre requise et la comprime contre la culasse grâce à un dispositif étudié à cet effet; puis il introduit un disque de bois pour séparer la poudre de la balle et, enfin, le projectile.
Pendant les opérations de chargement, ces armes se révèlent très dangereuses pour les canonniers car, pendant le transport, la poudre a tendance à former des nuages denses qui, au moindre contact avec le feu, provoquent une explosion.
On songe alors à transporter la poudre non préparée et l’on repartit ses composants en trois barils différents; ce n’est qu’au moment de charger la pièce que l’on fait le mélange dans une auge.
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Avant 1420, les boulets n’étaient que de simples pierres ressemblant plus ou moins à des sphères; puis se répandirent peu à peu les projectiles en fer ou en plomb, qui offraient l’avantage de pouvoir être rayés, ce qui leur donnait une trajectoire plus rectiligne.
En même temps que les gros canons, sont créées des armes de dimensions plus réduites et portatives, par exemple le « canon à main » qui n’est autre qu’un canon en miniature.
Bien qu’aucun dispositif mécanique ne les apparente encore aux fusils modernes, ces armes, très simples, sont faites d’un manche en bois auquel est adapté un tube.
Apres avoir chargé son canon rudimentaire, le soldat allume la poudre en approchant simplement une ficelle enflammée du trou pratique au centre de la bouche à feu.
L’un des premiers modèles d’arquebuse laisse présager ce qu’allait être le fusil moderne.
La crosse en bois facilite l’appui de l’arme contre l’épaule. Grâce à un petit levier en S, le soldat peut, par un simple mouvement du doigt, enflammer la poudre placée dans le bassinet, à la partie supérieure du tube.
Le feu se transmet, grâce à un petit trou pratique au fond du bassinet, à la poudre contenue dans le canon, et provoque la détonation.
Le premier essai de canon se chargeant par l’arrière fut construit vers 1380 au moyen âge : ainsi le canonnier pouvait-il recharger la pièce sans se mettre à découvert.
Une fois remplie de poudre et de boulets, celle-ci était mise en place et bloquée au moyen d’un levier.
L’opération du chargement se faisant à l’arrière de la bouche à feu laissait le canonnier libre de s’abriter derrière un créneau ou une palissade.
Pourtant ce canon avait lui aussi un inconvénient sa puissance de tir était faible.
En effet, la fermeture entre la culasse mobile et le tube était imparfaite, les gaz dégagés par l’explosion de la poudre s’échappaient par les fissures et diminuaient la portée de l’arme.
Pour cette raison, tant que ne fut pas perfectionnée la technique des fonderies (c’est-a-dire jusqu’au XIXe siècle), les canons demeurèrent presque tous à chargement par la gueule.
Au XVIIIe siècle, un chimiste aurait découvert, par hasard, une « liqueur de feu ».
Immédiatement expérimentée, elle eut des effets si terribles que, « par humanité », Louis XV interdit son utilisation au combat et acheta le silence de l'inventeur.
Une anecdote que certains mettent en doute : pourquoi le roi de France aurait-il renoncé à une invention si prodigieuse alors que ses armées étaient bousculées durant la guerre de Sept Ans (1756-1763) ?
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