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L'industrie armurière espagnole, ancrée dans son centre historique d'Eibar au Pays Basque, a été l'une des dernières à fonctionner de manière artisanale, à l'instar des grands centres européens de Liège et de Saint-Étienne quelques décennies auparavant.

Eibar, située dans le pays basque espagnol, est célèbre pour son industrie armurière qui prend ses racines à la fin du Moyen-Âge. Elle est connue depuis cette époque comme la « Ciudad Armera » (la ville armurière).

Les Fusils Artisanaux d'Eibar

Les fusils artisanaux espagnols ne rivalisent aucunement en qualité de fabrication avec leurs homologues anglais, belges ou français, même s'ils s'en inspirent dans leur aspect au point parfois de les copier jusqu'au plus infime détail de forme ou de finition. Ils ne peuvent encaisser les mêmes cadences de tir, ni garantir la même fiabilité et la même longévité.

Mais ils sont aussi proposés à des tarifs, en neuf comme en occasion, très inférieurs ; qui en font, au moins pour les meilleurs d'entre eux, de bons achats en terme de rapport qualité-prix.

Arizaga et le Fusil Colibri

Un exemple de fusil fabriqué à Eibar est le suivant :

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  • Calibre 12/70
  • Bascule en acier poli dans une petite patine grise
  • Décor gravé de cervidés sur les parois latérales de la bascule, avec vis guillochées avec contours en rosaces
  • Coquilles avec décor floral en suite
  • Mécanisme fonctionnel, pas de jeu au verrouillage système de fermeture greener
  • Canons juxtaposés de 70,2 cm dans leur bronzage s’éclaircissant un peu, quelques petites piqûres par endroit
  • Bande centrale guillochée, guidon grain d’orge en laiton à l’extrémité
  • Dessus des départs des deux canons comportent un logo marqué Colibri
  • Canon de droite marqué Hijos de F. Arizaga Eibar, celui de gauche Escopetas « Colibri »
  • Intérieur du canon gauche proche du miroir, l’intérieur du canon droit comporte des taches d’oxydation
  • Dessous comportent des poinçons espagnols, et l’indication 18,2 sur les deux
  • Canon de droite marqué Choke 17,9 -18,6, celui de gauche Choke 17,4 - 18,6
  • Basculement des canons se fait par une clé d'ouverture classique située sur le dessus
  • Sécurité de détente avec bouton coulissant sur la queue de culasse
  • Bois en noyer clair quelques griffures sur la crosse, le bouton poussoir du devant est très dur
  • Poignée-pistolet quadrillée ainsi que le devant
  • Deux battants de bretelle, pontet à décor en suite

Caractéristiques supplémentaires :

  • Longueur : 1134mm
  • Marquage : Hijos de F. Arizaga Eibar, Escopetas « Colibri »
  • Matricule : EX 60190
  • Poids : 3,10 kg

Laurona : Modernisation et Défis

Laurona dans les décennies 70-90 tenta de ménager la chèvre et le chou en lui insufflant une bonne dose de modernisation, mais en vain. Les « bonnes années » de Laurona, au début des années 80 font que l’on trouve encore de nos jours, des quantités d’occasions de cette marque avec des armes d’un bon rapport qualité-prix, pas toujours géniales côté esthétique, mais solides et endurantes.

La firme ne se différencie de l’intense production du bassin d’Eibar qu’en 1960 quand elle déménage de la rue des Jardins vers la colline de Mutazegui, et où elle s’adjoint de nouveaux associés dont Fernando Martin, un commercial de chez Star qui la rejoindra complètement en 1971 pour inspirer une forte dynamique vers l’export adossée à un superposé développé à partir de 1965 par Eduardo Iraegui, ancien ingénieur de chez Star également.

Ce modèle 67, se différenciait de ce qui se faisait déjà, mais de manière artisanale (chez Sarasqueta par exemple) par une fabrication ultra moderne à l’époque de microfusion, associée à un chromage dur, une première en Espagne, après accord et brevet avec le groupe allemand Fiedrich Blasberg. Ce superposé, continuellement amélioré (1973), déboucha sur des modèles sport (1983-1985), nantis de chokes amovibles, adaptables (Silhouette), aux côtés d’une production large de juxtaposés Anson ayant fait leurs preuves, de fusils à platines H/H, des mixtes (12+9,3X74R) des carabines renommées (Pizzaro, Savana) doubles ou simples, parfois à base de canons belges Delcour.

Un bon exemple de la complexité de la chaîne de sous-traitants est illustrée par la fabrication du superposé précité dont les canons (âme de 18.5 classique de l’époque des débuts du ball-trap) en acier forgé F125 venaient de chez Transmeca (Barcelone), la microfusion de chez Ardesa en Biscaye ou Ecrimesa (Santander) avant d’arriver à Eibar. Un vaste bassin armurier où on trouvait chez Campana, du gros ouvrage comme les monoblocs frettés et soudés et bandes en alliage d’argent à 45%, mais aussi plein de petites pièces : les ressorts (Panpo), les percuteurs (Agitor), broches et tiges-guides (Ascasibar), plaques de crosses en bakélite (Arranaga) ou caoutchouc (Barrena). Les bois arrivaient de France, Turquie, Azerbaïdjan, en grosses billes débitées par la scierie Mutiloa, mises à sécher un an, avant d’être ébauchées à l’usine sur des machines numériques permettant d’en faire huit d’un coup !

Les premières difficultés de l’entreprises virent le jour avec l’arrivée simultanée de la production turque et brésilienne, et surtout la crise de la peseta maintenue artificiellement à un niveau élevé qui nuisit à l’export et joua certainement dans l’arrêt (1988) de la sous-traitance pour Winchester.

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tags: #âge #fusils #espagnols

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